GRISERIE D'AMOUR
Le petit cadran enchâssé au clocheton de la bibliothèque de Miss Jane indique minuit. Dans le salon nous trouvons Pierre Lebon et
Miss Jane assis côte à côte sur une large ottomane.
Ils arrivent de l'opéra.
Ce soir-là, Miss Jane avait octroyé à sa fille de chambre un congé illimité, en sorte qu'elle était tout à fait seule avec Pierre.
Et Pierre Lebon, à ce moment, conservait sur sa physionomie rayonnante toutes les marques du plus parfait bonheur. Et voici ce qu'il disait, enivré qu'il était du sourire caressant et enjôleur de Miss Jane:
— Medemoiselle, voulez-vous me dire ce que j'ai pu faire pour mériter de votre part tant d'attentions délicates et d'égards?
— Vous m'avez rendu un si inappréciable service! murmura la jeune fille.
— N'est-ce que cela? fit le jeune homme en riant.
—Ensuite, reprit la jeune fille, vous vous êtes montré si gentil, si courtois, si charmant...
— En sorte que je vous plais un peu? sourit Pierre en rivant ses yeux brillants sur ceux de Miss Jane.
— Dites "beaucoup", monsieur Lebon!
— ^Mais si je vous plais tant que ça, c'est donc que vous avez pour moi quelque amitié?
— ^Vous me feriez injure d'en douter! répondit gravement la jeune fille.
— ^Et ce serait une autre injure de ma part que de ne pas vous rendre cette amitié?
— Non, je ne voudrais pas vous en faire reproche, répliqua vivement Miss Jane, vu que nos sentiments intérieurs ne sont pas l'oeuvre de notre volonté; parce que ces sentiments naissent d'eux-mêmes comme à notre insu, parce qu'ils vivent avec nous sans que nous alimentions la source de leur vie, parce qu'ils s'en vont sans que nous sachions ni comment ni pourquoi! D'où vient, par exemple, cette sympathie qu'on éprouve tout à coup pour une personne que l'on connaît à peine? Et d'où vient que cette personne éprouve pour nous un sentiment tout opposé? Pourrais- je sans injustice à cette personne reprocher un sentiment dont elle n'est pas maîtresse, et qu'elle ne me doit pas? Mais il arrive aussi et souvent, comme j'ai pu le constater déjà, que le même sentiment de sympathie est réciproque.
— Oui, ceci arrive. Mais il arrive aussi que si, sur le coup, ce sentiment n'est pas mutuel, il est apte à le devenir par un rapprochement entre ces deux personnes. Sitôt que la liaison des corps a commencé, aussitôt se crée entre les esprits cette affinité de pensée et de sentiment d'où se dégage l'estime, puis de cette estime jaillit l'amitié, et de l'amitié...
Pierre se tut pour concentrer ses regards amoureux sur la jolie fille. Elle, un peu rougissante, ses paupières à demi closes sur des yeux éclatants d'effluves magnétiques, ébaucha sur ses lèvres humides un sourire angélique. Ce sourire tenta Pierre ... il eut envie de le puiser sur ces lèvres rouges et de s'en griser! Et déjà il penchait la tête... mais la jeune fille demandait dans un sourire caressant:
— Et de l'amitié? . . .
Son sourire se fit séducteur.
— ^De l'amitié. . . naît l'amour! murmura Pierre d'une voix à peine distincte, tandis que ses
mains saisissaient l'une des mains parfumées de la jeune fille.
— L'amour! . . . répéta Miss Jame dans un murmure très doux, tandis que son sein éprouvait de soudaines palpitations.
Pierre garda le silence. Ses mains moites serraient la petite main tremblante de la jeune fille qui la lui abandonnait, et ses yeux troublés, pleins de vertiges et d'éclairs, se rivaient avec une sorte d'extase sur la radieuse physionomie de Miss Jane. Il semblait savourer à l'avance toutes les délices que lui promettait cette créature divine, et ne pouvant s'en griser, il se grisait de ses propres pensées!
— Oui. . . l'amour! balbutia-t-il enfin d'une voix tremblante... Cet amour irrésistible qui nous fait naître, qui nous fait vivre . . . qui nous tue!
Et bien que Pierre eût dit ses paroles d'un voix très douce, Miss Jane tressaillit, perdit soudain son sourire, et sa main dans celles de Pierre frémit.
Pierre vit ce changement, il perçut ce frémissement, il en éprouva un chagrin. Aussi ajouta-t-il aussitôt:
— Ah! pardonnez-moi de vous parler ainsi. Que voulez- vous? .. . C'est plus fort que moi! J'ai tout fait pour résister à cet entraînement. Je me suis dit que de telles paroles pouvaient vous éloigner de moi. J'ai même pensé que vous pouviez me mépriser. Et je me suis représenté que votre coeur n'était pas libre, que je n'avais nul droit de vous dévoiler le secret de mon coeur. Je me vis même méprisable, odieux, chassé par vous. Et en dépit de tout cela, mademoiselle, je n'ai pu me contenir, car je me sentais trop malheureux à garder pour moi seul ce que je sentais le besoin de vous dire. Car je souffrais horriblement à comprimer mon coeur ainsi! J'ai songé que mon supplice serait plus tolérable même si vous me chassiez! Et ma torture, Jenny... oui, ma torture a fait naître mon audace ! . . . M'en voulez-vous? Dites!... Dites-moi seulement que je vous ai offensée, et je serai bien heureux de souffrir tout ce que vous voudrez que je souffre pour expier!
Pierre s'arrêta, haletant, le front baigné, les lèvres pâles et crispées par un sourire d'affreuse angoisse. Il serra plus fortement la petite main de Miss Jane et ajouta, sa gorge exhalant comme un râle:
— Dites... dites-le-moi!
— Elle, plus rougissante, plus palpitante, pâlissant elle aussi, pencha sa belle tête aux senteurs enivrantes jusque sur l'épaule du jeune homme, et, dans un murmure si doux qu'il sembla à Pierre un murmure d'ange du ciel, elle répondit:
— Pierre... je vous aime!
Le jeune hômme fut secoué par un long frisson, sa tête oscilla comme sous l'effet subit d'un étourdissement, ses yeux se dilatèrent sous la joie immense qui gonflait son âme, et, sans savoir, inconscient, il posa ses lèvres brûlantes sur le front laiteux et pur de Miss Jane.
Et elle, fermant tout à fait ses paupières et toute frémissante s'abandonna . . . Puis de sa
voix douce et métallique qui résonna comme une musique de rêve, elle murmura encore:
— Je t'aime. . . mon Pierre!
Pierre qui. de son bras droit avait entouré la téte rousse et odoriférante de Miss Jane, tandis que sa main gauche conservait et pressait la main droite de la jeune fille, murmura:
— Quel ciel, inconnu jusqu'à ce jour, vous me faites entrevôir, ma Jenny! Pour moi vous avez fait de la terre un paradis! Vous dites que vous m'aimez... et moi qui n'osais vous avouer ce que mon coeur rugissait! Moi qui vous aimais jusqu'à la vénération depuis ce soir de bal où je vous ai tenue un moment à mon bras! Oui. dès le jour ou je vous vis, Jenny, je sentis tout au tréfonds de mon être qu'une vie nouvelle commençait pour moi, je sentis que je vous appartenais pour le reste de l'éternité! "Votre image fut pour toujours devant mes yeux! A chaque fois que je vous revoyais, après ce soir-là. je brûlais d'une folle envie de vous prendre dans mes bras, et de vous crier tout Tardent amour qui me consumait! Vous étiez devenue toute ma pensée, toutes mes aspirations, toute ma vie! Et si je songeais à une prochaine séparation, j'endurais un supplice inouï! Car je m'étais habitué à vous au point qu'une séparation m'apparaissait impossible! sans vous près de moi, je sentais que mon existence serait un enfer! Et près de vous je jouissais d'une incommensurable joie! Ah! enfin... cette joie et ce bonheur tant désirés, si ardemment souhaités, si souvent rêvés et dont parfois j'ai douté, vous venez d'un mot, ma Jenny, de les réaliser! Vous faites de moi ce que Dieu peut-être avec toute sa puissance n'aurait pu faire . . . l'homme le plus heureux de la terre ! mais qu'ose- je dire! Est-ce que vous n'êtes pas une créature de Dieu? N'est-ce pas Dieu qui vous a envoyé de son Paradis vers moi?... Oui, oui, je le crois, ma Jenny, je le crois...
Pierre devenait-il fou?... Peut-être!
Et Miss Jane, cette ensorceleuse, se serrant davantage contre lui, ses yeux dans ses yeux, ses lèvres rouges effleurant ses lèvres blêmes, oui. Miss Jane répondit:
— Pierre, je vous aimais aussi dès le premier jour, et de ne pas vous le dire j'ai autant que vous souffert! Mais bah! ces tourments appartiennent désormais à l'histoire du passé! Ne pensons plus qu'à nous aimer et assurer notre bonheur pour toujours! Car, voyez- vous, Pierre, si jamais je vous perdais, je sens que je mourrais! Que deviendrais- je, seule? Que ferais- je, le coeur plein de vous-même? Ah! vous perdre, Pierre . . . cette pensée suffit pour me bouleverser d'épouvante! Non!... dites-moi, Pierre, que nous resterons toujours ensemble! Dites-moi, Pierre, que vous me 'garderez toujours!
— Toujours... toujours... répétait Pierre.
Et alors, ce Pierre, tout à fait épris, fiévreux, aveuglé... Pierre, qui ne songeait plus au passé, ni au présent, ni à l'avenir... qui oubliait son Chasse-Torpille, ses plans, son modèle et Kuppmein! Pierre, qui oubliait tout... qui oubliait Henriette, la douce et mignonne petite canadienne qui avait tant fait pour lui! Oui, Pierre, qui vivait à cette minute dans un de ces vertiges d'amour qui, dès qu'ils se dissipent.
peuvent détraquer le cerveau le mieux constitué, Pierre Lebon, disons-nous, ne voyait pas que, au coin des lèvres exquises dont il rêvait de savourer les délices, s'amplifiait un sourire de cruel sarcasme. . .
DEGRISEMENT
Les quatre jours qui suivirent furent pour Pierre Lebon la griserie complète. Pendant ces quatre jours il demeura sous le charme fascinateur de Miss Jane. Pendant ces quatre jours Pierre ne sortit que pour la nuit de l'appartement.
Et durant ces quatre jours Pierre oublia presque qu'il faisait partie de notre triste humanité. Mais au cours de ces quatre jours Miss Jane finit, elle, par savoir de Pierre ce qu'elle voulait savoir: c'est-à-dire 'l'endroit précis où était le modèle du Chasse-Torpille.
Dans la matinée du cinquième jour, peu après l'arrivée de Pierre, Rutten se présenta chez Miss Jane. La jeune fille reçut le capitaine dans l'antichambre et lui dit en posant un doigt sur sa bouche:
— Silence. . . et suivez-moi sans faire de bruit!
Et, suivie du capitaine qui marchait sur la pointe des pieds, elle s'approcha de la porte du salon.
Par l'entrebâillement de la porte le regard de Rutten tomba sur Pierre allongé sur l'ottomane.
Miss Jane ébaucha un sourire cruel. Puis elle entraîna vivement le capitaine dans le fumoir.
Après avoir soigneusement ramené ensemble les lourdes draperies de l'arcade de façon à intercepter le bruit des voix. Miss Jane dit:
— Je sais ce que nous avions intérêt à savoir.
— Enfin! exclama le capitaine avec un geste de jubilation,
— Oh! poursuivit Miss Jane avec une expression de joie origueilleuse dans l'éclair de ses yeux, ça n'a pas été sans peines!
— Il est donc têtu, ce monsieur Lebon! ricana Rutten avec sarcasme.
— C'est-à-dire qu'il est indomptable!
— Pour toute autre que pour la séduisante Miss Jane! complimenta Rutten de sa voix nasillarde.
— J'ai pourtant plus d'une fois désespéré.
— Qu'importe! puisque vous tenez le succès! Alors, où donc serait casé cet estimable modèle?
— Je vais vous le dire . . .
Miss Jane s'interrompit pour jeter ses regards sur les draperies de l'arcade. Au même instant Rutten tressaillit. Au salon, un léger bruit venait de se faire entendre. Mais aussitôt tout retomba dans le silence.
— Il rêve, murmura Miss Jane avec un sourire tranquille, ce n'est rien. Mais pour plus de sûreté, je vais vous confier la chose à l'oreille, approchez!
Miss Jane, comme toujours était allongée sur
la méridienne. Rutten se pencha vers elle, tout près. . . Et pendant plus de dix minutes la jeune fille parla à l'oreille du capitaine dont la figure se recouvrait peu à peu d'une expression de joie intense.
Quand Miss Jane eut achevé son récit, le capitaine se redressa en esquissant un geste de triomphe. Mais de suite la jeune fille ajoutait à voix plus haute:
— Il n'y a donc pas d'erreur possible, et avec seulement un peu d'adresse et de nerfs vous pourrez vous emparer du modèle. Et alors. . .
—Alors?
— J'aurai bien, je pense, gagné mes cent mille dollars!
— Certes, admit Rutten. Même, ajouta-t-il avec un sourire énigmatique, que vous pourriez gagner quelque mille en plus!
— Expliquez-vous, dit Miss Jane en dressant l'oreille.
— Je dis que si vous vouliez gagner quelques milliers de dollars en surplus . . . vous n'avez qu'à me le dire!
— Que faudrait-il faire?
— Une chose simple!
— Quoi encore? interrogea Miss Jane très curieuse.
Rutten garda un instant le silence durant lequel son sourire énigmatique parut s'amplifier, puis il répondit:
— Venger Kuppmein!
— En dénonçant le capitaine Rutten? se mit à rire la jeune fille.
Rutten tressaillit, fronça les sourcils et pensa :
— Oh! oh! . . . Miss Jane deviendrait-elle amoureuse de Lebon au point de me sacrifier ensuite?... Voilà ce qu'il me faudra savoir bientôt!
Mais aussitôt son visage reprit son masque de placidité ordinaire, un sourire candide courut sur ses lèvres et il dit:
— C'est bien. Miss Jane, dénoncez-moi! Mais auparavant ayez soin d'avoir de bonnes preuves en mains!
Miss Jane ricana.
— Non... ne craignez rien, mon cher Capitaine, répliqua-t-elle. Je tiens trop à votre santé, à mes cent mille dollars et à notre prochain voyage en Allemagne!
— Eh bien! alors, et ma proposition?
— Soit, je veux vous faire ce plaisir de venger Kuppmein. Seulement, je ne vois pas bien de quelle façon nous pourrions accomplir cette noble vengeance.
Rutten eut un sourire diabolique, se pencha à l'oreille de Miss Jane et murmura quelques paroles mystérieuses.
La jeune fille frémit légèrement. Mais sans perdre son sourire moqueur et cruel, elle fit entendre cette exclamation:
—Oh! oh!...
— Hein!... que dites- voljs de cela? reprit Rutten, la voix plus nasillante. Et observez, ajouta-t-il, que nous sommes pour toujours débarrassés de lui!
— Vous avez peut-être raison, répliqua Miss Jane en devenant très grave. J'y songerai capitaine. Mais dites-moi quand vous vous rendrez à Montréal?
— Ne m'avez-vous pas dit que votre William
Benjamin allait venir rejoindre Lebon à New York?
— C'est ce que j'ai cru comprendre.
— Dans ce cas, ne vaudrait-il pas mieux attendre l'arrivée de ce Benjamin, que de risquer de l'avoir dans les jambes là-bas?
— Peut-être bien! Néanmoins, ce sera une perte de temps précieux. Il est vrai que Lebon n'est pas à craindre en ce moment. Mais il pourrait se produire quelque incident imprévu. Car il n'ignore pas qu'un certain capitaine Rutten, ayant ou ayant eu des relations avec feu Kuppmein, loge au McAlpin, Il est vrai aussi que j'userai de tout mon pouvoir féminin pour le maintenir près de moi autant que possible.
— Oubliez-vous déjà, interrompit froidement Rutten, le moyen que je vous ai indiqué tantôt pour réduire cet homme à l'impuissance complète et finale?
— Non, certes, puisque cela me soulagerait d'une besogne dont je commence à me lasser.
Rutten exprima un sourire énigmatique.
Miss Jane, à cet instant, suivait des yeux les couronnes de fumée blanche qui s'envolaient de sa cigarette, et elle ne vit pas le sourire du capitaine. Elle poursuivit:
— Mieux je veux y réfléchir et prendre des précautions pour ne pas nous exposer. Et pas plus tard que demain, je vous ferai part de mes réflexions.
—Bien. Donc, quant à mon voya/ge à Montréal, j'attendrai le venue à New York de Benjamin avant de l'entreprendre.
— Comme vous voudrez, répliqua Miss Jane. Mais en attendant je vous donnerais bien un conseil. . .
— Lequel?
— Celui de changer d'hôtel.
— Oui, votre conseil tomba à propos, car j'ai précisément besoin d'un changement de domicile comme d'un changement d'air. Et votre conseil, je vais de ce pas le mettre en pratique,
Rutten quitta son siège, prit son chapeau et sa canne et dit:
— A demain!
— Permettez que je vous reconduise, fit Miss Jane en se levant.
Elle alla à l'arcade, écarta doucement les draperies et plongea un regard ardent vers l'ottomane.
Elle tressaillit fortement, d'un geste brusque elle écarta tout à fait les draperies, pénétra dans le salon et s'arrêta aussitôt en proférant une exclamation de surprise.
Rutten, qui l'avait suivie de près, s'arrêta aussi en manifestant une grande stupéfaction.
Et tous deux, durant un silence terrible, se regardèrent avec inquiétude . . . Pierre Lebon n'était plus couché sur l'ottomane, et le salon était désert!
A la même minute, comme prise d'un fol espoir. Miss Jane se rua vers l'antichambre.
Là encore la pièce était déserte.
— Il est parti ! . . . balbutia Miss Jane en chancelant.
— Parti!... répéta Rutten en pâlissant.
— S'il avait galgné son hôtel?... fit la jeune fille en réfléchissant.
— Et s'il avait surpris notre conversation? murmura Rutten avec épouvante.
— Non . . . cela n'est pas possible ! répondit Miss Jane d'une voix presque rauque. Puis elle s'écria avec un accent désespéré:
— Que faire, grands dieux!
— Courons à l'Hôtel Américain! suggéra Rutten.
— Et après?
— S'il est là. usez de votre charme fascinateur pour le ramener à vos pieds!
— Mais si, cette fois, mon charme demeurait impuissant?
Leurs regards se croisèrent, se comprient, et leurs lèvres dessinèrent un sourire terrible.
Le capitaine Rutten gronda:
— En ce cas, tant pis pour lui!
Soit donc . . . grinça Miss Jane, Allons à l'Hôtel Américain!
Le chauffeur conduisit Pierre sur Broadway. Là, notre ami rédigea cette dépêche qu'avait reçue Henriette à Montréal et qui était ainsi conçue :
Je tiens Kuppmein. Il n'a pas les plans. Mais suis sur la trace. Que dois-je faire de Kuppmein? J'attends instructions...