‹ Les Amours de P. de Ronsard VandomoisChapitre 156 sur 446 · LXXXV · texte numérisé non relu

LXXXV

Douce beauté, qui me tenez le cœur, Et qui avez durant toute l'année Dedans voz yeux mon ame emprisonnée, 4 La faisant vivre en si belle langueur :

Ha que ne puis-je atteindre à la hauteur Du ciel tyran de nostre destinée?

Je changerois sa course retournée, 8 Et mon malheur je murois en bon heur.

Mais estant homme il faut qu'homme j'endure Du ciel cruel la violence dure H Qui me commande à mourir pour voz yeux. Donques je viens vous présenter, madame, Ce nouvel an, pour obéir aux cieux, 14 Le cœur, l'esprit, le corps, le sang et lame.

MURET [lire BELLEAU]

Douce beauté, qui me tenez le cœur.) Le Poëte m'a quelquefois dit, que ce Sonet n'est point fait pour représenter sa passion, mais pour quelque autre dont il fut prié, désirant infiniment n'estre point recherché de tels importuns, qui luy font plus de desplaisir en luy communiquant leurs amours, qu'il n'a de plaisir à chanter les siennes.

BIBLIOGRAPHIE

Elégies, Mascarades et Bergerie. 1565, 82 b. Amours. 1567. 11, 81 b; 1571,-2, 491; 1578, 116; 1587, 92; 1592, 93; 1604, 1610, 1629, 95.

[LXXXV] VARIANTES : Commentaire.

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