Ny la vertu, qui foysonne en s. y
MURET
Bien que six ans.} Combien que par l'espace de six ans il ait esté en perpétuel martyre pour Tamour de sa dame : si est-ce qu'il se sent bien-heureux d'avoir eu la veuë d'une si excellente beauté, seul ornement de nostre aag-e. Il dit d'avantage, qu'il est seul qui l'a parfaitement veuë, ce qui luv a causé la mort: et que c'est le plus grand heur qu'il receut jamais. Humble-fiere.) Humble en port et en maintien, mais fiere contre ses prières. D^avoir veii la lumière.) D'estre nay. En ces ans tards.) En ce dernier aage. Le seul Avril de son Jeune printemps.) La seule beauté de sa jeunesse. Endore, emperle, enfrange.) Orne. Mots faits à limitation de Pétrarque. Seul Je l'aij veuë.) Il a dit devant, au Sonet [XGI] qui se commence, Si seulement, que ne luy, ne les autres ne l'avoient veuë : maintenant il dit qu'il l'a veuë, et que les autres n'ont sçeu la voir. Mais ceste inconstance, et telles petites contradictions sont familières aux amoureux.
[CXXII, VARIANTES : -2. Commentaire.
Bien que sis ans.) Combien.... dernier âge. — Qui les q races attrait Par une qrace aux Grâces coutumiere.) Le mot, grâce, se prend ici en trois sortes. Au premier lieu il sinifie, les amitiés : au second, ce ([ue les Latins apellent, décor : au tiers, c'est un nom propre des trois déesses, que les Grecs nomment, Charités. — Le seul Avril....) La seule.... amoureus. 1553. 1567.
Bien que six ans.) Combien... ;i l'imitation de Pétrarque. Son. 1(50. i. Vedi quant' arie 'ndora e niperla ennostra l'hahito clctto. — Seul Je luy veuë.) 11
amoureux. — *Bien que six ans.) Il y a presque un tel commencement
dans Pétrarque Son. î)6. 1 .
Him.insi a dicfro il scs/odecini. an no De tniei sospiri.
En ces ans tards.) Ainsi Pelranjue. Sonnet 102. \.
itnzi mi (/lorio J/e.sscr srrva/o à la slnqion piii larda. Midi. lOlO. 1029.
CXXlll] 1. LIVRE DES AMOUUS 207
[CXXIII
Si ce grand Dieu le père de la Lyre, Qui va bornant aux Indes son réveil, Ains qui d'un œil mal appris au sommeil, 4 Deçà delà toutes choses remire,
Lamente encor pour le bien où j'aspire. Ne suis-je heureux, puis que le trait pareil, Qui d'outre en outre entama le Soleil, 8 Mon cœur entame à semblable martyre ? Certes mon mal contente mon plaisir.
D'avoir osé pour compaignon choisir 1 1 Un si grand Dieu : ainsi par la campaigne
Le bœuf courbé dessous le joug pesant, Traine le fais plus léger et plaisant, 14 Quand son travail d'un autre s'accompaigne.
BIBLIOGRAPHIE Amours. loS2, 50; 1553, 128; 1567. I, 61 b ; 1571,-2, 148; 1578, 149; — 1587, 124 ; 1592, 125 ; 1604, 1610, 1629, 130.
MURET Si ce ff ranci Dieu.) J'av dit devant, qu'Apollon fut amoureux de Cassandre.
[CXXIII] VARIANTES : 1. Texte.
1. Si ce g. prince artizan de la 1. 1587. 1592. 1604. 7. Q. d'o. en o. entame le S. 1552. 1553. 1567. 9. Dea, que m. m. c. m. p. 1552. 1553. 1567. 9. Je sens mon mal soulagé du p. 1587. 1604.
Si ce grand Prince.) J'ay dit parentem. — Toutes choses rendre.) Voit,
regarde. Lisez l'Hymne d'Orphée, du Soleil. 1587. 1604.
L'Autheur dit, qu'il s'estime heureux d'avoir un si grand Dieu pour compaignon d'amours, et que sa peine luy en semble beaucoup plus leg-ere. Si ce grand Dieu.) Apollon, le Soleil. Le père de la Lyre.) Horace [Od. I. x, 5-6] baille cest epithete à Mercure :
Te canani, magni Jovis, et deorani Nuncium. curvaeque lyrac parentcm.
Toutes choses remire. Voit. Ainsi Orphée. [Hytnn. VII, 1]
KajO'. [xaxap, ^ravospy.àç 'iynù''t à'.wv.sv c;;x;x3:. 1553. 1567.
[CXXIIII] Ce petit chien, qui ma maistresse suit, Et qui jappant ne recognoist personne.
Et cest oiseau, qui ses plaintes resonne, 4 Au mois d Avril soupirant toute nuit :
Et la barrière, où quand le chaud s'enfuit. Madame seule en pensant s'arraisonne.
Et ce jardin, où son pouce moissonne 8 Toutes les fleurs que Zephyre produit :
Et ceste dance, où la flèche cruelle M'outre-perça, et la saison nouvelle I I Qui tous les ans rafraischist mes douleurs :
Et son oeillade, et sa paroUe sainte, Et dans le cœur sa grâce que j'ay peinte, 14 Baignent mes yeux de deux ruisseaux de pleurs.
[CXXIIII] VARIANTES: 1. Texte.
.'3. Et c. o., q. mes p. r. 1552. 1553. 1567.