‹ Les amours d'une rose ou Hannetons, Fleurs et Papillons vaudevillefantastique en trois actesChapitre 37 sur 58 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les Mêmes, AZUR.

AZUR, entrant par la droite. Ah ! ma chère hôtesse, c’est vous que je cherchais.

la carotte. Moi, prince ! et pour quel motif?

azur. D’abord pour vous remercier de l’hospitalité que vous nous avez si généreusement accordée.

la carotte. Ne parlons pas de ça, je tous en prie; le secours de la Carotte revient de droit aux infortunés.

AZUR. Ah! oui, bien infortunés!... ne pou-, vant trouver d'asile ni dans les airs, occupés par les vassaux de mon oncle, ni dans les prairies, occupées par les sujettes de la reine des Fleurs.. . il nous a fallu errer & l’aventure, et ce n'est qn’après de |iénibles recherches que nous sommes parvenus 5 découvrir ati sein de la terre votre retraite, où vous avez bien voulu nous recevoir.

LA carotte. Pauvres amants ! leur destin m’arrache des larmes!

le panais. Et li moi aussi. .. je pleure comme un oignon.

azur. Mais, mon aimable hôtesse, je venais aussi vous prier de nous faire donner & Rose et à moi les choses qui nous sont nécessaires...

LA carotte, à part. Nous y voilé!

[Bout.) Hélas! mon prince, je crois vous l’avoir dit, les affaires vont mal. . . Avez-vous de quoi payer votre dépense?

azur. Mon Dieu, non!... Dans ma précipitation je n'ai jus songé... Je suis à sec...

la carotte. Alors , mon jeune seigneur, je suis désolée. .. mais il m’est impossible de | vous faire crédit et môme de vous garder plus longtemps !

azur. Comment!... que dites-vous?

la carotte. Songez donc , mon jirince , qu'en ma qualité de (leur de carotte , je suis un peu sujette de la réine des Fleurs. En consentant à vous cacher chez moi, je jxuirrais m’exposer à sa colère... et gratis encore !...

azur. Gratis! ne le croyez pas ! un jour je monterai sur le trône, et ma reconnaissance...

la carotte. Promesses en l'air que tout cela ! qui me garantit que vous me payerez ?

azur. Ma parole !

i.a carotte. Votre parole.... votre parole !...

LE panais. Heu ! heu ! c’est bien léger !

azur, à part. Quelle humiliation !

la carotte. Si seulement vous aviez un gage à me donner...

azur. Un gage?

le panais. Oui, une petite garantie... un léger nantissement

la carotte. Certainement car, enfin

un bean jour il pourrait vous prendre fantaisie de me planter là de vous envoler

Dame, un papillon, ça c'est vu. .. et puis alors, cherche !

azur. Ah I quelle idée I la CAROTTE et LE PANAIS. Quoi donc ?

azur. Je puis vous ôter toute crainte à cet égard. ..

Air de Madame Favart.

Les papillons sont parfois infidèles;

Eh bien, pour plus de sûreté.

Comme page, acceptez... mes ailes;

Ça vous répond de ma fidélité.

Non, plus moyen de vous fausser parole,

Car ces objets dans vos mains installés.

Impossible que je m'envole...

Vous voilà sûrs de n'élre pas volésl

LA carotte. Ça va !

LE panais. Marché conclu!

azur. Eu ce cas, prenez I

Le Panais lui ûte ses ailea.

la carotte. Dans un instant votre déjeuner vous sera servi.

azur. C'est bien 1

le panais, à part. En v'ià une carotte de longueur I

ENSEMBLE

Air de Robert te Diable.

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