FRÉDÉRIC, UR1ELLE
urielle. Monseigneur est- il content de son page?... frederic éclatant de rire
Enchanté!... grâce à loi, me voilà plus riche que jamais!... toute ma fortune m'est revenue... et mes amis ont fait comme ma fortune!...
urielle. C'est l'usage!...
FREDERIC
J'ai peur seulement que tu ne fasses payer un peu cher tes services... que lune prêtes les fonds à gros intérêts!...
URIELLE
Allons donc!... me prenez-vous pour un usurier?...
FREDERIC
Peut-être bien! et maintenant! sors! laisse-moi seul! urielle. Non pas maître... je reste.
frederig. Et pourquoi?
URIELLE
Parce que je lis dans votre cœur ce qui s'y passe...
FREDERIC
Mais, sais-tu que c'est fort incommode cela?
urielle d'un air soumis Si vous me le défendez... je fermerai les yeux... frederig. Et que lis-tu?...
urielle Du trouble... delà tristesse... une vague émotion!
FREDERIC
Eh bien!... tu dis vrai... chaque nuit une étrange vision vient agiter mon sommeil! et quoique le jour la dissipe... son souvenir me poursuit encore malgré mô'i!..
urielle. Ah contez-moi donc cela, Monseigneur... Urielle, placée derrière Frédéric, murmure ù son oreille le
refrain de chaque couplet.
FRÉDÉRIC
Premier Couplet Dans un rêve délicieux J'entends une douce harmonie!
Et puis, à mon âme ravie, Paraît un être vaporeux, Ange ou femme, dans le délire Que sa vue excite en mes sens, A mon oreille elle soupire.
Ces mots que sans cesse j'entends :
Un j'>ur, un jour,
De ton amourl Et puis l'éternelle souffrance!
Puis le malheur sans espérance,
Pour un seul jour
De ton amour!
Deuxième couplet D'un beau ciel bat yeux ont l'azur!
D'un enfant elle a le sourire, El près d'elle sa main m'attire Par un charme enivrant et pur!
(Examinant de plus près le page.) Mais mon cœur esl-il en délire?
11 retrouve en te regardant Tout ce que je viens de décrire...
Sans que lu parles... il entend...
Un jour, un jour, etc.
crielle à pari Oh! si j'osais lui dire... si en parlant je ne devais pas le quitter à jamais!...
Frédéric revenant a lui Mais non... c'est encore une erreur de mes sens... de ma raison troublée par tout ce qui m'arrive!... une fois, déjà, dans le vieux manoir... j'ai cru trouver une pareille ressemblance avec cette créature... mais comme alors, je me trompais encore... {A Uricllc.) Approche! viens ici!...
urielle tremblant. Me voici, maître...
Frédéric l'examinant Non, non les yeux de l'autre sont plus tendres!., plus doux!... il n'y brille pas, comme dans les siens... celte flamme infernale!... et puis, cette taille souple et fine... ces longs cheveux d'ébène... j'étais fou!... et mon esprit, malade et troublé, a pu seul trouver de pareils rapports!...
crielle le regardant en dessous Vous dites, maîtres?...
FRÉDÉRIC
Je dis, que pour combattre les rêves et les maléfices dans lesquels tu as peut être ta pari!... je matlachcrai aux réalités... je songerai à mes anciennes amours...
à la Pliœbée... une femme adorable... avec qui je me suis fort mal conduit!...
URIELLE
Phœbée est une coquette, qui ne vous a jamais dit la vérité!...
FREDERIC
Qui est-ce qui la dit, dans ce monde?...
urielle. Qui ne vous aimait pas...
Frédéric. Tu mens!...
urielle. Qui ne tenait qu'à votre or...
Frédéric Tu mens?...
lrielle. Qui vous en préférait d'autres...
FREDERIC TU mClISÎ...
urielle. Qui vous trompait avec eux!...
FREDERIC
Tu mens! le dis-je... par ta bouche de diable et à moins que tu ne me le prouves...
urielle. Rien n'est plus facile...
Frédéric Et comment?...
URIELLE
Elle vous dira elle-même ce qu'elle pense de vous... ce qu'elle fait de vous... et ce qu'elle en veut faire... car elle se rend en ces lieux, on va \ous l'annoncer... un valet paraissant La signora Phœbée!... (// sort.) frederic à Urielle
Il a dit vrai! El comment ce prodige s'accompli-
ra-t-il?
urielle allant prendre le chapeau de Frédéric et le lui mettant dans la main Voilà celui qui fera ce miracle!
frederic stupéfait Mon chapeau?
URIELLE
Toute les fois que vous le pincerez sur votre tête... votre belle maîtresse vous cachera sa pensée sous des propos menteurs, elde fausses tendresses...
freueric. Après!...
urielle continuant ... El dès que vous le tiendrez à la main, la vérité s'échappera des lèvres de la traîtresse, sans qu'elle s'en doute, et tout en croyant vous tromper encore.
FREDERIC
Eh bien*.... soit!.... j'accepte cette étrange épreuve... mais si elle réussit, je me déferai de ce chapeaula.... ce serait une coiffure trop effrayante!.. urielle gaiement
Et vous ferez bien, maître!... car vous ne garderiez avec lui ni maîtresse, ni ami!