I. Inédit
Le post-scriptum de Victor Hugo ajoutait à ces conseils... l'exemple de la mère.
Puisque tu penses encore un peu , ma pauvre Claire, à ton ancien ami, M. Toto^ il faut qu il te dise ici un petit bonjour. Travaille hien^ deviens sage et grande., deviens une noble et digne personne comme ta mère, et sois sûre que, quelle que soit ta vie un /our.^ heureuse ou malheureuse., tu auras toujours pour toi ta conscience et ton ami^.
Je rassemble ici, quoique leurs dates soient différentes, et que l'une ne se rapporte pas à l'année i835, trois curieuses dédicaces inscrites par Victor Hugo sur des livres de classe qu'il avait donnés à Juliette, toujours friande de ces raretés auxquelles 3Iadame Victor Hugo, qui aurait pu les réunir plus tôt, paraît n'avoir attaché qu'un intérêt médiocre.
C'est d'abord une Grammaire latine., passée dans les mains de Victor Hugo des mains de son futur beau-frère, Paul Foucher, qui y avait inscrit quelques annotations pittoresques. Plus studieux, Victor Hugo se borna à V proclamer à la page 22 ses opinions roya-
1lG LES AMOURS d'uN POÈTIÎ
listes : « Vive le roi! du i" juillet i8i5. Victor Hugo. » Vingt ans après, sa profession de foi avait un autre caractère. « Voici Van des premiers livres oii faie lu : le dernier livre oit ie lirais ce sera ton cœur. V. :22 juin i835'. » Le second livre est un volume imprimé en 1792 et contenant les Odes sacrées et Œuvres choisies de J.-B. Rousseau. Il porte, à la date du 26 mai 18 15, la signature de Victor Hugo qui dut, il n'est pas téméraire de le penser, le feuilleter souvent. Quand il en fit don à Juliette, le 20 novembre i835, il y inscrivit une note dont le romantisme associe des sentiments qui devraient être gênés de se rencontrer ensemble :
Il y a vingt ans ceci était écrit par un enfant qui n^ aimait que sa mère. Aujourd'hui r enfant est homme, il n'a plus de mère.,mais il a une amie adorable et bien-aimée, cest toi. Le ciel avait donné une sainte à son enfance.^ il donne un ange à sa virilité^.