‹ Les amours. CommentéesChapitre 356 sur 443 · Forcenés p. 1. v. WùVi. 1o(j · texte numérisé non relu

Forcenés p. 1. v. WùVi. 1o(j

Chanson] i- livre des amours 367

Mais leurs cris n'eurent pouvoir D'esmouvoir 21 Les Grecs si chargez de proye, Qu'ils ne laissèrent sinon Que le nom 24 De ce qui fut jadis ïroye.

Ainsi pour ne croire pas, Quand tu m'as 27 Prédit ma peine future :

Et que je n'aurois en don.

Pour g-uerdon 30 De t'aimer, que la mort dure :

Un grand brasier sans repos, Et mes os, 33 Et mes nerfs, et mon cœur brûle : Et pour t'amour j'ay receu Plus de feu, 36 Que ne fît Troye incrédule.

BIBLIOGRAPHIE

Amours. 1553, IH ; 1567. 1, 114 b ; 1571,-2, 274; 1578,259; 1587, 228; 1592, 231; 1604, 1610, 1629, 239.

[Chanson] VARIANTES: 1. Texte, 19 à 24 manquent en 1553.

368 1. LIVRE DES AMOURS [Ghanson

MURET [1] D'un gosier masche-laurier.) Il parle en ceste chanson à sa dame, comme si elle estoit celle Cassandre, qui fut fille à Priam : ce que j'ay desja noté en d'autres lieux. Il dit donc, que comme les Troyens se trouvèrent tresmal, pour n'avoir voulu croire les prédictions de leur Cassandre, ainsi l'Autheur s'est mal trouvé, par faute de n'avoir pas creu ce que la sienne luy predisoit. Pour mieux entendre cecy, voy ce que j'ay desja dit sur deux Sonets, desquels l'un se commence [XIX], Avant le temps: l'autre [XXXIII], D'un abusé. D'un gosier masche-laurier.) D'un gosier prophétique. Les Prestres et les Prestresses anciennement, lors qu'ils vouloient prophétiser, et chanter les oracles, mangeoient du laurier, et s'en couronnoient aussi, afin qu'Apollon, qui aime cest arbre, prenant plaisir à leur haleine et à leur regard, leur envoyast plus aisément l'esprit prophétique. Lycofron parlant de Cassandre, Aaa' à'j'STCV yio'jux Tray.y.'.Y?; jj;r,v, AaîVT/ÇXYwv çst6a^£v à/,"Aa'.;xo)v c-a.

Tibulle, [II, v, G3-64] Vera cano: sic usque sacras innoxia lauros Vescar., et seternum sit milii virginitas. [3] Dans Lycofron.) Lycofron natif de Chalcide, fut un des sept Poètes, qui florirent du temps de Ptolemée Philadelphe Roy d'Egypte, et furent nommez la Pléiade. Ce Lycofron, entre autres œuvres, a fait un poème intitulé Cassandre, qui seul nous est demeuré : auquel il la feint prédire les maux qui dévoient arriver à la ville de Troye. [9] A leur Syhille.) Sybilles se nommoient femmes, qui predisoient les choses à venir, -tobç. Dieu : '^jZ'jtXri^ vouloir, ou conseil, flo] Plombaient.) Meurdrissoient : par ce que la chair meurdrie devient de couleur plombée.

|CliansonJ VARIANTES : 2. Commentaire.

D'un gosier machelaurier.) Il parle leur Cassandre, ainsi s'est il affolé,

par faute d'avoir creu ce que ville de Troie. \V)'i'\'^. — [6J Tapiront.)

Abaisseront. Je penseroi' bien, (|uc ce verbe, tapir, vint du Grec -ra-etvctv, qui sinifie abaisser. 15.')3. I. ')(»". — |!)J ,1 ma Sibylle.) Sibylles... plombée. 1553.

SONET [CCXXX] Mon des Autels, qui avez dés enfance Puisé de l'eau qui coule sur le mont, Où les neuf Sœurs dedans un antre font 4 Seules à part leur saincte demeurance : Si autrefois l'amoureuse puissance Vous a planté le myrte sur le front, Enamouré de ces beaux yeux, qui sont 8 Par voz escrits l'honneur de nostre France : Ayez pitié de ma pauvre langueur, Et de voz sons adoucissez le cœur H D'une qui tient ma franchise en contrainte.

Si quelquefois en Bourgongne je suis.

Je fïechiray par mes vers, si je puis, 14 La cruauté de vostre belle Saincte.

MURET [?] Mon des ^iiitels.) Ce Sonet s'adresse k Guillaume des Autels, gentilhomme Charolois, tres-docte en la langue Grecque, Latine et Françoise, comme assez ses escrits (c[ui n'ont gueres de pareils en science et en perfection de bien dire) le tesmoignent de tous costez. Outre la cognoissance des lettres humaines, esquelles il a dés sa jeunesse esté soigneusement institué, il a diligemment estudié en la loy, jusques à en faire profession. Toutefois il n'a point pour telle estude fascheuse tant oublié les Muses, qu'aux heures superflues il n'escrive tousjours quelque belle poésie en Latin ou en François. Et pour ce qu'il a fort célébré une sienne maistresse, qu'il appelle sa Saincte : le mien autheur leprie, que ce pendant qu'il est en ce pays icy, il fléchisse sa Cassandre par la douceur de ses vers, et qu'il luy rendra la pareille, s'essayant d'adoucir sa Saincte,

si de fortune il va jamais au pays oîi elle demeure.

BIBLIOGRAPHIE

Amours. 1567. 1, 116; 1571,-2, 277; 1578, 261; 1587, 539; 1592, 551 ;

[CCXXX] VARIANTES : 1. Texte.

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