‹ Les amours. CommentéesChapitre 116 sur 443 · LVII · texte numérisé non relu

LVII

Divin Bellay, dont les nombreuses lois Par un[e] ardeur du peuple séparée, Ont revestu lenfant de Gytherée 4 D'arcs, de flambeaux, de traits, et de carquois :

Si le doux feu, dont, jeune, tu ardois, Enflambe encor' ta poitrine sacrée, Si ton oreille encore se recrée, 8 D'ouyr les plaints des amoureuses vois:

Oy ton Ronsard, qui sanglotte et lamente, Pâle de peur pendu sur la tourmente, 11 Croizant en vain ses mains devers les cieux,

En fraile nef, sans voile ne sans rame. Et loin du bord, où pour astre sa dame 14 Le conduisoit du Fare de ses yeux.

MURET Divin Bellay.) Il escrit ce Sonet à Joachim du Bellay Angevin, excellent Poëte François, comme ses œuvres de long- temps semées par toute la France contraignent les envieux mesmes à le confesser : et le prie d'ouyr les complaintes qu'il fait, pour estre absent de sa dame, sans grande espérance de la revoir. Un presque semblable Sonet luy avoit escrit du Bellay, dans son Olive, lequel m'a semblé bon de mettre icy,

[LVII] VARIANTES : 1. Texte.

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