Voici cette lettre
Cliallay, le 15 janvier 1820.
Monsieur, je crois que vous avez connu autrefois M. de Musset, gentilhomme d'une des anciennes familles de mon voisinage, et qui n'est pas aussi heureux du côté de la fortune que de celui de la naissance. Il avait jadis auprès de moi, dans les bureaux; du génie, un emploi, où vous devez l'avoir connu et soi! équivalent lui seroit bien nécessaire pour soutenir son intéressante famille.
Votre mérite. Monsieur, vient de vous élever à un poste où vous pouvez rendre bien des services. Je vous aurais une bien grande obligation s'il vous éloit possible de rendre quelque service à M. de Musset, auquel depuis longtemps je prends le plus vif intérêt. Je regarderais comme rendus à moi-même ceux que vous voudrez bien lui rendre.
Je saisis avec grand plaisir cette occasion de me rappeller à votre souvenir et de vous assurer de la haute considération avec laquelle je suis, Monsieur,
Votre obéissant serviteur.
Le G"' Mahescot.
A M. de Perceval, secrétaire général de la Guerre. (Arch. min. de la Gueri'e).
Monsieur,
J'ai l'honneur de vous passer une lettre du ge'ne'ral Marescot dont j'ai cru que le souvenir et la recommandation auprès de vous pourrait être de quelque poids. Plusieurs circonstances favorables, telles que des rapports entre votre famille et celle de ma femme; entre vous et M. Desherbiers, mon beaupère, vénérable vieillard {sic) qui, du fond de la province, demande souvent de vos nouvelles ; enfin des marques de bienveillance de votre part, semblaient devoir m'encourager à en réclamer une nouvelle preuve ; mais je n'ai point osé, quelque puissantes que me parussent être ces considérations. Le général vous explique assez l'objet pour lequel je voulais avoir recours à vous. Je n'ai plus d'emploi, je suis père de famille et je cherche du travail.
Je suis, avec respect. Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
\ . DE Musset.
Paris, rue Cassette, n» 27 : 20 janvier 1820 '.
Paul de Musset assure qu'en 1821, à la suite de sa publication des œuvres de Rousseau, Musset fut pris en amitié par M. de Sémonville, qui le fît nommer bibliothécaire à la Chambre des pairs. 11 se peut que cela soit, mais de 1820 à 1828, Victor de Musset n'en
i. Arch. Min. de la Guerre.
multiplia pas moins ses démarches pour être réintégré au ministère de la guerre.
En 1822, il adresse au ministre cette suplique, dans laquelle, vraiment, son royalisme déborde. En voici le texte :
A S. E. le Maréchal duc de liellune, ministre de la guerre.
Monseigneur,
Victor-Donatien de Musset-Pathay a l'honneur d'exposer à Votre Excellence qu'il a été employé dans les administrations militaires de 1793 jusqu'en 1811.
En 1805, Son Excellence le duc de Feltre, avec lequel il avait été élève du roi à l'école royale de la Flèche, le nomma chef des bureaux de la première inspection générale du génie.
Etant employé militaire, il eut le bonheur d'arracher en 1793, 1794, 1795 plusieurs victimes à l'échafaud. De ce nombre était M. Jolivet, attaché à Son Altesse Royale Monsieur. Ce prince lui envoya la croix par M. le comte François d'Escars.
Honoré de l'intérêt de Son Altesse Royale, tant pour ce fait que pour la bienveillance qu'elle porte à Monsieur l'évêque d'Evreux, parent de l'exposant [le comte Bourlier d'après l'almanach de 1821, MB-" Salmon-Duchatellier, d'après celui de 1822], il prie Votre Excellence de le replacer dans les bureaux de la guerre.
Son frère, l'un des otages du Roi, a été tué à l'affaire d'Obercambach dans les chasseurs nobles de Condé, OLi il était sous-officier.
L'exposant est personnellement connu de Messieurs de Perceval et de Croltat.
En 1818, il a été compris dans une réforme qui, en le privant de ses ressources pour élever ses trois enfants, le met dans une position pénible.
Je suis, avec respect, Monseigneur, de Votre Excellence, le très humble et très obéissant serviteur.