D. le c, qu'il me le fit bien croire
Depuis le jour.) L'argument.... Pétrarque. — Œuvre d'escritoire.) Je pensois que les Amours ne fussent que passions escrites et feintes à plaisir. 1587.
[CCXXII]
Quand je te vov seule assise à par-toy, Toute amusée avecques ta pensée, Un peu la teste encontre bas baissée, 4 Te retirant du vulgaire et de moy :
Je veux souvent pour rompre ton esmoy, Te saluer, mais ma voix offensée, De trop de peur se retient amassée 8 Dedans la bouche, et me laisse tout coy. Souffrir ne puis les rayons de ta veuë : Craintive au corps, mon ame tremble esmeuë : 1 1 Langue ne voix ne font leur action :
Seuls mes souspirs, seul mon triste visage Parlent pour moy, et telle passion 14 De mon amour donne assez tesmoignage.
MURET [lire BELLEAU]
Quand je te voy.) Ce Sonet se commente de soy-mesme.
BIBLIOGRAPHIE
Amours. i:;7l,-2, oOo ; lo78, 213; — lo87, 213; ir)92, 216; 1604, 1610, 1629, 224.
[CCXXII] VARIANTES : Toxlo.
1. Q. je te V. discourant à p. -t. 1.')87. 1604. 9. Mon œil confus ne peut souffrir ta v. 1^87. 1604. 10. De ses rayons m. a. t. e. 1587. 1604.
CCXXIIl] I. LIVRE DES AMOURS 347
[GCXXIII]
De veine en veine, et d'artère en artère, De nerfz en nerfz le salut me passa, Que l'autre jour ma dame prononça, 4 Me promenant tout triste et solitaire.
Il fut si doux, que je ne puis m'en taire, Tant en passant d'aiguillons me laissa.
Et tellement de son trait me blessa, 8 Que de mon cœur il ne fist qu'un ulcère. Les yeux, la voix, le gracieux maintien A mesme fois s'accordèrent si bien, H Que du plaisir mon ame fut si g-loute,
Afriandée au goust d'un nouveau bien, Qu'en desdaignant son terrestre lien, 14 De me laisser fut mille fois en doute.
MURET [lire BELLEAU]
De veine en veine.) La fin de ce Sonet est de Pétrarque.
BIBLIOGRAPHIE
Amours. lS71,-2, 505; 1578, 244; 1587, 213; 1592, 216; 1604, 1610, 1629, 224.
[CCXXIIll VARIANTES : Texte.