‹ Les Amours de P. de Ronsard VandomoisChapitre 267 sur 446 · CLIX · texte numérisé non relu

CLIX

En ma douleur, malheureux, je me plais, Soit quand la nuict les feux du ciel augmente, Ou quand l'Aurore en-jonche d'Amaranthe 4 Le jour meslé d'un long fleurage espais.

D'un joyeux dueil mon esprit je repais : Et quelque part où seulet je m'absente. Devant mes yeux je vois tousjours présente 8 Celle qui cause et ma guerre et ma paix.

Pour l'aimer trop également j'endure Ore un plaisir, ore une peine dure, 11 Qui d'ordre égal viennent mon cœur saisir :

Et d'im tel miel mon absynthe est si pleine, Qu'autant me plaist le plaisir que la peine, 14 La peine autant comme fait le plaisir.

MURET En ma douleur.) Il dit que pour aimer, il reçoit maintenant peine, maintenant plaisir, et que tous deux luy sont également plaisans. Les feux.) Les estoiles. En-jonche.) Tapisse. La métaphore est prise des joncs, qu'on jette par la place, pour donner frescheur l'esté. Amaranthe.) Fleur, que le vulgaire

nomme Passevelours.

BIBLIOGRAPHIE

Amours. 1332, 68; 1533, 186; 1367. I, 77 b ; 1371,-2, 186; — 1378, 186 ; 1387, 139; 1392, 161 ; 1604, 1610, 1629, 167.

[CLIX] VARIANTES : 1. Texte.

1. En ma d., las chetif, je me p. 1332. 1333. 1367. 1371,-2. 3. D'un j. d. sans faim je me r. 1332. 1333. 1367. 12. Brief d'un t. m. m. a. e. si p. 1387. 1604. 2. Commentaire.

En ma douleur.) Il dit... étoiles. — Amaranthe.) Fleur... Passevelous. 1533.

266 I. r.IVRE DES AMOURS [CLX

fCLX] Or" que Jupin espoint de sa semence Hume à longs traits les feux accoustumez. Et que du chaut de ses reins allumez 4 L'humide sein de Junon ensemence :

Or' que la mer, or' que la véhémence Ues vents fait place aux grans vaisseaux armez, Et que l'oiseau parmy les bois ramez, 8 Du Thracien les tançons recommence : Or' que les prez, et ore que les fleurs De mille et mille et de mille couleurs, 1 1 Peignent le sein de la terre si gaye,

Seul et pensif, aux rochers plus segrets, D'un cœur muet je conte mes regrets, 14 Et par les bois je vay celant ma playe.

Amours. 1552, 68 ; 1553, 187 ; 1567. I, 78; 1571,-2, 1578, 187 ; 1587, 160 ; 1592, 162; 1604, 1610, 1629, 168.

MURET Or que Jupin.) Il descrit le printemps, disant qu'en la saison, en laquelle toutes choses se resjouissent, il demeure solitaire et pensif en perpétuelle tris-

[CLX^ VARIANTES:!. Texte.

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