Trempée en l'e. q. de m. p. d. 1587. 160i
XXXim] 1. LIVRE DES AIIOIJRS 69
Puis je me plains d'un portrait inutile, Ombre du vray que je suis adorant, Et de ces yeux qui me vont dévorant 8 Le cœur bruslé d'une flame fertile.
Mais par sus tout je me plains d'un penser. Qui trop souvent dans mon cœur fait passer 11 Le souvenir d'une beauté cruelle,
Et d'un regret qui me pallist si blanc. Que je n'ay plus en mes veines de sang-, 14 Aux nerfs de force, en mes os de mouëlle.
MURET
Las je me plains.) Il se plaint des soupirs qu'il gette, et des pleurs qu'il respand, sans qu'ils luy servent de rien. Il se plaint d'un portrait de sa dame, fait par Nicolas Denisot, duquel j'ay parlé cy dessus, lequel portrait ne peut donner suffisante allégeance à ses maux. Il se plaint des yeux, qui luy dévorent, et enflament le cœur : d'un penser, qui perpétuellement luy représente sa dame : et d'un regret, qu'il a de se voir ainsi captif, lequel regret le fait envieillir devant ses jours, luy ayant ja consumé les principaux soustenemens de sa vie.
BIBLIOGRAPHIE
Amours. 1S52, 22; 1553, 40; 1567. I, 25; 1571,-2, 59; 1578, 58; 1587, 1592, 38; 1604, 1610, 1629, 40.
[XXXIIII] VARIANTES : 1. Texte.
8. Le c. b. d'u. f. gentille 1552. 1553. 1567. 2. Commentaire.
Las ! je me plains.)l\... respand : puis il dit que sa chaleur amoureuse luy semble plus douce quand elle est trempée dedans ses larmes. Il- se plaint... vie. — Mouelle.) Est tousjours de trois syllabes en nostre Autheur. 1587. 1604. 1610. 1629.