‹ Les Amours de P. de Ronsard VandomoisChapitre 401 sur 446 · Commentaire · texte numérisé non relu

Commentaire

Belleau. Morfce, si en songe.) Les Poètes — àixajpbv. — Plumeuse.) Pource que Morfée est un Dieu couvert d'ailes et de plumes, comme la Renommée, Amour et autres. — Simple.) Sotte, facile à décevoir. 1578.

ceinture de Venus, pour se mettre en la bonne grâce de son mary, et le faire

dormir, afin qu'il naydast plus aux Troyens, Ce conte est dedans l'Iliade

d'Homère, [XIX, 214, 216-218] où Venus preste son ceston à Junon.

fl xa't àxô aTr,6£açiv àXûaaTO •/.eorov EiJ.àv:a,

£v9' £Vt [aÈv (fù^ivriÇ, àv 3'ï[/.£poç, èv o'oapiaxùç

Trâpçao'tç, y;-' ï/Aîile viov 7:ûxa ~£p ippoV£SVTo)V.

Si tu veux sçavoir la description du dieu des songes, et de sa maison, vov Ovide en sa Metamorfose livre unzième, ou si tu veux entendre comme on peult deviner les choses futures en songeant, voy Synesius en son livre 7:£pî tcov èvj- ■jtviwv. Les médecins disent que les songes qui se présentent à nostre fantasie, devant que la viande qui est dedans l'estomach soit digérée ne sont pas véritables et n'apportent rien de certain, mais bien ceux qui se font au point du jour desquelz parle Theocrite [sic ! Moschus. Id. 2, 5] en son Europe, £UT£ xa't àTp£X£cov ■:îot|j.aîv£Tai £6voç ÔV£lpOU

■Sa Feinte inutile. Forme douteuse.) C'est cette ressemblance des choses qui de nuit apparoist à noz sens endormis, les Grecs l'appellent sîSwXov à[xaupôv. [Homère. Od. IV, 824]

[251] VARIANTES : 2. Commentaire.

Belleau. Morfde,sien songe.) Les Poëtes y^spai'i. Icy fault noter que les

Poètes modernes, voire les Latins, se sont fort abusez, comme m'a conté nostre Autheur, d'avoir appelle la ceinture, ou tissu, ou demy-ceint de Venus, Ceston : car Ceston n'est que l'epithete de iij.iv^a. l[j.aç est donc la ceinture, ou demy-ceint de Venus, et Cestos, l'epithete ou adjectif, qui signifie, brodée, ouvrée à l'aiguille, peinte, et bien façonnée. Nostre Autheur confesse y avoir failli comme les autres, tant l'exemple dépravée des anciens peut corrompre la postérité. Si tu veux sçavoir «ij.aupiv. — Plumeuse.) Pource que...

[comme en 1578] à décevoir, aisée et facile à se laisser tromper, comme

fut Venus par Junon. C'est un epithete non oisif, mais propre, et servant à la cause. Car souvent selon les argumens on donne d'autres epithetes à Venus, comme belle, jeune, trompeuse, parjure, menteuse, puissante, germeuse : mais la manière de bien apposer et appliquer tels adjectifs, ne sort que par l'artifice d'un excellent Poëte, et bien rusé. 1587. 1604.

420 1. LIVRE DES A.MOLRS [252

[232] Texte de lo67.

Ecumiere Venus, roine en Cypre puissante, Mère des dous amours, à qui tousjours se joint Le plaisir, et le jeu, qui tout animal point 4 A tousjours reparer sa race périssante.

Sans toy Nymfe-aime-ris, la vie est languissante, Seins toy rien n'est de beau, de vaillant ny de coint. Sans toy la Volupté joyeuse ne vient point, 8 Et des Grâces, sans toy, la grâce est déplaisante.

Ores qu'en ce printemps on ne sçauroit rien voir,

Qui fiché dans le cœur ne sente ton pouvoir, i

1 1 Sans plus une pucelle en sera elle exente ? l

Si tu ne veux du tout la traiter de rigueur,

Aumoins que sa froideur en ce mois d'Avril, sente

14 Quelque peu du brasier qui m'enflame le cœur.

BIBLIOGRAPHIE

Bocage. 1554. 19 b. Amours. 1367. I, 108 b; 1571.-2, 260; — 1578, 331 ;

MURET [? lire BELLEAU] Ecumiere Venus.) Ce Sonet est fort aisé de soy, dedans lequel est compris un bel hvmne de Venus, que rien sans elle (comme a chanté Lucrèce) ne peult estre ny plaisant ny beau : et que c'est elle qui incite tous les animaux à conserver leur espèce, et que la mesme volupté, ny les grâces ne sont point douces ny gracieuses sans leur maistresse Venus, qui est le plaisir d'engendrer, et de faire une chose semblable à soy. Nostre poëte l'appelle Ecumiere du nom Grec [252] VARIANTES : 1. Texte.

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