JULIETTE, CAPULET, LORENZO
CAPULET
Mais voici Lorenzo. Je laisse à sa prudence Le soin de ramener par un sage sermon Vos esprits qu'a troublés je ne sais quel démon. S2 LES AMANTS DE VÉRONE
JULIETTE, à Lorenzo.
Ah! Lorenzo, je suis perdue!
Rien ne peut fléchir son courroux.
Vous savez l'arrêt qui me tue,
Par pitié, sauvez-nous.
LORENZO
C'est Dieu qui lui-môme ordonne,
Quand un père a dit : je veux.
Qu'il maudisse ou qu'il pardonne,
L'arrêt d'un père vient des cieux.
JULIETTE
Pour me défendre, personne,
Quand j'entends cet ordre affreux.
0 mon Dieu ! tout m'abandonne,
Et sur la terre et dans les cieux !
CAPULET
Quoi ! j'aurais ménagé la plus belle alliance Que l'on puisse former; et, l'ingrate en ce jour
Briserait l'espérance,
Rêve de mon amour.
Non, jamais.
ENSEMBLE
CAPULET et LORENZO.
C'est Dieu qui lui-même ordonne,
Quand un père a dit : je veux.
Qu'il maudisse ou qu'il pardonne,
L'arrêt d'un père vient des cieux.
JULIETTE
Pour me défendre, personne,
Quand j'entends cet ordre affreux.
0 mon Dieu! tout m'abandonne,
Et sur la terre et dans les cieux !
LORENZO, à Capnlet.
Retirez-vous un instant. La menace Ne fait que l'irriter; et, par un ton plus doux, Mieux vaut toucher son coeur.
CAPULET
Je vous cède la place.