XCV
De ses cheveux la rousoyante Aurore Semez espais les Indes remplissoit, Et ja le ciel à longs traits rougissoit 4 De maint émail qui le matin décore :
Quand elle veit la Nymphe que j'adore, Tresser son chef, dont l'or qui jaunissoit, Le crespe honneur du sien esblouyssoit, 8 Voire elle-mesme et tout le ciel encore.
[XCIIII] VAR1;ANTES : 2. Commentaire.
Soit que son or.) Il dit à plain. — Son chef douteux.) Qui met en doute
ceus qui le voient. Ainsi prenent quelque fois les Latins, Ambiguus. Vergile, [^n. V, 326].
Transeat elapsus prior, ambiquumque relinquat — S'elle est....) Ainsi.... vultu. 1553. 1567.
[XCV] VARIANTES : Texte.
2. Esparsement 1. I. r. 1552. 1553. 1567. 2. Espars en l'air 1. I. r. 1587. 1604. S. Et e. m. et t. le c. e. 1567.
Lors ses cheveux vergongneuse arracha, Et en pleurant sa face elle cacha, H Tant la beauté des beautezluy ennuyé:
Puis ses soupirs parmy l'aer se suivans. Trois jours entiers enfantèrent des vens, 14 Sa honte un feu, et ses yeux une pluye,
MURET
De ses cheveux.) Quelquefois sur le poinct du jour sa dame s'estoit mise à la fenestre, estant encore toute eschevelée. Advint que le temps, quiau-paravant estoit clair et serain, soudainement se change[a] : tellement qu'il se prit à venter, à esclairer, à pleuvoir. Le Poëte dit, que ce fut l'Aurore, qui voyant les cheveux de Cassandre estre plus beaux que les siens, en eut honte et despit: Tellement que de sa rougeur furent engendrez les esclairs : des soupirs qu'elle en getta, naquirent les vents: et les pleurs qu'elle en respandit, furent cause de la pluye.
BIBLIOGRAPHIE
Amours. 1302, 44; 1553, 105; 1567. I, 52; 1571,-2, 126; 1578, 125 ; 1587, 100 ; 1592, 101 ; 1604, 1610, 1629, 104.
[XCV] VARIANTES : Texte.