voix q. p. ainsi qu'un enchanteur
106 I. LIVRE DES AMOURS [lIIII
Et dont l'accent nos âmes vient espoindre : 0 corps parfait, de tes beautez la moindre 14 Mérite seule un siège d'Ilion.
MURET
Odoux parler.) Le Poëte absent de sa dame, remémore particulièrement aucunes de ses beautez, et souhaite les revoir. L'apasf doucereux.) Il dit nourrir la faim de sa mémoire par l'apast doucereux du doux parler de sa dame : C'est à dire, qu'il paist son esprit de la souvenance du parler d'icelle. Trofee.) Ainsi disoit on anciennement, quand on avoit revestu quelque arbre ébranché, des despouilles de l'ennemy, pour monument de victoire. Et se dit en Grec ■:pi-ai:v, parce qu'on avoit de coustume de le dresser pour avoir tourné l'ennemy, lors qu'il se mettoit en fuite, qu'ils appelloient Tpc'Tr-i^v. Coutaux plantureux.) Le sein abondant en ces couleurs, qu'il représente par les lis, œillets, porfyre, et ivoire. Feux jumeaux.) Les yeux par lesquels il dit à longs traits avoir beu le venin amoureux : ce qui se fait, parce que les rayons des yeux de la dame sont comme voituriers de son esprit, et par la rencontre qu'ils font avecques les rayons de l'amant, se meslant parmy eux, se conduisent à son cœur, et de leur esprit estrangé empoisonnent l'esprit de oeluy qui est outré.
[LIIIII VARIANTES : I. Texte.