‹ Les ancêtres du violon et du violoncelle, les luthiers et les fabricants d'archets; (volume 2)Chapitre 119 sur 151 · Aug. Maffei. Aimali di Mavloue, fol · texte numérisé non relu

Aug. Maffei. Aimali di Mavloue, fol

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\(\\):\\ élrvc (le (liolTrcdo Cappa, passe, pour avoir fait, en Kill.l, uiK» « viol.i a j^ainhc - (pii aiiiail apj)arL('riu à notre «rraïul violiste Maiiii Mai'ais.

On avait cru, jusqu'à ces derniers temj)S, (juc le célèbre Gaspard DuilToprugear, dont le graveur Pierre Wœiriot nous a laissé un si beau [)ortrait, était né dans le Tyrol italien vers la fin du xv" siècle; qu'il avait voyagé en Allemagne avani de se fixer à Bologne, où François V ayant entendu parler de ses talents, lorsqu'il se rendit dans celle ville, en 1515, pour régler les afïaires ecclésiastiques de la France et signer le concordat avec Léon X^ lui lit des oiîres si brillantes pour se l'attacher, que Duiffoprugcar accepta de suivre le roi de France à Paris, où il construisit des instruments pour les musiciens de la Chapelle et de la Chambre; que, le climat de la capitale ne lui convenant pas, il avait demandé et obtenu l'autorisation de se retirer à Lyon.

Cette version, publiée en 1810 par Choron et Fayolle \ fut acceptée sans contrôle et répétée depuis à satiété comme très authentique; on ajoutait seulement que Duiffoprugcar avait été ouvrier marqueteur avant de devenir luthier.

Il y avait bien quelque difficulté à faire concorder la date du séjour à Bologne de notre artiste avec celle du portrait, lequel représente un homme dans la force de fâge, et non un vieillai'd; mais on s'en tirait comme on pouvait, disant (jue \\'œiriot avait dû exécuter son œuvre plusieurs années avant que de la publier.

Dans son discours de réception à l'Académie des sciences,

1. CiioHON cl I'ayolle. DictinniKiirc hislnrif/ue des hiusicieiis.

23S LES ANCÊTIIES DU V[IOLON

belles-lettres et arts de Lyon, prononcé en séance publique le 21 mars 1893 *, le docteur Henry Coulagne a fait lai)reuve, en comparant le portrait de Duiffoprugcar avec ceux de plusieurs personnalités lyonnaises de la même époque, et dus également au burin de Pierre VVœiriot, que les chiffres romains figurant sur celui qui nous intéresse indi(|uent l'âge du modèle, et, les chiffres arabes, l'année où le portrait fut exécuté. Ce qui veut dire (fu'en 1562, Duiffoprugcar devait avoir quarant(^-huit ans.

De plus, Henry Coutagne établit avec des pièces juslificatives dont l'authenticité ne peut être mise en doute ^ que ce luthier est né en 1514, à Freising, dans la Haute-Bavière; qu'il vint se fixer à Lyon vers le milieu du xvf siècle; que des « Lettres de imtiivalïté » lui furent données en 1558, par Henri H, roi de France, et ({u'il mourut en 1570, à Lyon, laissant plusieurs enfants, dont un fils également luthier, ou plutôt faiseur de lutz.

Ce dernier ayant signé (( Jehan Duiffoproucart » au bas d'un acte daté de 1585, le docteur Coutagne a cru devoir adopter cette orthographe pour l'écriture du nom patronymique. Or, celui-ci étant libellé : Duiffobrocard, Duiffoprougar,Dufourbourcar,Duyfautbocard,Dieffenbruger,etc., sur les nombreuses pièces citées par l'académicien lyonnais, nous estimons qu'il n'y a aucun inconvénient à lui conserver son orthographe la plus connue, celle qui se voit sur l'inscription du portrait exécuté par Pierre Wœiriol. C'est donc pour cette raison que nous continuerons à nommer notre luthier Gaspard Duiffoprugcar.

C'est bien un homme de quarante-huit ans, aux traits nobles et énergiques, que Pierre Wœiriot a représenté à mi-corps et regardant à gauche; il a le front découvert, les cheveux ras et une longue barbe qui lui descend jusqu'à la poitrine. Vêtu d'un costume riche, il tient de la main droite

1. Henry Coutaone. Gaspard Duî/foproucarl el les luthiers lyonnais, Paris^ 1893j

2, Archives de la ville de Lyon^ etc.

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