‹ Les Amours de P. de Ronsard VandomoisChapitre 365 sur 446 · Près de la mer, de p. se c. 1387. 160i · texte numérisé non relu

Près de la mer, de p. se c. 1387. 160i

Elégie à Janetj t. livre des amours 375

Apres fay luy sa rondelette oreille

Petite, unie, entre blanche et vermeille,

Qui sous le voile apparoisse à l'égal 60 Que fait un lis enclos dans un crystal,

Ou tout ainsi qu'apparoist une rose

Tout fraischement dedans un verre enclose. Mais pour néant tu aurois fait si beau 64 Tout Tornement de ton riche tableau,

Si tu n'avois de la lineature

De son beau nez bien portrait la peinture.

Pein le moy donc gresle, long, aquilin, 08 Poly, traitis, où l'envieux malin

Quand il voudroit n'y sçauroit que reprendre,

Tant proprement tu le feras descendre

Parmy la face, ainsi comme descend 72 Dans une plaine un petit mont qui pend. Apres au vif pein moy sa belle joue

Pareille au teint de la rose qui noue

Dessus du laict, ou au teint blanchissant 70 Du lis qui baise un œillet rougissant.

Dans le milieu portrais une fossette.

Fossette, non, mais d'amour la cachette,

D'où ce garçon de sa petite main 80 Lasche cent traits, et jamais un en vain.

Que par les yeux droit au cœur il ne touche. Helas ! Janet pour bien peindre sa bouche,

A peine Homère en ses vers te diroit 84 Quel vermillon égaler la pourroit :

[Elégie] VARIANTES: Texte.

67. P. le m. d. ny court, ny a. 1587. 1004. 74. Du mesme taint d'une r. q. n.

7o. D. d. 1., ou du t. b. looo. lo67.

376 I. LTVRK DES AMOURS [Elégie k .laiiet

Car pour la peindre ainsi qu'elle mérite. Peindre il faudroit celle d'une Charité. Pain la moy doncq, qu'elle semble parler, iS8 Ores sourrire, ores embasmer l'air

De ne sçay quelle ambrosienne haleine.

Mais par sur tout fay qu'elle semble pleine De la douceur de persuasion.

92 Tout à l'entour attache un milion

De ris, d'attraits, de jeux, de courtoisies. Et que deux rangs de perlettes choisies D'un ordre égal, en la place des dents 96 Bien poliment soient arrangez dedans. Pein tout autour une lèvre bessonne, Qui d'elle mesme, en s'eslevant, semonne D'estre baisée, ayant le teint pareil 100 Ou de la rose, ou du coural vermeil,

Elle flambante au printemps sur l'espine, Luy rougissant au fond de la marine.

Pein son menton au milieu fosselu, lOi Et que le bout en rondeur pommelu

Soit tout ainsi que Ion voit apparoistre Le b[o]ut d'un coin qui ja commence à croistre. Plus blanc que laict caillé dessus le jonc 108 Pein luy le col, mais pein-le un petit long, Gresle et charnu : et sa gorge douillette Gomme le col soit un petit longuette.

Apres fay luy par un juste compas, 112 Et de Junon les coudes et les bras.

Et les beaux doigts de Minerve, et encore La main égale à celle de l'Aurore.

[Elégie] VARIANTES : Texte.

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