SCÈNE IX
Lis Mêmes, JULIAN.
julian. Je vous dérange... Pardon.
HÉLÈNE. Lui! lait
julian. Je me trouve bien ici et j’y reste! Vous concevez que je n’ei point envie de retourner au bagne...
uélèns. Retourner au bagne I
MANOEL. Vous VOUS été* donc évadé?
julian. Mon Dieu, ouil Et ce n'e*t pas ma sœur qui me livrerai
Hélène. Que demandez-vous?
jULtâX. H faut avant le jour m'avoir procuré Tes moyens de passer en Espagne , une chaise de poste, un paise-porl, une garde-robe complété, pas mal d'argent; la moindre chose enfin... Et «prés, je déguerpis de mon pied leste, et je vous laisse tranquilles.
manoel. Dans deux heures tout sera prêt.
Hélène. Va, mon noble Manuel, et sois béni par la femme, par la mère!...
manoel. Cependant , j'hésite à te laisser | seule...
! Hélène. Ne crains rien I tout n'est pas éteint eu lui, je l'espère, je saurai parler à son cœur! ...
manoel- Ah ! Dieu nou» doit vraiment le repos après une telle épreuve. (Il sort par ta parte latérale devant laquelle Julian te place vivement,,
JUUM. Bon voyage, beau-frère! (4 peine J 1anoêl a-t-tl franchi le te utl. que For fautas et tes matelots te jiettenl sur fui.)
manoel, te défendant. Misérables! lll en terraste quel^ues-unt. mais sur un ligne de Pimtlri, on te précipite de nouveau sur lui' et on le bâillonne.) Hélène! Marie!...
Hélène. C'est la voix de Msnoêl.
julian. Tu ne passeras pu !
Hélène. Ah! Julian!..
jduan, la repoussant arec force. Tu ne passeras pasl ..
juuan. » , voua plama... Alors, je porterai tout seul la santé de monsieur Bclzébutli, notre collaborateurl... Ce cognac est inouï!
, PIMITM Tant raieu*. mon cher Julian, car < est à votre intention que je l’ai acheté.
juuan. Ah! sacripant I que vous connaissez bien mon faible! j al toujours adoré Peau-de-Vic. ! et je crois qu'en nourrice j>n aurais bu volontiers à la piace de lait. Parlez-moi aussi de l'i* '<<<«« qu elle donne, c'est la seule qui ail du caractère el qui éclate comme la foudre.
WM1TRI, à part. Il ne fera dans une heure d’ici.
pas bon lui résister
julian. N'oublier pas surtout d'en garnir I caisse de notre voiture.
niMirni. C'est déjà fait !
jl'LIan. À la bonne heure... Ainsi, nous par- 'ons toujours la nuit prochaine? 1
niutrai. Toujours.
JPUAN, après un silence. Avec ma sœur?
uiMirai. Oui, certes. — Et songez bien. Julian, que vous me devez votre délivrance, qoa vous m appartenez tout entier, et que la moindre perfidie contre moi vous ferait retourner...
juuan. Tonnerre... ne parions pas de celai
DiuiTKi. La moindre désobéissance à nirg volontés vous perdrait sans retour, car, vous le savez, je suis le plus fort !
JCU4N. C’en vrail et. en vérité, je vous admire! Comment se fait-il que, dans le* entre» prises les plus audacieuses, vou* n'ayez jamais eu maille à partir avec la justice?
dimithi. J’ai un talisman.
jullvn. Je crois le connaître.
dimitrî. Voyons.
juuan. Industriel d'un nouveau genre, vous
avfî poussé an dernières limite* le talent da l’tiiiloi talion , rn enrôlant à votre service tout le* nomme*... incompris que I* société repousse, en les prenant pour auiiliaires, mais sans qu'on vous soupçonna jamais d’êtee leur compilée!... Oh I vous été* un grand homme ! Pour ma part, je ne voua reproche qu'une faiblesse. .
nmiriii. Laquelle t
JtJLisn. C'eat de ne paa aimer le cognac... A la santé de la banque mystérieuse !
f'iMiTRi. Vous voilà devenu mon premier commit, et nous allons fonder une succursale à Madrid, dans les meilleures conditions.
JUUAN. Et qu’avez-vous dit à monsieur da Yilhena pour eipliquer ce brusque départ ?
dimitri. Bon ! Je lui ai fait là-desaus un conte irrésistible, et pour qu'il ne nous dérange point cette nuit, je l'ai envoyé au Rocher-Blanc, où il doit avoir une dernière entrevue avec Forfantes avant le départ du Platon. Quand je vous aurai , installé là-bas comme il faut, je reviendrai prés de lui pour hâter l'éclosion du fameux héritage. ! Avex-vous déjà préparé votre scrur ?
joli a». M a foi, non , elle pleure.. - Oh! mais, il faudra bien qu'elle obéisse, pourtant I.. Le fils démon père voudrait être déjà loin, je voua en réponds. — Le plus difficile sera de La séparer de sa fille... Dites donc, Dimitri, est-ce que c'est absolument nécessaire de lui enlever son enfant?
MMimi. L’enfant de Manoél! pardieu! puisque je veux. .. puisque nous voulons hériter de monsieur de Vilhfua.
JL'LuN. Mais...
miiitki. Descendons un instant sous ces arbres et je vous donnerai mes dernier» instruction».
JULIAN. J'aime peu sortir en plein jour...
dimi-Aii. itahl personne ne nous verra. (Ifontrant ta porte latérale.) Ah! c’est par ici que je dois revenir... Je prends la clef.
JUUAN. Faites.
oiturni. Venu, mon cher, veort. (Us 10 rient par le fond.)