SCÈNE V
FAUBLAS, ROSAMBERT, JUSTINE.
Voilà plus de deux heures que Justine court après monsieur Rosambert. Elle a sonné chez lui, dans dix maisons, per- Mtnnç : enfin, on lui a dit qu’elle lo trouve-
rait dans celle-ci, et elle demande pardon à Faublas de la liberté qu’elle a prise. Elle remet à Rosambert un billet : c’est de la part de sa maîtresse, la marquise de B. Voici ce dont il s’agit : madame la marquise, pour se débarrasser de son mari . a prétexté un violent mal de tète, elle est allée se coucher, et pendant qu’on la croira endormie, elle ira au bal htaïqué, où Rosambert pourra la voir.
Celui-ci ne parait pas si transporté de cette heureuse nouvelle qu’il devrait l’être. C’est que la marquise est coquette, et, si elle va à ce bal, ce n’est pas pour lui seul. — « Je ne peux pas entendre » de pareilles calomuies , répond Jus- » line, et elle veut sortir. • Rosambert remarque le carton qu’elle tient à la main — k Qu’y a-t-il là dedans? — Une lobe de » ma maîtresse. — rQuellc idée ! * sYcrie Rosambert. Il conjure Faublas de s’en revêtir. Ils iront ensemble au bal. II le présentera comme sa parente; il se montrera empressé, la marquise en prendra de l’ombrage, elle deviendra jalouse... il l’espère du moins, malgré l’hésitation de son ami cl les refus de Justine de se prêter à une pareille ruse, il finit par les décider tous deux. — » Voici comme il faut uiar- » cher, saluer, dit Justine à faublas. Les » hommes vôus feront la cour, vousrépon- » drez ainsi, modestement. C’est bien. A „ votre toilette, maintenant : passez dans » ce cabinet. — Jene pourrai jamaism hax biller seul. — Je n’irai cependant pas x vous aider. — Allons! dépêchons! dit » Rosambert. » Faublas prend le carton et court au cabinet.
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