‹ Les amants de VéroneChapitre 15 sur 38 · JULIETTE 61 ROMÉO · texte numérisé non relu

JULIETTE 61 ROMÉO

Ali! daignez seulement m'unir à ce que j'aime;

Puis, vienne le trépas demain,

Oui, le trépas lui-même;

Il ne pourra jamais de cet instant supi'ême

Nous ravir à présent l'enchantement divin.

LORENZO

A genoux, et priez.

ROMÉO et JULIETTE, s'agenonillant.

C'est Dieu qui vous éclaire :

Merci, mon père.

LORENZO

Je vais bénir votre hymen.

ROMÉO et JULIETTE.

Amen!

LORENZO, étendant les mains sur enrç.

Enfants, soyez unis par mon saint ministère.

Les relevant.

■Et maintenant allez ; Dieu veillera sur vous. Tenez-vous prêts pourtant, le long de votre voie, A récolter, hélas! plus de deuil que de joie : • Les bonheurs aussi grands font les destins jaloux,

ENSEMBLE

"ROMÉO et JULIETTE.

Quel que soit l'avenir que nous garde la vie, Quel que soit le destin, je ne crains rien de lui; Il n'est pas de douleur, d'autres douleurs suivie Dont l'excès puisse atteindre au bonheur d'aujourd'hui.

LORENZO

L'amour sourit, enfants, à votre jeune vie; Mais le sort est changeant, ne comptez pas sur lui. D'un réveil douloureux toute ivresse est suivie, Et la ntxit peut se faire où l'espoir avait lui.

Le rideau tombe* La place de la Signoria. —Au premier plan, à gauche, le palais Capulet.— A droite, une taverne. — Du même côté, plus au fond, le palais ducal des Délia Scala. — Au lever du rideau, la foule encombre la place, des bourgeois sont attablés devant la taverne. — On danse. — Soleil resplendissant.

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