‹ Les amateurs de vieux livresChapitre 26 sur 38 · AVIS IMPORTANT · texte numérisé non relu

AVIS IMPORTANT

Nous croyons devoir, dès à présent, informer MM. les Libraires et MM. les Amateurs, qu'en raison des frais considérables qu'exige la composition typographique d'un ouvrage de cette nature, il n'en sera pas fait, d'ici a dix ans, de nouvelle édition.

Toutefois, afin de répondre aux besoins du pubHc, et afin de ne pas arriérer notre ouvrage, nous aurons soin de faire paraître tous les trois ans (à partir du ^i juillet i8yy), un supplément comprenant le relevé des nouvelles condamnations prononcées. — Le prix de ce supplément, fort minime d'ailleurs, sera fixé proportionnellement à l'importance des matières y contenues.

NOTES. [yUN CURIEUX

î^ar le baron de Boyer de Sainte-Suzanne. Un magnifique volume in-8 (428 pages), papier vergé. 10 fr.

Tirage à 300 exemplaires numérotés. Lettre à un curieux de curiosités. — Les acteurs chez les Romains. — Les administrateurs sous ^ancien régime. — Les tapisseries tissées de haute et

basse lisse. — Lettres inédites de Charles Nodier à Jean de Br}'. — Dernière lettre du général A. de Beauharnais.

Le livre de M. le baron de Boyer de Sainte-Suzanne, Notes d'un Curieux, a sa place marquée dans la bibliothèque d'un chercheur, et ce caractère se généraUse; la curiosité sous toutes ses formes, reprend dans les esprits une place longtemps usurpée par les plaquettes et les romans en feuilletons, les incidents de la vie pubUque et les émotions du théâtre ; on revient au passé ; son étude, ardente et raisonnée, aussi analytique qu'amie sincère du groupement des faits, des idées, des relations et des nuances, se poursuit sur une vaste échelle ; de Là des publications du premier ordre venant ajouter des richesses aux richesses acquises déjà , des lumières aux lumières projetées déjà par la science, par l'observation, par les découvertes, par les fouilles consciencieuses opérées dans les collections d'État, et dans les collections particuHères; — les Notes d'un Curieux brillent d'un vif éclat au milieu de ces trésors du passé, arrachés à la destruction par le génie contemporain de la recherche historique.

L'auteur parle une belle et forte langue : nos savants sont des écrivains, quelquefois des maîtres stylistes ; de cette façon, toutes les branches de la connaissance reçoivent un rayon, l'esprit scientifique s'enrichit, l'histoire s'anime, l'art grandit en s'épurant, le cœur vise plus haut, et la conscience plane en souveraine sur ces merveilles.

Un mot de Cousin, un mot qu'il faudrait graver en lettres de diamant sur fond d'or, sert d'épigraphe au livre : « Etudions avec « soin l'histoire de notre pays ; appliquons-nous à le bien conte naître : plus nous le connaîtrons, plus nous l'aimerons, et « l'amour donne tout : il donne la foi et l'espérance ; il tourne en «joie les sacrifices; il enseigne la constance et la modération; il c( engendre l'union ; il prépare la force. »

Un livre sorti de cette magnifique pensée ne pouvait manquer de réaliser ses promesses, aussi dés la Lettre d'un curieux de curiosités l'intérêt va grandissant ; — les Acteurs et le théâtre che:( les Romains^ étude excellente sui* l'art dramatique des anciens, où les savants trouveront encore à s'instruire, où les hommes du métier feront une ample moisson de remarques utiles; — L'mi/entaire du cardinal Ma^arin (1661), remarquable document^ même après la publication du duc d'Aumale, Londres, 1861, fait connaître plus à fond ce grand collectionneur, qui menait de front les choses de l'art et les affaires du royaume ; — Les administrateurs sous l'ancien réf^ime, intéressants détails qui viennent s'ajDutei*

aux pièces historiques et contrôler les factums, les méchancetés , les brocards qui inondèrent les ruelles aux deux derniers siècles; — Les tapisseries tissées de haute ou basse lisse, notes et documents sur l'art, l'histoire et l'industrie de la tapisserie, vue d'ensemble de la peinture sur laine, et glorification de notre manufacture des Gobelins ; — enfin de curieuses Lettres inédites de Charles Nodier à Jean de Bry, où l'on retrouve le goût, le savoir, le style, le charme du bibliothécaire de l'arsenal et la Dernière lettre d' Alexandre Beauharnais à sa femme ; — voilà ce livre ; il attache du premier au dernier chapitre : on le quitte pour le reprendre ; il fait le plus grand honneur à la ferme intelligence qui l'a écrit et à l'habile imprimeur qui lui a donné ses soins.

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