Pour m'esveiller ne r'a. lej
MURET
Ha je voudroy.) Le sens est, qu'il voudroit bien obtenir jouyssance de sa dame, en quelque façon que ce fust. Mais il enrichit cela de fables poétiques, comme nous dirons par le menu. Richement Jaunissant.) Acrisie fut jadis Roy d'Arges, auquel il avoit esté prédit, que d'une sienne fille nommée Danés, sortiroit un fils qui le mettroit à mort. Craignant cela, il fit faire une grosse tour d'aerain, et là dedans enferma sa fille, luy ayant pourveu de quelques femmes pour son service, défendant tresexpressement, que homme quel qu'il fust, n'eust leans entrée : espérant par ce moyen éviter son desastre. Mais ainsi que le recelement d'une excellente beauté ne fait que plus fort eguillonner ceux qui en sont désireux : Jupiter, qui long temps auparavant avoit esté féru de l'amour de cette Princesse, la voyant ainsi enfermée, plus fort embrasé que jamais, pour plus aj'sément parvenir à son attente, se convertist en pluye d'or, et tout bellement se laissa couler par le toict, jusques au giron de l'Infante, avec laquelle il exécuta lors le poinct, auquel principalement tous amoureux prétendent. La fable est en la Métamorphose d'Ovide. Ainsi dit le Poète, qu'il voudroit bien parvenir à sa dame. Lors qu'en ses yeux.) Lors qu'elle s'endort le plus doucement, comme sur le poinct du jour. Ce sommeil est proprement appelle par les Grecs ij.ipij:r,px. Puis je voudroy.) Ainsi que fit Jupiter pour ravir Europe. Je me déporte de reciter ceste fable, parce que Baïf l'a divinement descrite au livret appelle. Le ravissement d'Europe. On la pourra prendre de là. Estre un Narcisse.) Narcisse fut un jeune enfant beau par excellence, lequel après avoir desdaigné- beaucoup de jeunes filles, qui estoient amoureuses de luy, un jour se baignant dans une fontaine, fut tellement espris de l'amour de soy mesme, qu'il en mourut. Voy le troisième de la Métamorphose [339-510].
BIBLIOGRAPHIE
Amours. 1552, 15; 1533, 23; 1567. I, 18; 1571,-2, 42; 1587, 1392, 23; 1604, 1610, 1629, 24. — 1378, 41.
[XXI] Qu'Amour mon cœur, qu'Amour mon ame sonde, Luy qui cognoist ma seule intention, Il trouvera que toute passion 4 Veufve d'espoir, par mes veines abonde.
Mon Dieu, que j'aime, est-il possible au monde De voir un cœur si plein d'affection, .
Pour la beauté d'une perfection, |
8 Qui m'est dans l'ame en playe si profonde? i
Le cheval noir qui ma Royne conduit, '
Suyvant le traq où ma chair l'a séduit, H A tant erré d'une vaine traverse,
Que j'ay grand peur (si le blanc ne contraint Sa course folle, et ses pas ne refraint 14 Dessous le joug) que ma raison ne verse.
MURET
Qu Amour mon cœur.) Il se dit estre si plein d'affection amoureuse, qu'il craint que sa raison en soit à la fin renversée. Veufve d'espoir.) Sans aucun
fXXIJ VARIANTES : 1. Texte.