‹ Les amours. CommentéesChapitre 286 sur 443 · x\y l'eau du Ciel, ny 1. f. de la m. 1587. 160i · texte numérisé non relu

x\y l'eau du Ciel, ny 1. f. de la m. 1587. 160i

CLXXIIl] I. LIVRE DES AMOURS 287

MURET

Mon fol penser.) Il veut dire par ce Sonet, qu'il se devroit retirer de penser en sa dame, veu qu'en y pensant il excite un feu dedans soy, que non seulement ses pleurs, mais toute l'eau de la mer ne sçauroit esteindre. Mais il desguise cela par une alleg-orie, et faisant une allusion à la fable de Daedale (qui pour soy, et pour son fils Icare fit des aisles jointes de cire, avec lesquelles ils s'en volèrent hors de Crète, où ils estoient détenus prisonniers) il dit que son Penser s'est aussi emplumé d'aisles cirées (par ces aisles entendant une vaine et foible espérance) afin de parvenir à la hauteur de sa dame. Dit d'avantage, que Raison qui le devoit retirer de telle entreprise, le voit bien, et si n'en tient conte. A la fin il admoneste ce Penser, qu'il ne s'adresse plus en si haut lieu, de peur qu'à la tin il se voye desplumer en bruslant: c'est à dire, qu'il se voye embraser d'amour, et desnuer d'espérance. Une telle invention est dans un Sonet de l'Arioste, qui se commence,

\el niio pensicr [che cosi uefjgio audace^ Timor freddo com' angue il cor niassale : De lino e cera egli s'ha fatto l'aie, 4 Disposte a liquefarsi ad ogni face. E quelle del désir fatto seguace Spiega per Varia, e temerario sale :

E duolnii che a ragion poco ne cale, 8 Che dovria ostargli, e sel comporta e face.

Per gran uaghezza dun céleste liime Temo non poggi si, che arrivi in loco 11 Dove si accenda, e torni senza piume.

Saranno, oimè, le mie lagrime poco Per soccorrergli poi, quando ne fiumc 14 Ne tutto il niar potrà smorzar quel foco.]

288 1. LIVKE DES AMOLRS [CLXXlllI

[CLXXIIII]

Or' que le ciel, or' que la terre est pleine De glas, de gresle esparse en tous endrois, Et que riiorreur des plus froidureux mois 4 Fait hérisser les cheveux de la plaine :

Or' que le vent qui mutin se promeine, Rompt les rochers, et desplante les bois. Et que la mer redoublant ses abois, 8 Sa rage enflée aux rivages ameine :

Amour me brusle, et l'hyver froidureux.

Qui gelé tout, de mon feu chaleureux it Ne gelé point l'ardeur qui tousjours dure.

Voyez, Amans, comme je suis traité.

Je meurs de froid au plus chaut de l'esté, 14 Et de chaleur au cœur de la froidure.

MURET Or que le ciel.) 11 est assez aisé de soy.

UIBLIOGUAPIIIE

Amours. 1552, 75; 1553, 201 ; 1567. I, 84; 1571,-2, 202; 1578, 203; 1587, 175; 1592, 177; 1604,1610, 1029, 184.

[CLXXIIII] VARIANTES : I. Texte.

Page 1