‹ Les alternances; poèmesChapitre 43 sur 44 · DÉSIR SIMPLE · texte numérisé non relu

DÉSIR SIMPLE

Jeunes filles qui brodez En suivant des songeries, Seules sur vos galeries, Ou qui dehors regardez, Comme des oiseaux en cage, Si j*en avais le courage Vers l'une de vous j'irais — Dieu sait encore laquelle, La plus triste ou la plus belle Et d'un ton simple dirais:

— « Vous êtes celle, peut-être, Qui m'apparaît si souvent Diaphane dans le vent.

Celle que je dois connaître; Je suis peut-être celui Dont vous attendez l'appui, Et qui tient en sa puissance Tout le splendide inconnu.

Nous aurons, c'est convenu.

L'un en l'autre confiance.»

Lors je peindrais Tidéal Qui m'aiguillonne et m'élève; Vous confesseriez le rêve De votre esprit virginal.

Nous avouerions si la vie Nous fut l'intruse ou l'amie, Quels plaisirs nous ont lassés, Ce que l'aube nous murmure, Par quelle sainte blessure Nous apprîmes à penser.

Il se pourrait que soit vaine

La tentative d'aimer;

Pourtant, les cœurs sont rythmés

En mesures si prochaines,

Qu'entre nous il resterait

Des attaches, un secret.

Et quand, les jours de grisaille,

Nous irions au temps défunt

Il en naîtrait le parfum

D'éphémères fiançailles.

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