‹ Les amants: poésiesChapitre 51 sur 60 · POUR LB TOMBEAU DE THÉOPHILE GAUTIER · texte numérisé non relu

POUR LB TOMBEAU DE THÉOPHILE GAUTIER

Songeur mélancolique en nos siècles bâtards, Frère de Phydias, tu chantas loin d'Athènes, Mélodieux martyr des confus avatars I

Salut I Tu fus l'amant des chimères lointaines !

Et tes yeux clairs cherchaient dans nos fleuves fangeux

Le reflet dont jadis ont frémi les fontaines 1

Les olympes toujours ont nos désirs pour jeux ! Mais tu fus le croyant qui voulut toujours croire A travers le bruit vain des peuples orageux !

Et c'est pourquoi d'en bas nous saluons ta gloire Et ton rêve vainqueur du doute meurtrier, Triomphal invité du temple de victoire !

Entres-y le front ceint du vivace laurier.

Toi qui sachant n'aimer que la beauté parfaite

Tout jeune sus la peindre en parfait ouvrier !

Après t'avoir pleuré les Muses te font fête, Nostalgique amoureux du seul paros épris, Doux comme un revenant, calme comme un prophète !

Prêtre tardif, gardien des cultes désappris, Tu détournas ton cœur des idoles grossières.

Le gardant à l'idole impeccable pour prix.

Honneur à toi parmi les gloires devancières ! Et plus haut par l'oubli des illustres d'un jour, Tu verras s'écrouler leurs autels de poussières.

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