LXXV
Je paragonne à vos yeux ce crystal.
Qui va mirer le meurtrier de mon ame : Vive par l'œr il esclate une flame, 4 Vos yeux un feu qui m'est saint et fatal.
Heureux miroër, tout ainsi que mon mal Vient de trop voir la beauté qui m'enflame : Gomme je fay, de trop mirer ma Dame, 8 Tu languiras d'un sentiment égal.
[LXXIIII] VARIANTES : 2. Commentaire.
Les elemans.) Il dit... ont rendu sa dame belle ...perfection. 1553. — A
preuve.) A qui — semble prinse dame. 1553. 1567. — Le cinabre vermeil.)
La couleur vermeille. Le cinabre, duquel on use aujourd'hui se fait de soufre
et d'argent vif brûlés ensemble. 1553. 1567. — Dès Vonde Ibère.) Des la
Idées. 1553. 1567.
[LXXV] VARIANTES : 1. Texte.
1. 1552. 1553. 1567. 1587. 1604. 1610. \^2'è oni parangonne . 8. Tu 1. d'escoulement e. 1567.
140 l. LIVRE DES AMOURS [lXXV
Et toutes-fois, envieux, je t'admire, D'aller mirer le miroër où se mire I I Tout l'univers en ses yeux remiré.
Va donq' miroër, et sage pren bien garde, Qu'en le mirant ainsi que moy ne t'arde, 14 Pour avoir trop ses beautez admiré.
MURET Je paragonne.) Il compare les yeux de sa dame à un miroër, duquel elle salloit mirer. Apres il parle à ce miroër, et dit, qu'il l'estime trop heureux d'aller mirer une si belle face : et craint toutefois, que comme il a esté enflamé par le regard de sa dame, le miroër aussi ne le soit. Le meurtrier de mon ame.) Ce visage qui me tue. Qui m'est saint et fatal.) Que le destin me contraint d'adorer. D'un sentiment égal.) Il prend icy sentiment pour escoulement. Escoulement est une maladie, quand le corps n'a plus que la peau : tabès en Latin. Le miroër où se mire tout Vunivers.) Il dit la beauté de sa dame estre si grande, que tout le ciel se mire dans elle.
BIBLIOGRAPHII-:
Amours. 1552, 36; 1553, 91; 1567. I, 45 b; 1571,-2, 110; 1578, 107; 1587, 1592, 83; 1604, 1610, 1629, 87.
[LXXV] VARIANTES: 1. Texte .