‹ Les amants de VéroneChapitre 29 sur 38 · ROMÉO, LORENZO · texte numérisé non relu

ROMÉO, LORENZO

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LORENZO

Et toi, ne veux-tu pas venir?

ROMÉO

Non, je reste.

LORENZO

Mais qui va prendre ta défense?

ROMÉO

Mercutio sanglant, son trépas à punir.

La mort d'ailleurs, l'existence, Tout m'est indifférent, excepté la sentence De celle que je viens de frapper droit au coeur.

LORENZO

Elle t'aime, et Lu vis. Bénis la providence, 0 mon fils, sois un homme, et résiste au malheur.

Indiquant du geste le palais Capulet.

Voici ta Juliette. Apaise-la.

ROMÉO

Mon père!

J UL1ETTE, dans uuo agitation terrible, et courant à Roméo. Cruel! qui t'aurait dit cette âme sanguinaire! Qu'as-tti fait, malheureux, indigne de pardon! Qu'as-tu fait en frappant cet ami, presqu'un frère, Douloureusement.

Avec moi qui t'aimais de tant d'amour naguère, Oubliant pour t'aimer et ma race et ton nom.

LA. NOURRICE, descendant les degrés dn palais ducal. Courage, allez, ma fille; et, sur mon âme, Gardez-vous bieu d'épargner cet infâme.

Coupable, il est banni.

JULIETTE, ROMÉO, LflRENZO.

Banni !

LA NOURRICE

Tel est l'arrêt.

Et pour quitter Vérone,

Le prince ne lui donne Qu'un jour... — sinon la mort : et ce sera bien fait.

Car, en bonne justice,

Il est mieux qu'il périsse, L'exil étant trop doux pour un pareil forfait.

JULIETTE, arec brusquerie, maia se contenant encore.

Tiens ta langue, nourrice,

Et respecte celui Dont j'ai fait mon époux et seigneur aujourd'hui. Éclatant.

Qu'importe de Tybalt ou la mort ou la vie !

Qu'importe avec Tybalt ma race ensevelie!

Qu'importe mille fois, quand l'exil abhorré Menace les destins et la tête si chère,

De cet homme adoré.

ENSEMBLE

LA NOURRICE

Elle a pitié de sa misère, Elle aime encore un proscrit abhorré.

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