‹ Les Amours de P. de Ronsard VandomoisChapitre 70 sur 446 · L. A. de quatre dons l'honore 1587. IC.di · texte numérisé non relu

L. A. de quatre dons l'honore 1587. IC.di

XXXll] 1. LIVRE Di:s AMOLRS 6o

Mars luy donna sa fiere cruauté, Venus son ris, Dione sa beauté, 1 1 Pithon sa voix, Ceres son abondance,

L'Aube ses doits, et ses crins déliés.

Amour son arc, Thetis donna ses pies, I i- Clion sa gloire, et Pallas sa prudence.

MURET

Quand au premier.) Il dit que quand sa dame vint au monde, tous les dieux d'un commun accord luy donnèrent tout ce qu'un chacun d'eux avoit de singulier. Le fils de Rhée.) Jupiter fils de Saturne, et de Rhée, autrement nommée Cybele. Pour faire d'elle encore une Pandore.) Apres que Promethée, comme j'ay desja dit, eut desrobé le feu du ciel, Jupiter pour se venger des hommes, donna charge à Vulcan, qu'il fist de terre une statue de femme la plus belle qu'il pourroit, et qu'il l'animast : ce qui fut fait. Apres qu'elle fut animée par commandement de Jupiter, un chacun des dieux luy donna ce qu'il avoit de plus excellent, comme Venus la beauté, Pallas la sagesse. Mercure l'éloquence : et les autres dieux de mesme. Or en ce temps là les hommes vivoient sans peine, et sans soucy : d'autant que la terre, sans estre labourée, leur produisoit toutes choses nécessaires à vivre. Jamais n'estoient malades, jamais nenvieillissoient. Mais Jupiter mit à Pandore (ainsi se nommoit ceste femme, pour la cause que je diray après) un vase en main, dans lequel estoient encloses les maladies, la vieillesse, les soucis, et telles autres malheuretez : puis l'envoj^a vers un frère à Promethée, qui se nommoit Epimethée, homme de peu de sens : lequel (combien que son frère la voit bien adverty de ne recevoir aucun présent, qui vint de Jupiter) toutes fois se laissa par elle abuser, et la receut. Estant receuë, elle ouvrit son vase, et remplit tout

[XXXII] VARIANTES : 2. Commentaire.

Quand en naissant.) Il i>.jY;a-:ï;T'.v. Lors Apollin.) Ainsi disoient les

vieux François, non pas, Comme nous disons aujourd'hui, Apollon. loo3.

RoxsARK. — /. Livre des Amnurs. 5

le monde des drogues, que j'ay cy dessus nommées. Hésiode le raconte au livre nommé Les œuvres et les jours. La raison de son nom est telle. Pan en Grec signifie tout : et doron est à dire, un don, ou présent. Elle fut donc nommée Pandore, parce que chacun des dieux luy lit un présent. Hésiode, [0. 80.]

ivi[jiï;vc oà TrjVos yuvaîxa IIavoa')py;v, oti ■::âvT£ç 'OXû[i.T:ia So')[j.aT' I^ovreç otopîv àowp'(;aav, T:fi[j. «vSpâaiv àAiiï;aTr(3'iv.

Or' son oracle.) La puissance de prédire les choses futures. Il regarde à ceste ancienne Cassandre, qui, comme jay dit, fut prophète. Venus son ris.) Venus est appellée par oracle [sic] Horace. Ioo3. 1.567. 1604], la riante,

Sive tu niavis Erycina rideiis.

Hésiode l'appelle ziko\j.s.'.oriC, c'est à dire aime ris : combien qu'aucuns baillent une autre exposition à ce nom, laquelle est moins honneste que vraisemblable. Dione sa beauté.) Dione, selon Homère au cinquième de l'Iliade, est mère à Venus. Hésiode en la Théogonie, la nombre entre les Nymphes de rOcean. Pithon sa voix.) Pithon est Déesse d'éloquence, ou de persuasion, nommée par les Latins, Suada, ou Suadela. Ceres son abondance.) Ses richesses. Hésiode sur la fin de la Théogonie raconte, que Plutus iDieu des richesses fut engendré de Ceres, et d'un nommé Jason. L'aube ses doits, et ses crins déliez.) L'aube, qu'on nomme autrement Aurore, est louée d'avoir beaux doits et beaux crins par les Poètes, qui la nomment ore ^s35âây.TuXsi;, ores £j-Aîy.a;j.sç. Thetis donna ses pieds.) Elle est appellée en Homère, la Déesse au pied d'argent, Ssà Qé-iç àpYupsirîÇa. Clion sa gloire.) Clion est une des Muses, de laquelle le nom est dérivé de la gloire, qui se nomme en Grec y.Xs:;. Et Pallas sa prudence.) Pallas autrement nommée Minerve, Déesse de sagesse.

BIBLIOGRAPHIE

Amours. 1552, 21; 1553, 37; 1567. I, 23 b; 1571,-2, 55; 1578, 5i. — i587, 1592. 35; IGOi, 1610, 1629, 37.

[XXXIII

D'un abusé je ne seroy ki fable,

Fable future au peuple survivant,

Si ma raison alloit bien ensuivant

4 L'arrest fatal de ta voix véritable.

Chaste prophète, et vraiment pitoyable, Pour m'avertir tu me prédis souvent.

Que je mourray, Cassandre, en te servant ; 8 Mais le malheur ne te rend point croyable. Le fier destin qui trompe mon trespas.

Lequel me force à ne te croire pas, 1 1 Pour me piper, tes oracles n'accorde.

Puis je V03' bien, veu lestât où je suis, Que tu dis vray : toutesfois je ne puis li D'autour du col me dénouer la corde.

MURET D'un abusé.) Il dit qu'au temps advenir, quand on voudra parler d'un homme qui ait esté bien abusé par amour, on parlera de luy, tellement qu'il

[XXXIIIj VARIANTES : 1. Te.\te.

i. Je ne serois d'un abusé la f. 1587. 1604. ItJlO. 1629.

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