‹ Les amis de la marquise de Sablé;Chapitre 62 sur 105 · E. DE COSSÉ · texte numérisé non relu

E. DE COSSÉ

SI a trouvé les parties nobles fort saines : il avoit pierres dans la langue, deux dans le gosier et ;au cœur, voilà ce qu'on nous a dit.

Jharles de la Porte, duc de la MeiUeraye, maréchal de li, grand maître de l'artillerie, mort à Paris, à TArsenal, le fer 1664, âgé de 62 ans.

purie de Cossé, fille aînée de François, duc de Brissac, fpannetier de France, et de Guyenne Ruellan, mariée le i 1637, morte le 14 mai 1710, à 89 ans.

LA COMTESSE DE ORiaNAN

Cette lettre est, je crois, la première qtie l'on tsonnaitse de la seconde fille de la marquise de Rambouillet, d'Angélique-Claire d'Angennes , sœur de la balle Julie. Celle-ci est particulièrement curieuse par les détails qu'elle fournit en même temps sur la médecine à cette époque.

Angélique- Claire d*Angennes fut élevée à Tabbaye d'Hierre, dont une de ses sœurs était abbesse, et n« la quitta qu'après le mariage de Julie avec M. de MoBiau* sier. Elle était fort belle avant d'avoir eu la petite vérole, si nous en croyons le portrait que mademoiselle de Scu* dérj en trace, sous le nom d'Anacrise, dans le Grand Cyrus. Elle avait Tesprit vif et plaisant, « mais elle est n»* ligne, ajoute Tallemant, et n'a garde d'estre civile comme sa sœur. » Elle passa quelque temps à Reims, près d'une autre de ses sœurs qui y était abbesse de l'abbaye de Saint- Étlenne ; c*est alors que mademoiselle de Rambouillet composa une épltre en vers, recueillie par le galant chsinoine Maucroix, et dans laquelle elle se plaint à ]« marquise de Rambouillet de ce que l'abbesse se eos aux fatigues d'un jeûne exagéré. La pièce finit ainsi :

. . . Monsieur Saint-Etienne En santé toutes vous maintienne,

Autant celles qui le roile ont Et qui religieuses sont, Que celles qui n'ont pas peut-estre Autrement enrie de Festre.

piselle d^ Rambouillet, en effet, n'avait nulle ibrasser la vie du cloître. Le 29 avril 1658, 5 raconte que

Après une recherche heureuse, Pressé d'une ardeur amoureuse Qui l'enflammoit depuis un an, Mardi, le marquis de Grigaan, Homme de fort noble naissance, De grand cœur, de noble prestance, Avec gloire et contentement.

Epousa solennellement La pucelle, que Dieu bénisse, . Fille de l'illustre Arthénice, etc.

) dé OHgnan donna le jour à deux filles : ses multipliées ébranlèrent cruellement une santé ireuse, et elle mourut le 22 décembre 1664.

adressa dans cette triste occasion une pièce de larquise de Rambouillet, ignan se remaria peu après avec mademoiselle Fou et bientôt ensuite avec mademoieelle de

ly qoe cela est bien sot à moy de ne pas Toué flnUée plus tost, mais mon mal me donne un lement et im tel diagtin que je ne pense à

enx^é aujourd'hui chez la femme de votee r, œaM «on mal et le mien «ont et différents

a pas apparence que les mesm^ remèdes

nt propres, outre qu'elle prenoit tous les jouris teiq grands verres de tisane, ce que je ne pour-

rois pas faire, ayant plusieurs expériences que le lavage m'est fort contraire à co mal là : lequel m'est venu de Topiniastreté que les médecins ont eue de me faire prendre dulet et à me le faire recommencer jusque à trois fois, voyant que le mal cessoit lors que je le quittois et qu'il recommençoit dès que j'en prenois; mais comme ils estoient persuadés que le let estoit bon à ma poitrine, ils ne vouloient point prendre la peine de penser au reste, que me guérir d'un mal dont il ne m'ont point guérie, ils m'en ont donné un pire. M. Desfougère que je vois depuis quinze jours est persuadé que cela m'a si fort refroidi et affoibli les parties qui contribuent à la distribution des alimens» qu'il croit que rien ne me peut guérir que des choses extrêmement fortifiantes; pour cela, il méfait prendre d'un opiat avec de Tambre, du corail, des perles, du mirabalan et plusieurs autres choses. Il joint à cela des bouillons de perdrix et de mouton avec des graines et des herbes qu'il prétend estre fort propres à fortifier : depuis hier je me trouve un peu mieux, je ne sçais si celaorade la suite; s'il n'y en a pas de bonnes, je seroift bien aise de voir votre médecin : je vous ferois scavwr Testât où je me trouverois en vous suppliant de me l'envoyer. Cependant je vous assure, ma très chère tante, qu'une des choses qui me fâchent autant dans mon mal, c'est de me trouver hors d'estat d'avoir l'honneur de vous voir et vous pouvoir assurer moi même que le temps n'a rien changé à mon cœur sur ce qni vous regarde, et qu'on ne sçauroitvous honorer avec plus de respect que je vous honore.

Comtesse de Grignan.

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