‹ Les amants de VéroneChapitre 19 sur 38 · SEIGNEURS MONTAIGUS · texte numérisé non relu

SEIGNEURS MONTAIGUS

Rien ne paraît, rien à la ronde,

Nulle voix qui réponde,

Triste sort!

Sans doute il est mort.

MERCUTIO

Eh ! non, messieurs ; mais cette Rosaline,

Au coeur de marbre, à tel point le chagrine Depuis tantôt six mois, qu'on l'en voit entiché, Qu'il en deviendra fou...

A Bemrolio,

Chez lui l'a-t-on cherché?

BENVOLIO.

Oui, mais depuis hier il n'a pas, que l'on sache, Reparu chez son père.

MERCUTIO

Il nous fuit, il se cache.

BENVOLIO.

Un billet de Tybalt l'attend à la maison.

MERCUTIO et SEIGNEURS.

C'est un cartel : eh! bien, il y fera raison.

Ils entrent dans l'intérieur de la taverne.

LA FOULE, qui a entendu les derniers mots des seigneurs Montaigus.

Qu'ils aillent au diable I

Intolérable

Est notre destin.

Oui, chaque jour, dès le "matin,

Rixe et grands coups, combat certain,

Comme de soudards et de reîtres.

Les Montaigus, les Capulets,

Aujourd'hui ce sont les valets,

Et demain ce seront les maîtres.

Écharpez-vous jusqu'au dernier,

Sans paix ni trêve, ni quartier,

De votre nom purgez la ville.

0 Montaigus, ô Capulets,

Êcharpez-vous. — Peut-être, après...

Pourra-t-on boire enfin tranquille.

Trompettes sur le seuil du palais. — Le héiaut ducal parait et deseeud les

degrés, suivi d'une escorte.

Page 1