LA CONFRONTATION
Dans mon chemin honteux qui marche, sœur fatale ? Presqu'une enfant, ma sœur, aussi morne que vous I Quelle nuit ! Quel éclair ! Qui t'a faite si pâle ? Un dédain, un départ, l'enfer d'un cœur jaloux ! Un peu d'orgueil suffit pour n'être pas jalouse 1 Un grand amour trompé fait qu'on aime toujours 1 Lâche, qui pense au traître avec des yeux d'épouse ! Pire encore, qui craint les douleurs sans secours I Le mépris nous délivre, et l'oubli vient, qui venge I Le souvenir enchaîne et grandit les regrets ! Change d'amour aussi, puisqu'ici-bas tout change t Ne plus aimer celui qui m'aima ? J'en mourrais !
40 lA CONfROKTAÏIOÎ^
— Sois la haine ! Tout homme est vil et vain d'une ombre !
— La bouche qui mentait d'un baiser m'enivra !
-^ L'infamie ou la mort, choisis ! Tout rêve y sombre I
— Sur l'infâme tombeau mon rêve flottera !
— Tes larmes tariront, tu souriras encore !
— Oui, toujours^ comme toi, vers le bourreau perdu I
— Ah ! je te reconnus, fantôme que j'abhorre !
^ Oui^ je suis ta jeunesse, ô cœur noir ! corps vendu !
LES KUACES