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Les ancêtres de Bretonneau

La généalogie de la famille Bretonneau n’a pas encore été établie. Il y avait cependant un certain intérêt à connaître les ascendants de notre célèbre docteur tourangeau. Les renseignements que j’ai pu recueillir, dans les diverses localités habitées par les membres de cette famille, en Anjou et en Touraine, m’ont permis de rattacher, par une filiation ininterrompue de praticiens éclairés et d’écrivains de valeur, Pierre-Fidèle Bretonneau à son ancêtre René Bretonneau, — plus connu sous le nom de Bretonnayau, — médecin qui, au xvie siècle, jouissait d’une grande réputation et exerçait à Beaulieu-lès-Loches.

I. — Le premier auteur connu de la famille Bretonneau , Jean Bretonneau l, était, vers 1522, docteur en médecine aux Herbiers (Bas-Poitou) ; on le retrouve en 1540 habitant l’Anjou. Ne serait-il pas le même que le Jean Bretonneau qui, d’après Beauchet-Filleau, épousa aux Brouzils (Bas-Poitou), le 14 septembre 1533, Marie Maingarnaud, hile aînée de Guyon Maingarnaud,

1 Ce nom est orthographié: Brethoneau, dans un acte du 13 janvier 1522 ; Berlhonneau dans des actes du 15 février et 2 août 1540 ; Bretoniau dans les registres de l’état civil de Beaulieu.

écuyer, sr de la Grenouillère et de Gillette Prévost 1 ? Jean Bretonneau eut au moins deux fils :

1° René qui suit ;

2° Un fils, auteur d’une branche fixée en Bretagne et représentée, en 1671, par Jean Bretonneau, docteur en médecine à Vannes, fils d’autre Jean Bretonneau, me chirurgien 2.

IL — René Bretonnayau3 — ou plutôt Brethonneau, si on s’en rapporte aux registres de l’état civil de la Haye, en Touraine — - nous apprend lui-même qu’il était angevin et natif de Vernantes4. Il exerça de bonne heure la médecine et sut se créer de nombreux protecteurs, parmi lesquels il convient de citer M. des Pruneaus qui devint plus tard Chambellan et conseiller des affaires et conseils de son Altesse. Bretonnayau lui conserva une profonde gratitude et lui écrivait en 1583, de Beaulieu-lès-Loches : « Monsieur5; « les faveurs et bienfaits que j’ay tant de fois receu de « vous (que le temps, absence, ne distance de lieux a n’effaceront jamais du tableau de ma mémoire) me

1 Beauchet-Filleau : Dictionnaire des familles du Poitou, 2e édit., t. Ier, p. 748. — Beauchet-Filleau cite encore plusieurs personnages clu nom de Bretonneau qui habitaient le Bas-Poitou et pourraient être des ancêtres de Jean : Olivier Brethonneau, ec. seigneur de Puy- Guillaume et de Puy-Morin (1491), père de Olivier, ec. seigneur de Puy-Guillaume, marié à Jeanne de Montournois (vers 1511) ; Jacqueline Bretonneau, mariée, vers 1500, à Nicolas Le Bœuf, ec. seigneur de la Thibaudière,veuf de Catherine du Plessis (id.,p. 493, 571, 747).

2 Voir ci-après p. 21. — Cette branche portait: d’argent au chêne de sinople soutenu d’un croissant et accosté de deux étoiles de gueules.

3 L’orthographe Bretonnayau se rencontre sur le titre du traité de la Génération ; Brethonneau dans les registres d’état civil de la Haye ; Bporwvaoç dans un poème grec de P. Moreau, publié dans le traité de la Génération ; Bretonnyau, dans la biographie de Colletet.

4 Titre du traité de la Génération.

5 En tête du traité de la Génération.

(( rendent maintenant si hardv que de m’adresser à (( vous . ))

Les raisons qui déterminèrent Bretonnayau à se fixer en Touraine restent assez obscures ; Colletet donne pour motif « que s’étant adonné à la médecine en « laquelle profession il réussissait à merveille, mais que (( néanmoins, comme le prophète ne passe pas toujours a comme prophète dans son pays, il quitta l’Anjou et a vint en Touraine où il s’habitua en la ville de Loches * » . Il est probable que Bretonnayau quitta Vernantes pour cause de religion ; il était, en effet, protestant1 2 et dans l’Anjou demeuré catholique il devait éprouver certaines difficultés pour exercer librement ses croyances. Il choisit donc une province dans laquelle les idées calvinistes avaient fait plus de progrès et vint s’établir à Beaulieu-lès-Loches qui, en 1563, date approximative de ce voyage, possédait une église réformée assez prospère.

Il se trouva bientôt en rapport avec toute la haute bourgeoisie de Loches qui n’avait pas encore embrassé ouvertement la cause de Calvin, mais n’en penchait pas moins du côté des idées nouvelles. Il fréquenta Jean Barret, jurisconsulte renommé, lieutenant général à Loches et maire de cette ville, René Boullay, auteur des Coutumes de Touraine, Gilbert Seguin, seigneur de Saint-Lactancin, Pierre Moreau, huguenots ardents et personnages influents 3. Il dut à cette circonstance et à sa valeur personnelle de se former une brillante clientèle et son biographe nous dit que « l’effet de ses « excellents remèdes luy acquit tant de réputation que

1 Colletel : Vie des poètes tourangeaux , mss. de la Bibl. de Tours, 2° série, n° 96, p. 25 et ssq.

2 Registres de l’état civil de la Haye, 1578-1590.

3 Voir les pièces de vers qui sont publiées en tète du traité de la Génération et les dédicaces qui précèdent chaque chapitre.

(( toute la province l’allait bientôt consulter comme (( un oracle et le révérait comme l’antiquité révérait « autrefois Hercule sous le titre fameux d’Alexicaque « ou de grand extirpeur de maux1 ». Malgré l’exagération évidente de cette appréciation, il paraît bien cependant que René Bretonnayau fut très recherché et obtint de nombreux succès. Longtemps après sa mort on parlait encore de lui comme d’un praticien habile.

René Bretonnayau écrivit en vers un long ouvrage de médecine : « YEsculape François ». Cet ouvrage, resté à l’état manuscrit, était terminé en 1576 ; il est aujourd’hui perdu; certains épisodes seulement en ont été détachés et publiés, en 1583, par l’auteur luimême sous le titre de : « La Génération de V homme et le temple de l’âme, avec autres œuvres Poétiques extraites de V Esculape de René Bretonnayau , médecin , natif de Vernantes en Anjou. — A Parus, pour Abel V Angelier, au premier pillier de la grand’ salle du Palays, MDLXXXIII, avec privilège du Roy ». (Il comprend 47 feuilles de format in-4.) Voici la liste des « Traictez contenus en cest œuvre », dédié à Monseigneur le Duc, fils de France, et frère unique du Roy :

La Génération de V homme. — Le Fort de Vénus. — F Arc de Cupiclon. — La Génération.

La Conception de l’homme et de la stérilité, des causes d’icelle et de sa curation.

Le Temple de l’âme.

La Fabrique de l'œil.

i Colletet, Op. cil.

Le Cœur ou le soleil du petit monde , où il y a un ample discours des pouls et du ris.

Le Foye , ou le temple de la nature humaine.

Le Phrénêtique, et sa cure.

Le Mélancholique, et sa cure.

La Pierre, et sa cure.

La Colique, et sa cure.

Les Gouttes.

Des Hérnorrhoïdes, et leur cure.

« Cest œuvre » n’est pas sans mérite, et tous ceux qui ont parlé du médecin de Beaulieu, Colletet i, Gouyet2, du Verdier3, la Croix du Maine4, Rigolay de Juvigny5, sont unanimes à louer les qualités de son style. Sans doute certains passages se signalent par une véritable ampleur poétique, par des développements élégants, des peintures agréables; mais il faut bien avouer que l’ensemble est terne et perd beaucoup à avoir été écrit en vers. La description de certains cas pathologiques se prête peu à la versification. Ce livre, où l’on trouve des renseignements précieux sur l’état des sciences médicales au xvie siècle, se recommande plutôt par un fond scientifique d’une réelle valeur. Bretonnayau avait des connaissances anatomiques et physiologiques très étendues et ses ressources thérapeutiques étaient des plus variées.

Spiritualiste convaincu, dans le Temple de l’âme, il nous fait part de ses croyances sur l’origine divine,

1 Op. cit.

2 Bibliothèque Françoise, 1752, t. XIII, p. 207.

3 Bibliothèque, édition Rigolay, t. V, p. 407.

4 Bibliothèque, édition Rigolay, t. II, p. 365.

5 Bibliothèque, t. II, p. 365, 366. Cf. aussi Didot, Biographie universelle, t. VII, col. 345.

l’immortalité et le retour de l’âme vers le créateur après la mort :

Et quand il te plaira qu’advienne la journée Que du corporel temple eli’ soit exterminée,

Divine entre tes bras veuille-la recevoir,

Et la fay mériter face à face te voir.

Intimement unie au corps, « cette paste de chair, qui commence à mourir au moment qu’elle naist », l’âme (( immatérielle » aurait son siège à la base du cerveau, dans les ventricules cérébraux. Cinquante ans plus tard, Descartes, sans plus de raison, placera l’âme dans la glande pinéale.

On croyait alors que la chaleur, nécessaire à la vie, était le résultat d'esprits vitaux, engendrés dans le cœur et transportés dans toutes les parties du corps par les vaisseaux et on pensait que ces esprits vitaux se transformaient dans le cerveau en esprits animaux excessivement subtils, circulant dans les nerfs 1 et indispensables au mouvement et au sentiment. Selon Bretonnayau cette transformation s’opérait dans le plexus choroïde,

Tissu de mile-brins d’arteres et de venes,

Qui d’esprits tournoyans sont vermeillement pleines.

— C’est icy que s’affine une cinquiesme essence Des esprits animaux la légère substance,

Faicte du plus subtil qui soit en l’element,

Pour à l’âme et au corps servir de ligament.

Pénétrante partout, vivifiante et pure,

Transparente et illustre, une chaleur qui dure.

Qui respire et transpire, et qui a son vouloir En toutes les façons fait sentir et mouvoir.

i Les anciens croyaient que les nerfs étaient de petits tubes pourvus de valvules ou soupapes dans lesquels circulaient des corpuscules d’une ténuité et d’une subtilité extrêmes appelés esprits animaux (Dr Dédoublé. Rabelais anatomiste et physiologiste, Paris, in-8, 1899, p. 288).

La théorie moderne de la calorification a fait reléguer bien loin celle des esprits.

Dans « cet œuvre laborieux sur nul autre imité », hauteur nous met au courant des idées généralement admises de son temps sur l’imagination, la perception, la mémoire, etc., et se laisse entraîner à des considérations personnelles du plus grand intérêt et à des hypothèses qui nous paraissent aujourd’hui bien hasardées.

Outre son Esculape , René Bretonnayau publia divers autres mémoires :

1° La cosmotique et illustration de la face et des mains ;

Ce mémoire dédié à Madame de la Valete et écrit dans le but de faire connaître aux « damoiselles »

Les souverains secrets pour se maintenir belles ;

Car pas une n’y a dessous le ciel vousté,

Qui n’envie le prix de la prime beauté,

Que le berger arbitre entre les trois deesses,

A Venus adjugea.

n’est qu’une suite de conseils pour « rallentir les pas de l’aage qui s’avance )) et une longue énumération de recettes de fards, de baumes, d’onguents, de a laict virginal », de compositions parfois étranges, ayant pour objets d’« éclaircir le teinct », d’efïacer du visage a rousseurs, rougeurs, saphirs, les rides et la crasse » ; de teintures, de mixtures pour « reteindre et redorer l’argent de ses cheveux » ou « régénérer le poil mort » ; de dentifrices remédiant à la « rouilleure » des dents ; et de mucilages et de pâtes rendant les mains a mollettes et blanches ».

2° Le Singe , poésie badine en vers de huit syllabes, où l’auteur donne libre cours à sa fantaisie et à son esprit parfois assez caustique.

Ces deux écrits ont été imprimés à la suite du livre de la Génération.

On lui attribue1 :

3° U Histoire étrange d'une femme qui a porté un enfant vingt-trois mois et qui, enfin, a été tiré par le côté, os à os (Tours, 1580, in-8°).

Et Portai2 cite comme étant de lui, un livre latin ayant pour titre :

4° De generatione hominis tractatus variis et multis observationibus refertus (Paris, 1583, in-4°).

Ce dernier ouvrage n’est peut-être qu’une traduction du livre de la Génération.

René Bretonnayau épousa, vers 1565, Jeanne Lespleigney, fille de Thibault Lespleigney, le célèbre apothicaire tourangeau.

Thibault Lespleigney3 naquit en 1496.

. J’ay prins ma naissance

[En] la noble ville de Vendosme,

dit-il dans un de ses ouvrages4 , et Bretonnayau le qualifie dans son traité de la Génération de « cigne Vendomois ». Il vint de bonne heure à Tours et y acheta une boutique d’apothicaire. En 1524, François Ier allant combattre Charles-Quint en Italie le

1 Port, Dictionnaire historique . du Maine-et-Loire, t. Ior, p. 489

2 Histoire de l’Anatomie, t. II, p. 88.

3 M. le Dr Dorveaux a écrit récemment une Notice sur la vie et les œuvres de Thibault Lespleigney (Paris, A. Welter, in-8, 1898b Nous avons fait à cet ouvrage quelques emprunts et y renvoyons ceux de nos lecteurs qui voudraient avoir une idée plus complète des travaux de Lespleigney.

4 Promptuaire, cap. 135, Sercacolle.

nomma fournisseur de ses armées 1 . Ce fut au retour de cette expédition qu'il écrivit :

I. — Le Promptuaire des médecines simples que Mathieu Chercelé achevait d'imprimer, à Tours, le 20 août 1537.

II. — Le Dispensarium medicinarum qui sortait des presses du même éditeur aux Calendes de février 1538.

III. — La décoration du pays et duché de Touraine (30 août 1541). Gracieux mémoire sur hhistoire de la Touraine et la topographie de la province, dans lequel hauteur raconte de délicates légendes sur l'origine de Tours et décrit les productions du jardin de la France, depuis « les pruneaulxde Tours a t les poyres de bon chrestien », jusqu'aux « mirabolans, orenyes et aultres bons fruits ».

Y. — De la nature, vertu et faculté de la racine du boys nouvellement inventé appelé Vesquine (1545).

Jusqu'à cette époque, Lespleigney s'était montré catholique fervent. A maintes reprises on retrouve, dans ses écrits, des preuves de sa naïve piété envers la sainte Vierge et les saints2. Mais bientôt (vers 1543 ou 1544) il entra en relation avec les ministres protestants qui parcouraient la Touraine prêchant les doctrines de Calvin, et se laissa entraîner à suivre leurs erreurs. En butte aux attaques de ses anciens corréligionnaires, il comprit le danger qu'il courrait en restant plus longtemps à Tours. Comme beaucoup

1 lb., cap. 74, Figues.

2 Cf. principalement la balade à la mère de Jésus qui termine la première édition du Promptuaire. Cette ballade ne se trouve plus dans la seconde édition publiée à Paris chez Pierre Sergent en 1544, ce qui donnerait à penser que dès cette époque Lespleigney s’était converti au protestantisme.

de ses amis, il se réfugia à Genève, le foyer de l’hérésie, et se fit recevoir citoyen de cette ville en 1549 1 . Il y retrouva François Chappuis, un des médecins Lyonnais les plus distingués du siècle, devenu « médecin en la cité de Genève2 », avec lequel il avait été récemment en correspondance au sujet du Dispensarium 3 .

Vers la fin de sa vie, il revint à Tours, où il mourut en 1567.

a Lespleigney, dit le docteur Dorveaux4, mérite « d’être tiré du profond oubli où il est tombé, et d’oc- « cuper une belle place dans l’histoire de la pliarma- « cie. Il doit être placé, par droit d’ancienneté, à la a tête de cette brillante phalange d’apothicaires fran- « çais qui comprend dans ses rangs Michel Dusseau (( et Nicolas Houel, le plus illustre de la corporation. »

Ses ouvrages eurent à leur apparition un immense succès; imprimés primitivement à Tours, puis à Paris et à Lyon, ils se répandirent à l’étranger, où ils furent également appréciés. Le Dispensarium jouit d’une vogue considérable (il eut, de 1538 à 1543, plus de neuf éditions5). De nombreuses contrefaçons en furent faites, notamment celle publiée à Lyon en 1543, sous le titre de Enchiridion , et rééditée en 1546, 1556 et 1561. Le succès de l’auteur s’explique par la manière dont il sut présenter le sujet qu’il traitait. Dans le Promptuaire, il décrit par ordre alphabétique cha-

1 Archives de l’hôtel de ville de Genève. Livre de réception à la bourgeoisie.

2 Du Verdier, Bibliothèque, éd. de 1585, p. 397.

3 François Chappuis, en 1539, édita à Lyon le Dispensarium et l’enrichit de plusieurs articles. Il est l’auteur d’un Sommaire de certains et vrais remèdes contre la Peste (Paris, 1545; 2e édition, Genève, 1548).

4 Op. cil., p. 68.

5 L’édition de Paris de 1540 fut imprimée par Arnulphe et Charles Angelier. Ils doivent être de la famille d’Abel L’Angelier qui, en 1583, publia le Traité de la génération, de Bretonnayau.

cune des substances végétales ou minérales employées dans la médecine d’alors ; dans le Dispensarium il publie un recueil des principales formules usitées en 1538. Ces deux ouvrages forment un traité complet de pharmacie et sont le prototype du Codex de 1884 « qui contient comme eux toutes sortes de renseigne- « ments utiles, un abrégé de matière médicale dont les « articles sont classés dans l’ordre alphabétique des « noms des drogues et des formules également dispo- « sées dans le même ordre 1 » .

Lespleigney n’a pas eu seulement la gloire d’avoir le premier écrit en français des livres didactiques à l’usage des « pharmacopoles et bons aromataires », il a introduit chez nous des produits nouveaux, entre autres le benjoin et l’esquine.

Le benjoin , inconnu à Symphorien Champier qui n’en parle pas dans son Myrouel des appotiquaires , eut vite une renommée européenne dont Bretonnayau s’est fait l’écho dans son traité de la Génération.

Uesquine , aujourd’hui squine, recommandée en 1535 par les Portugais comme remède contre la syphilis, était ignorée 2 en France en 1545, lors de l’apparition du traité de Lespleigney. Si ce médicament est de nos jours peu employé, n’oublions pas toutefois qu’il fut considéré, jusqu’à la fin du siècle dernier, comme une panacée universelle. Charles-Quint, à l’insu de ses médecins, en usa contre un accès de goutte et s’en guérit ; ce fut l’origine de l’engouement du public pour cette drogue.

Les ouvrages de Lespleigney furent longtemps

1 Dorveaux. Op. cit., p. 55.

2 Le Traité de VEsquine fut publié en 1545 à la fin d’un livre de Jean Rousse t intitulé : Les troys premiers livres de Claude Galien , de la composition des médicaments en général. On trouve des rééditions à Lyon en 1552 et 1574.

classiques. Ils formèrent le fond de la bibliothèque de tout apothicaire. Nous les avons trouvés cités jusqu'en 1670 dans nombre d'inventaires de « bouticques de formacie ».

René Bretonnayau eut de Jeanne Lespleigney :

1° Théodore qui suit ;

2° Suzanne, baptisée à la Haye, le 23 février 1578, par le célèbre ministre protestant d'Alme 1 2 .

III. — Théodore Bretonnayau 2 naquit à Beaulieulès-Loches 3, en 1566 4 ; il vivait encore en 1622. Son père l'envoya de bonne heure à Paris pour y prendre ses grades de docteur en médecine. Il était encore étudiant lorsqu'il publia, en 1586, une Complainte sur Edouard du Monin 5. Cette complainte de 116 vers fort médiocres est précédée et suivie de plusieurs autres pièces de vers sans plus de mérite. C'est évidemment une œuvre de jeunesse sans importance ; nous lui devons, en effet, comme médecin, des écrits d'une certaine valeur, notamment un « Traicté de la maladie pestilencieuse qui sévit à Loches Van MV c IV xx XVII ». Nous n'avons pu retrouver ce traité qui nous aurait renseigné sur les redoutables

1 Etat civil de la Haye. GG. 2, f. 3, v.

2 Son nom est écrit : Bretonnayau sur le titre de la complainte ; Bertoneau dans les registres de l’ètat civil de la Haye (1590) ; Bertonneau dans ceux de Ligueil (1622).

3 Et non à Loches, comme le dit Carré de Busserolle dans son Dictionnaire d'Indre-et-Loire, t. Ier, p. 410.

4 Port. Loc. cit.

5 Complainte sur le trespas de Jean Edouard du Monin, poète et philosophe, composée par T. Bretonnayau T(ourangeau), à Paris, chez Estienne Prevosteau, au Cloz Bruneau, près le puiz Certain MDLXXXVI.

épidémies qui désolèrent nos contrées aux xvie et xviie siècles ; nous le regrettons d'autant plus que les notes éparses que nous avons relevées dans les archives, les registres de l'état civil, les études de notaires, etc., ne nous fournissent que des indications bien insuffisantes.

Loches, ville de garnison, devait être particulièrement frappée, et les 11,000 hommes d'armes qui la traversaient chaque année devaient contribuer à entretenir les foyers « pestilencieux » et à propager le fléau. La maladie qui emportait sans distinction les enfants, les jeunes gens et les vieillards, débutait par une fièvre violente, une grande prostration, des sueurs froides, des vomissements, etc. Parfois le corps se couvrait de taches pourprées, violettes ou noires, ce qui lui fit donner, dans certaines localités, le nom de fièvre rouge. Joignez à ces symptômes la présence de bubons, de « charbons » aux aines et aux aisselles, et vous avez tous les caractères de la peste bubonique. Les malades, emportés parfois en quelques heures, succombaient généralement avant le 5e ou le 7e jour.

Les mesures, souvent mal conçues, prises par les municipalités pour enrayer l'épidémie, demeuraient impuissantes. On établissait des cordons sanitaires très sévères, on refusait impitoyablement le passage aux voyageurs et aux vagabonds. A Amboise et dans plusieurs localités, les pestiférés devaient quitter la ville dans le délai de quelques heures et ces « infortunés, « expulsés de leurs demeures, traqués de toutes parts « par l'effroi des populations démoralisées, erraient « dans les campagnes, sans aucun secours, promenant (( partout l'épouvante, la contagion et la mort1 ». C'est ainsi qu'en 1586, l'épidémie, d'abord circonscrite

i Abbé Chevalier. — Archives cl' Amboise, introduction, p. xxxvii.

àLoches, gagna de proche en proche Ferrière, Varennes, Saint-Senoch, Ciran, atteignit Ligueil, puis la Haye et Betz et infecta toute la région. Pour prévenir la propagation du fléau, on isolait, on séquestrait les malades aussi rigoureusement que possible ; à Amboise on prit le parti de les interner dans les îles de la Loire ; à Ciran on les reléguait dans une maison située loin du bourg, appelée l’hôpital; et là ces malheureux souvent sans secours du médecin, parfois privés de nourriture, étaient voués à une mort à peu près certaine.

La peste semble avoir existé pendant assez longtemps à Tétât endémique à Loches ; il ne se passe pas d’année, surtout vers la fin du xvie siècle, où Ton ne constate de nombreux décès de « maladie pestiferre ». En 1586 et 1597 elle sévit avec une violence inouïe. Jusqu’en 1630, avec des fluctuations diverses, elle continua à faire de nombreuses victimes. Après l’épidémie de 1640, qui fut très meurtrière, la maladie cessa brusquement et il n’en est plus fait mention dans les archives 1 .

Théodore Breton nay au, encore protestant en 1590, se convertit peu après au catholicisme. Il habitait à Beaulieu sur le territoire de la paroisse Saint-Laurent. Sa femme, Anne Soret, fille de Jean Soret, docteur en médecine, lui donna :

1° Théodore qui suit ;

2° René, auteur de la branche § 2.

IV. — Théodore Bretonneau 2, né à Beaulieu dans les dernières années du xvie siècle, avait dès 1617

1 Cf. les registres d’état civil de Loches de 1586 et aimées suivantes ; Cf. aussi l’opuscule du Dr Giraudet : Les Anciennes pestes de Tours (1854).

2 Le nom estorthographié indifféremment : Berthonneauy Bertonneau , Brethonneau ou Bretonneau.

le titre d'apothicaire. Il se fixa à Ligueil et s'associa avec un chirurgien nommé Bertrand Bonneau. Le contrat qui réglait les conditions de cette association fut passé, le 25 septembre 1619, devant Besnard, notaire à Ligueil. Nous y relevons les clauses suivantes : a à la charge led. Bretonneau de payer et a rembourser led. Bonneau de la moityé de la valleur a de ce qui seroit fourny en les deux bouticques de « chirurgie et de formasie selon les conditions qui a ont esté faictes entre me Etienne Guyot appoticaire a à Sainte-Maure et René Geslin chirurgien... Icelluy « Bretonneau devra payer aud. Bonneau la somme de « quatre-vingt-trois livres six deniers pour le paye-

« ment de la moitié du fournissement fait dans les

« deux bouticques... » L'association ainsi formée ne dura que quelques années et, vers 1630, Théodore Bretonneau ayant été reçu maître chirurgien, exerça la double profession de maître chirurgien-apothicaire b Cette profession toutefois, très encombrée à cette époque, ne semble pas lui avoir procuré les ressources suffisantes pour subvenir à l’entretien de sa nombreuse famille, aussi se fit-il nommer vers 1640 fermier général de la baronnie de Ligueil et, un peu plus tard, en 1654, fermier général de la vicomté de la Roche-de-Gennes. Théodore Bretonneau, comme son père et son aïeul, écrivit plusieurs ouvrages scientifiques ; deux nous sont connus : « Le jardin de santé »

1 En 1652, il y avait à Ligueil au moins neuf chirurgiens-apothicaires : Théodore Bretonneau, Henri Bonneau et son frère René, René Bonneau et son frère Théodore, leurs cousins germains, Louis Mocquet, Louis Bodin, Louis Chrétien et Jacques Collineau. Ils formaient une communauté dirigée par un juré ; en 1653, Théodore Bretonneau était juré et Louis Mocquet greffier de la communauté ; en 1692, René Bonneau et, en 1706, Louis Mocquet étaient jurés; en 1689 Michel Pizé et en 1699 Jacques Marchand, maître-chirurgien à Ciranla-Latte, étaient greffiers.

et un « Traité de la confection et de Vemploy de V huile d’euforbe ». Ils restèrent probablement à Tétât manuscrit. D'ailleurs il avait réuni une bibliothèque assez importante, dans laquelle se trouvaient les œuvres de Bretonnayau et de Lespleigney, ainsi que nous Fapprend la lettre suivante adressée par Louis Bretonneau à son frère Pierre, médecin à Amboise : « Je « vous envoyé par notre cousin Gervais les livres qui (( vous reviennent de la succession de notre père. Vous « y trouverez parmi eux le Promptuaire de notre « ayeul Lespleigney et le traicté de la génération que « vous cognoisez bien. J'y ai joint un petit livre (( manuscrit de notre père sur le jardin de santé et un « autre que je crois estre de notre ayeul Ber tonneau « intitulé : Traicté de la maladie pestilencieuse qui « sévit à Loches l'an MVG IVxxXVII. Je me suis « réservé pour moy le Dispensarium que vous avez (( veu dans la bouticque à Ligueil et que quand vous (( estes veneu ici je vous avez demandez de gardez. . . » — Ligueil le 13 septembre 1662.

Théodore Bretonneau épousa à Ligueil, vers 1621, Ysabeile ou Isabeau Bonneau, hile de René Bonneau, chirurgien, et de Louise Syméon1 et sœur de Bertrand Bonneau, son associé de 1619, et d'autre René Bonneau, également chirurgien. Les enfants qui naquirent de de ce mariage sont :

1° Théodore, baptisé à Ligueil, ainsi que ses frères et sœurs, le 10 février 1622, eut pour parrain son aïeul Théodore.

2° Pierre, bapt. le 24 décembre 1622, étudia la médecine en l'Université de Paris et fut reçu docteur en 1642. Il s'établit à Amboise, où il devint médecin

1 Louise Siméon était sœur de maître Siméon, chirurgien du sanitas de Tours en 1585.

ordinaire du roi et où il épousa ( Saint-Florentin ) le 9 février 1649, Catherine Langlois, fille de Jean Langlois, fourrier du corps du roi, et de Catherine Guérot i. Il en eut :

A. Catherine, baptisée à Amboise le 14 février 1653.

B. François, baptisé le 11 novembre 1655.

C. Pierre, auteur d’une branche qui subsistait encore au milieu du xvme siècle. •

3° Jeanne, baptisée le 20 janvier 1626, décédée le 22 mai 1695, épousa René Clopin, sr d’Aigremont.

4° René, baptisé le 28 février 1628.

5° Louis qui suit.

6° Marie, bapt. le 23 novembre 1631, décédée le 24 janvier 1694, épousa, le 6 juillet 1679, Bertrand Guimier, sr de la Perruche, fils de feu Bertrand et de Antoinette Guillot.

7° Anne, bapt. le 9 octobre 1633, épousa, le 31 janvier 1679, Vincent Caillault, sr de la Richardière, veuf de Françoise du Vivier.

8° Théodore, bapt. le 25 novembre 1635.

9° Renée, bapt. le 23 février 1637.

Ysabelle Bonneau, qui avait été baptisée le samedi, vigile de Pâques 1595, mourut le 25 octobre 1642. Théodore Bretonneau se remaria le 23 novembre 1644 avec Renée de Betz, fille de feu Hélie de Betz 2 , sr de Puy-Besnard 1 2 3 et de Renée Quillon4. De ce second lit sont nés :

10° Théodore, bapt. le 20 octobre 1647, entra dans

1 Voir : Abbé Chevalier. Archives d' Amboise, préface, page xxxix.

2 Hélie de Betz, baptisé protestant à la Haye, le 16 juillet 1581, était fils de Pierre et de la fille de Hélie Jousselin. La famille de Betz se prétendait issue de l’antique maison de Betz et portait ses armoiries (d’or à 2fasces de sable acc. de 9 merleHe < de même , 4, 2, 3) brisées d’un lambel de trois pendants.

3 Paroisse de Ligueil. — Ce fief appartenait en 1552 à Jean de Bros-

sin, écuyer; en 1558 à son fils Louis, dont la veuve Jeanne de Gue-

les ordres. Le 5 août 1668, son frère Antoine et René Clopin, son beau-frère, « considérant le zelle et pieux (( dessin qu7a maistre Théodore Bretonneau, accolitte, (( leur frère, après avoir fait son cours de philosophie « en la ville et université de Poictiers de se faire pro-

(( movoir aux saincts ordres sacrés de prêtrise .

(( constituèrent pour son titre clérical la somme de « 100 livres de rentes assignés sur le lieu et mestairie (( de la Brigaudais 1 ». Le 25 février 1584, Théodore Bretonneau était chanoine au chapitre du Plessis-lès- Tours.

11° Antoine, bapt. le 3 novembre 1648.

12° René, bapt., à Ciran-la-Latte, le 9 juin 1654.

13° Renée, bapt., à Ciran-la-Latte, le 29 juin 1655.

14° André, bapt., à Ciran-la-Latte, le 22 novembre

15° Marie, bapt., à Ligueil, le 7 mars 1661.

Théodore Bretonneau mourut en 1661 ou 1662. Sa veuve s'associa, pour exploiter la maîtrise du défunt, avec son beau-fils Louis, et, à la mort de ce dernier, survenue en 1674, mit en vente la boutique d'apothicaire et de chirurgien. Voici la liste et l’estimation des objets qui furent trouvés « en la bouticque » le 11 août 1676 ; les médicaments furent portés sur un inventaire spécial.

« Ung méchant miroir, huit sols, VIIIS. — Ungcou- « teau, dix sols, Xs. — Ung bassin de cuivre et deux « ceringues d'estin, estimé le tout trente sols, XXX s.

nanti (sœur de Marguerite, femme de Valentin Grellet, écuyer, sieur du Moulin-Pothier) était tutrice, en 1563, de Jeanne et Marguerite. Jeanne de Brossin épousa, avant 1584, Louis de Betz et lui apporta en dot le fief de Puy-Besnard. Louis de Betz était l’oncle de Hélie de Betz.

4 L’acte de mariage porte à tort Renée Raudichon. i Paroisse de Ligueil, au village de Bonchamps. Ce fief appartenait en 1640 à Hélie de Betz.

(( — Un g petit mortier et son pillon, XV s. — Ung « mortier en marbre, cinq sols, Vs. — Onze boistes, a treize sols, XIII s. — Quarante pots et bouteilles de « fayance, le tout quatre livres, IIII11. — Ung piochon « de pot, deux sols, II s. — Ung meschant marchepied, a une clièse persée et une aue à garnir, le tout estimé « dix sols,Xs. — Ung meschant pistollet à rouet,' V s. — « Ung coffre de bois de Chesne, XX s. — Sept poislet a d’estin, XIV s. — Quatre esses, huit sols, VIIIS. — « Trois meschants razouers et deux lancetes estimé le « tout dix sols, X s. — Un étuit et une paire de cizeaux, « IIIS )).

Louis Mocquet, me chirurgien, se ht adjuger « toute la boutique » au prix de IX11 Xs.

Y. — Louis Bretonneau, seigneur de la Buissonnaye1 ,bapt. à Ligueil, le 15 mars 1629, exerça comme son père la chirurgie et hapothicairerie à Ligueil. Il mourut à Vannes en 1674 près d'un de ses cousins, Jean Bretonneau, docteur en médecine. Il avait épousé, à Ligueil, le 14 novembre 1651, Marguerite Gervais de Salvert, hile de Louis Gervais, seigneur de Salvert ‘2 et de Marguerite Chaspoux, et en eut :

1° Louis, bapt. le 18 septembre 1652.

2° Marguerite, bapt. le 5 novembre 1653, épousa, le 26 août 1676, Luc-Etienne Gaultier, sr de la Fer-

1 Buissonnaye et non Bissonnaye. Fief situé paroisse de Ligueil.

2 Louis Gervais, sr de Salvert (fils de Louis Gervais, sr de Mœurs, bailli de Ligueil et de Denise Grossier), eut de Marguerite Chaspoux (fille de Claude, ec. sr de la Cotterye et de Marguerite de la Croix) :

1° Marguerite, femme Bretonneau (née le 3 mars 1631, morte le 15 mars 1705) ; 2° Marie (baptisée le 13 octobre 1640) qui épousa, le 29 janvier 1671, Jean-Christophe de Quinemont, ec. sr de Varennes. (Gervais porte : d’argent à un saule de simple posé sur un croissant de gueules renversé.)

rière, avocat au siège royal de Loches 1 , fils de Etienne Gaultier, sr de la Ferrière, huissier de madame la duchesse douairière d’Orléans et de Anne Guesbin de Rassay.

3° Anne, bapt. le 23 octobre 1654.

4° Marie, bapt. le 17 mars 1657.

5° Louise-Marguerite, bapt. le 28 septembre 1658, décédée le 20 juillet 1705, épousa, le 13 août 1691, Joseph Bodin, sr de la Joubardière2 , fils de défunt Louis Bodin, me chirurgien-apothicaire, et de Marie Bodin.

6° Louis, bapt. le 25 novembre 1660.

7° Louis, bapt. le 15 novembre 1661.

8° Pierre qui suit.

9° Louis, bapt. le 27 avril 1666.

10° Marie, ondoyée à Vannes ( Saint-Paterne ), le 14 avril 1671, bapt. à Ligueil le 8 octobre 1675.

VI. — Pierre Bretonneau, seigneur de la Buissonnaye, bapt. le 18 mars 1664, avocat au parlement

1 De ce mariage est né Joseph Gaultier de la Ferrière, qui eut de Anne Garreau : Joseph Gaultier de la Ferrière, marié à Françoise Boullay de la Roche- Saint-Jean et père de Joseph Gaultier de la Ferrière, époux de Marguerite Le Page. De cette dernière union sont nés :

1° Aimé Gaultier de la Ferrière, père de Jule Gaultier de la Ferrière, mariée à Charles Mesnet de la Cour, d’où neuf enfants.

2° Corinne Gaultier de la Ferrière, mariée à Gabriel Haincque de la Pacaudière, d’où : A. Gabrielle Haincque (née en 1821, morte en 1866), mariée à Loches, le 9 mai 1842, à Jacques-Philippe Dubreuil- Chambardel, docteur en médecine, fds de Pierre-Jacques-Philippe Dubreuil-Chambardel et de Cornelie Desquesnes, d’où descendance ; B. Valérie Haincque mariée à Edouard Mascarel, d’où descendance.

2 De ce mariage est née Marie-Louise (6 juin 1692), mariée, le 19 novembre 1712, à Louis-Ours de Quinemont, sr de Varennes, fils de Marie Gervais de Salvert. C’est l’aïeul de Charlotte de Quinemont, mariée à Varennes, le 24 août 1761, à Michel-Louis de Vernage, médecin ordinaire du roi, fils de François, docteur régent de la Faculté , de Médecine de Paris. (Bodin porte : de (jueules a 2 fasces d'hermines. Arch. d'Indre-et-Loire, E. 71, 72.)

et greffier en chef de F élection de Loches, fit inscrire, en 1698, ses armoiries dans l7 armorial général de d’Hozier ( d’argent au saule terrassé de sinople, accompagné en chef de trois étoiles d'azur). Il mourut à Loches le 6 septembre 1709, laissant veuve Marie Duriflé, fille de Jacob Duriflé ', sr des Pinaux et de Marguerite Garnier, dont il eut :

1° Marie-Marguerite, bapt. à Loches, ainsi que ses frères et sœurs, le 26 mars 1697, épousa Jacques Odart, chevalier, sr de Parigny, capitaine au régiment de Belzunce-dragons, fils de Charles Odart, chevalier, sr de la Fuye et de Françoise Dreux.

2° Pierre- Jacob, bapt. le 30 septembre 1698.

3° Louis-Pierre qui suit.

4° Marguerite-Marie-Elisabeth, bapt. le 27 mai 1706, mariée à Jean-Baptiste de Clédat, chevalier. Leur fils Jean-Baptiste-Pierre, chevalier de Saint- Louis, capitaine au régiment d’Argentré, épousa Catherine Dupont 2 .

VII. — Louis-Pierre Bretonneau, bapt. à Loches le 7 mai 1700, exerça d’abord la médecine dans cette ville, après avoir pris ses grades à huniversité de Montpellier, et se fixa définitivement à Tours, en 1730. Il acquit une grande réputation et, en 1754, il était doyen du Collège des docteurs en médecine de Tours, qui comprenait alors : Le Normand, Dupichard, Carier, Sonnet et Le Court, à ChinonL II épousa Anne Laillier4 et en eut :

1° César-Louis-Pierre, bapt. à Loches le 24 août 1729.

1 Duriflé porte : d'argent au renard de gueules.

2 Arch. d'Indre-et-Loire, E. 268.

3 Almanach historique de Touraine pour Tannée 1754.

4 La famille Laillier, qui fournit un maire de Tours en 1546, Jean Laillier, maître des requêtes de la reine mère, porte : de gueules au chevron d'argent, accompagné de trois coquilles d'or.

2° Jacques, bapt. à Tours ( Saint-Venant), ainsi que les suivants, le 11 septembre 1730, entra dans les ordres et mourut, le 23 juillet 1753, étant clerc tonsuré du diocèse de Tours et chapelain de Saint- Venant.

3° Antoine-Pierre-Gilles, bapt. le 8 janvier 1735.

4° Anne-Louise-Perrine, décédée le 7 janvier 1736, âgée de près de 3 ans.

5° Anne-Pélagie, bapt. le 11 juillet 1739.

6° Henry-Ours, bapt. le 7 octobre 1740.

7° Louise-Rosalie, bapt. le 14 septembre 1744.

IV. — René Bretonneau, fils de Théodore Bretonnayau et de Anne Soret, apothicaire à Loches, épousa Marguerite Massot h Ses enfants furent :

1° René qui suit.

2° Marguerite, décédée à Ligueil, le 6 mai 1672, à hâge de 34 ans, avait épousé (Ligueil) le 15 mai 1663 René Bonneau, me chirurgien, fils de Bertrand Bonneau, également chirurgien, et de Madeleine du Vivier.

V. — René Bretonneau, baptisé à Loches, le 23 juillet 1633, se fixa à Luzillé, où il exerça la chirurgie. Il s’unit (Luzillé) le 30 mai 1661 à Françoise Lex' Liepvre du Taillis, hile de Robert Le Liepvre, sr du Taillis, chirurgien ordinaire du roi 2, et de Aimée

1 La famille Massot, de Loches, fournit plusieurs chirurgiens à sa ville d’origine, entres autres : Jean Massot en 1532 et Louis Massot en 1604.

- Le docteur Triaire ( Bretonneau et ses correspondants, t. Ier, p.t9).

Brifïault ; René Bretonneau . mourut (Luzillé ) le 20 octobre 1683. Il avait eu :

1° René, bapt. le 8 mai 1662.

2° Robert, qui suit.

VI. — Robert Bretonneau, baptisé le 17 mars 1664, eut pour parrain son aïeul Robert Le Liepvre, sr du Taillis. Il fut comme son père chirurgien à Luzillé et mourut le 26 avril 1713. Il eut de son mariage (8 février 1695) avec Anne Musnier, fille de me Martin Musnier et de Renée Laboureau 1 :

1° René-Claude, bapt. le 16 février 1696.

2° Louise-Françoise, bapt. le 14 juillet 1697, décédée le 4 octobre 1747, mariée le 19 août 1720 à Louis Piltaut, fils de Florimond Piltaut et de Gabrielle Foucault.

3° René, bapt. le 15 août 1700, exerça la chirurgie à Luzillé et mourut le 9 février 1735.

4° Pierre, bapt. le 20 avril 1702, mort en 1704.

5° Anne-Renée, bapt. le 4 décembre 1703, morte le 12 mai 1766, mariée le 5 septembre 1735 à René de la Croix, veuf de Anne Coudray, chirurgien à Luzillé. Leur fils René fut aussi chirurgien à Luzillé.

6° Jean qui suit.

7° Louis, baptisé le 4 octobre 1712, se fixa à Beaulieu-lès-Loches et y exerça la chirurgie. Il acquit rapidement une grande renommée. Elu maire le 8 septembre 1759, il occupa cette charge pendant 6 années ;

donne à Robert Le Liepvre le titre de « médecin des écuveries du roi ». — Robert Le Liepvre eut un fils, Jacques, également chirurgien à Luzillé et qui eut, de son mariage avec Marie Boileau, une fille Agathe unie, en mars 1696, à Louis Musnier, fils de Martin Musnier et de Renée Laboureau.

1 La famille Laboureau, originaire de Loches, s’établit à Luzillé vers 16 40 ; elle était représentée auxvnr siècle par Claude Laboureau, m° chirurgien, qui mourut le 6:' avril 1734, âgé de 77 ans.

mais, sa nombreuse clientèle ne lui permettant pas de consacrer tout le temps qu’il aurait désiré aux affaires de la ville, il démissionna, ne voulant plus être que 1er échevin. Sollicité à plusieurs reprises de reprendre le poste auquel ses capacités le destinaient, il résista longtemps et finit par accepter en février 1776 h Louis Bretonneau se maria deux fois ; il n’eut pas d’enfant de son premier mariage célébré àLuzillé, le 29 novembre 1742, avec Anne Merlet1 2, fille de François Merlet et de Anne Champion. De sa seconde union contractée à Luzillé le 20 octobre 1751 avec Angélique Lorion de Yance, fille d’Antoine Lorion de Yance et de Angélique Bonnet-Deucieux, il eut:

A. Angélique-Louise, bapt. à Beaulieu, ainsi que les suivants, le 2 juin 1752, décédée le 24 janvier 1754.

B. Louis-Jean, bapt. le 1er mai 1753.

C. René-Robert, bapt. le 7 juillet 1754, décédé le 29 octobre 1775.

D. Antoine-Louis-Laurent, bapt. le 11 août 1755, était le 26 février 1776 titulaire de la chapelle Sainte- Barbe, située dans l’ancien cimetière de la paroisse de Saint- André de Beaulieu 3, et occupa la cure de Saint-Michel-sur-Loire de 1791 à 1804.

E. Aman-Laurent-Louis, bapt. le 9 août 1756, décédé le 15 septembre 1757.

F. Pierre-François-Romain, bapt. le 9 août 1757.

G. Angélique-Jeanne-Louise, bapt. le 3 janvier 1759, mariée le 26 novembre 1782 à Jean Moines, fils de Pierre et de Gabrielle Monier.

1 Voir aux archives cle Beaulieu les registres municipaux aux dates indiquées.

2 Anne Merlet mourut à Beaulieu, le 23 mai 1750, âgée de 36 ans ; elle avait épousé en premières noces, le 28 janvier 1730, Joseph Ménard, chirurgien, greffier « des messieurs chirurgiens » de Beaulieu et Loches, fils de Jean Ménard et de Madeleine Massot.

3 Archives d’Indre-et-Loire, G. 698.

H. Marie- Anne, née à Corbery le 24 octobre 1761, décédée à Beaulieu le 25 août 1762.

VII. — Jean Bretonneau, baptisé à Luzillé le 8 février 1706, mourut le 3 mai 1770 à Saint-Georgessur-Cher-, où il s'était établi comme chirurgien. Il épousa dans cette dernière localité Jeanne Arteloup du Verger, fille de défunt François Arteloup, seigneur du Verger l, maître chirurgien et de Jeanne Chassin. Jeanne Arteloup, née le 11 août 1714, mourut le 29 avril 1777. Les enfants qui naquirent de cette union, sont :

1° Jeanne, bapt. à Saint-Georges, ainsi que les suivants, le 19 décembre 1731, morte sept jours après.

2° Jean, bapt. le 27 décembre 1732, était dès 1768 chirurgien de S. A. Monseigneur le prince Jules- Hercule de Rohan, prince de Guemenée et duc de Montbazon, pair de France et lieutenant général des armées du roi. Il épousa, à Montbazon, le 7 janvier 1768, Martine Farray (autrement Faré), fille de Jean-

i La famille Arteloup, originaire de la ville de Martigny en Bourgogne, se fixa en Touraine vers 1640. Son premier auteur connu est Jean Arteloup, sr du Verger, docteur en médecine, qui eut, d’Antoinette Coutot un fils, Antoine (décédé à Saint- Georges, le 13 janvier 1693, âgé de 56 ans), chirurgien à Saint-Georges, marié, le 29 octobre 1663, à Françoise Jousset, fille de Louis, sr de la Rabotière, et de Marguerite La Cordaize ; c’est le père de François Arteloup, (né le 21 novembre 1618, décédé le 15 septembre 1730b — Un docteur, Arteloup Duvergé, exerçait la médecine à Tours en 1775 ; il était inspecteur des hôpitaux militaires de la généralité de Tours et associé de l’Académie des Sciences et Belles-Lettres d’Angers. Il publia les ouvrages suivants :

Mémoire sur les moyens de reconnaître les contre-coups dans le corps humain et d'en préoenir les suites. Tours, chez F. Vauquer-Lambert, 1771, in-12 de 204 pages, avec 2 planches ; 2° édition, Tours, 1774. Mémoire topographique, vhysique et médical, ou traité sur la situation de la ville de Tours, son sol, ses eaux, etc... Tours, de l’imprimerie de F. Vauquer, MDCCLXXIV, in-12 de 161 pages. Un mémoire plus considérable sur les contre-coups, annoncé en 1771 , n’était pas encore imprimé en 1774.

Baptiste Farray, notaire royal et de Marguerite Bruère. Il vivait encore en 1778 et avait eu:

A. Jules-Marie-Jean-Baptiste, bapt. à Montbazon le 28 septembre 1769. Il eut pour parrain le duc de Montbazon et pour marraine S. A. Marie-Louise- Henriette de La Tour d'Auvergne, épouse de sa dite altesse le prince de Rohan.

3° Louise, bapt. le 12 mars 1735, décédée le 18 janvier 1736. ^

4° Jeanne-Charles, bapt. le 14 juin 1736.

5° Hélène, bapt. le 24 septembre 1737, décédée le 17 septembre 1739.

6° Augustin-Clair, bapt. le 26 août 1739.

7° Pierre qui suit.

8° Louise, bapt. le 10 novembre 1744, décédée le 15 Germinal an II, mariée à Saint-Georges, le 20 juillet 1768 à Nicolas-Pierre-Etienne Maliiet i 2, me çhirurgien, fils mineur de feu Nicolas Mahiet, notaire royal et de Martine Bullon.

9° Louis-Pierre, décédé le 25 avril 1745.

10°, 11° Adélaïde et Anne- Jeanne, jumelles, baptisées le 17 avril 1748, décédées le 1er mai 1748 et le 6 mai 1749.

12° René-François, bapt. le 4 octobre 1750, décédé le 11 septembre 1754.

13° François, bapt. le 15 avril 1755, décédé le 11 septembre 1756.

VIII. — Pierre Bretonneau, né en 1741, chirurgien puis officier de santé à Saint-Georges-sur-Cher, fit ses études au collège de chirurgie de Tours *, mais

1 La famille Mahiet porte : d'argent à deux haches adossées de gueules (Carré de Busserolle. Armorial de Touraine, p. 604).

2 Ce collège, établi par lettres patentes du 5 juillet 1766, jouit d’une

semble n’avoir été reçu chirurgien qu7 assez tard, puisqu’en 1768, alors âgé de 27 ans, il n’était encore qu’étudiant. Il était cependant « maître en chirurgie » le 8 janvier 1770 lorsqu’il épousa, à Saint-Georges, Catherine Raimbault, hile de feu Louis-Gilles Raimbault1, notaire royal et de Marie Chrétien. De ce mariage naquirent :

1° Rose-Jeanne, née en 1771, décédée à Saint-Georges le 13 avril 1821, mariée à Charles Raguin.

Catherine Raimbault mourut le 13 septembre 1776 à l’âge de 35 ans. Pierre Bretonneau se remaria, le 28 janvier de l’année suivante, avec Marie-Elisabeth Lecomte. Le mariage fut célébré à Yallières, où le père de l’épouse, François Lecomte 2, exerçait la profession de notaire. Elisabeth Lecomte avait un frère, François Lecomte, curé d’Esves-le-Moutiers qui desservit, plus tard, la paroisse de Civray-sur-Cher; ce

certaine notoriété et ses premiers professeurs furent : Brossillon Nobilleau, Desormeau, Gravelat de l’Espine et Bobière. Son siège fut d’abord fixé dans le cloître des Cordeliers de Tours, mais le 22 janvier 1710, le frère Charrier, gardien du couvent, écrivait à M. F. Barbier, lieutenant des messieurs chirurgiens , la lettre suivante :

« Monsieur. — J’ai déjà eu l’honneur de vous représenter de vive, « voix que votre collège de chirurgie ne pourrait subsister plus long- « temps chez nous tant à cause de l’infection des cadavres dont « l’odeur est insoutenable qu’à cause de la trop grande sujétion où « nous réduit de jour et de nuit le transport de ces mêmes cadavres ; « à ces raisons, j’en ajoute une troisième, c’est que MM. vos élèves « dégradent nos cloîtres et jardin, etc. et que très souvent nous « sommes exposés à leurs propos ; voilà M. ce qui m’oblige à vous « prier de vous procurer au plutôt un autre azile, si cependant vous « aviez dessein de vous faire une école publique, je vous propose « des batimens et un terrain très convenable. Ayez pour agréable de « vous décider promptement, votre réponse suspendera la transac- « tion d’un bail pour cet objet ». ( Archives d'Indre-et-Loire , H. 650.) Le collège de chirurgie fut supprimé par décret en 1793.

1 Un Claude Raimbault était chirurgien à Saint-Georges en 1703.

2 François Lecomte, en 1777, était veuf de Elisabeth Ilaisnée. La famille Lecomte porte : d'argent à un arbre terrassé de simple, au fût de sable, au chef d'azur chargé de trois quinte feuilles d'or .

fut le premier précepteur du grand Bretonneau. M. l’abbé Chevalier a retracé le rôle politique qu’il joua pendant la Révolution h Pierre Bretonneau, lors de la création de la municipalité de Saint-Georges, fut élu maire de sa commune, le 30 août 1793 1 2. Bien qu’épris des idées nouvelles qui se répandaient en France, il ne suivit pas les théories subversives des partis avancés et fut maintenu dans ses fonctions jusqu’à sa mort, survenue le 26 novembre 1811. Elisabeth Lecomte lui avait donné :

2° Pierre-Fidèle, qui suit .

3° Marie-Louise-Elisabeth, bapt. à Saint-Georges, le 18 août 1779, épousa, le 30 Fructidor an VII, Armand Baugé.

IX. — Pierre-Fidèle Bretonneau naquit à Saint- Georges, le 3 avril 1778, dans une maison située au centre du bourg, non loin de l’église, près de l’intersection des routes de Bléré et d’Epeigné. Le baptême fut célébré le lendemain, voici l’acte qui en fut dressé :

« Le quatre avril mil sept cent soixante dix huit a « été baptisé par nous vicaire soussigné Pierre Fidèle « né de la veille fils légitime du sieur Pierre Bretona neau maître en chirurgie et de dame Elisabeth le « Compte, le parain maître François le Compte notaire a royal à Yallières grand père de l’enfant et maraine « dame Martine Farray épouse du sieur Jean Breton- « neau chirurgien du prince de Montbason tante de « l’enfant qui ont signé avec nous.

« Femme Bretonneau ; Desmée, vicaire ; le Compte. »

M. le docteur P. Triaire a publié, il y a quelques

1 Histoire de Chenonceau.

2 Brethon : Notes historiques sur Saint Georges, page 53.

années, une biographie très complète de Bretonneau 1 dans laquelle il s’est appliqué à faire ressortir le rôle considérable que le célèbre médecin tourangeau et ses élèves les plus distingués, Velpeau, Trousseau et Moreau de Tours, ont joué dans l’évolution des sciences médicales. Nous y renvoyons nos lecteurs.

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