Fusse un Baïf, s'il p. a. b. f
ElegieJ i. livri-: des amolrs 381
Or pour l'avoir consacré mes escris,
Je n'ay gaigné sinon des cheveux gris,
La ride au front, la tristesse en la face, 16 Sans mériter un seul bien de ta grâce :
Bien que mon nom, mes vers, ma loyauté,
Eussent d'un tigre esmeu la cruauté.
Et toutefois, je m'asseure, quand l'âge 20 Aura donté l'orgueil de ton courage,
Que de mon mal tu te repentiras,
Et qu'à la fin tu te convertiras :
Et ce-pendant je soufîriray la peine, 24 Tov le plaisir, comme dame inhumaine,
De trop me voir languir en ton amour.
Dont Nemesis te doit punir un jour.
Ceux qui amour cognoissent par espreuve, 28 Lisant le mal où perdu je me treuve.
Ne pardon ront à ma simple amitié
Tant seulement, mais en auront pitié.
Or quant à moi, je pense avoir perdue, 32 En te servant, ma jeunesse espandue
Deçà delà dedans ce livre icy.
Je voy ma faute et la prens à mercy.
Gomme celuy qui sçait que nostre vie 36 N'est rien que vent, que songe, et que folie.
MURET [?] Cherche maistresse.) Cette Elégie est assez aisée de soy.
BIBLIOGRAPHIE
Amours. 1567. I, 123 b; lo71, 2, 29i ; 1S78, 270; lo92, 2i0. Pièces retranchées. 1617, 260 ; 1630, 704.
382 l. LIVHR DES AMOURS [CCXXXI
[CGXXXI]
J'alloy roulant ces larmes de mes yeux, Or'plein de doute, ore plein d'espérance. Lors que Henry loing des bornes de France 4 Vengeoit l'honneur de ses premiers ayeux : Lors qu'il trenchoit d'un bras victorieux Au bord du Rhin l'Espagnole vaillance, Ja se traçant de l'aigu de sa lance 8 Un beau sentier pour s'en aller aux cieux.
Vous sainct troupeau, mon soustien et ma gloire, Dont le beau vol m'a l'esprit enlevé, 11 Si autrefois m'avez permis de boire
Les eaux qui ont Hésiode abreuvé, Soit pour jamais ce souspir engravé 14 Au plus sainct lieu du temple de Mémoire.
BIBLIOGRAPHIE
Amours. 15S2, 96; 15o3, 244; 1567. I, 124; 1571,-2, 2"J5 ; 1578, 272; 1587, 237 ; 1592, 242; 1604, 1610, 1629, 249.
[CCXXXIJ VARIANTES : 1. Texte.
!). V. s. t., qui dessus Pinde errex