Je me d., et soudain me r
XIl] I. LIA'RE DES AMOURS 27
Rien ne me plaist sinon ce qui m'ennuye: Je suis vaillant, et le cœur me défaut, J'ay l'espoir bas, j'ay le courage haut, 8 Je doute Amour, et si je le desfie.
Plus je me pique, et plus je suis rétif, J'aime estre libre, et veux estre captif, 11 Mon mal prend fin, et soudain recommence.
Un Promethée en passions je suis:
J'ose, je veux, je souhaite, et ne puis, 14 Ainsi la Parque a filé ma naissance.
MURET
Tespere et crain.) 11 demonstre les contraires effets qu'Amour produit en luy : lesquels nul ne peut au vray entendre, qui ne les ait expérimentez en soymesme. Tel presque est un Sonet de Pétrarque, qui se commence
Ainor mi sprona in un tempo et affrena,
Asseciwa, espaventa, arde, et agghiaccia.
[XII] VARIANTES: I. Texte.
11. Cent foys je meur, cent foys je prens naissance 1352. 1333. 1567. 11. Tout je désire, et si n'ay qu'une envie. 1587. 1604. 1610. 1629. 13. Et pour aymer perdant toute puissance 1352. 1353. 1367.
13. J'o., jev., je m'efforce, et ne p. 1587. 1604. 1610. 1629.
14. Ne pouvant rien je fay ce que je puis. 1552. 1553. 14. Crier mercy seulement je ne puis 1567.
14. Tant d'un fil noir la Parque ourdit ma vie. 1387. 1604. 1610. 1629.
Le texte de 1578 reproduit celui de 1553.
28 1. LIVRE DES AMOURS [xill
Un Promethée.) C'est à dire, Mes passions renaissent perpétuellement, comme celles de Promethée : duquel les Poètes disent que pour avoir desrobé le feu du Ciel, il fut attaché à une montaigne de Scythie, nommée Caucase, là oîi un aigle luy rongeoit continuellement le foye : et afin que son forment fust perpétuel, il luy renaissoit de nuict autant de foye, comme l'aigle pinsetant luy en avoit dévoré par jour. Ainsi le raconte Pherecyde [de Leros. Voir Historicorum Graecorum fragmenta rec. C. et T. Muller (Paris, 1874), t. I.J
BIBLIOGRAPHIE
Amours. loo2, 11 : loo3. 12; loGT. 1, 13 b ; lo71.-2, lo78. 30 ; 4587, 1597, IfiOi, 16in. 1629. 12.