Ibid
3. Paréiniologie musicale de la langue française. Ci. Kastncr;
100 LES ANCÊTRES DU VlOLOiN
Millin en donne la description suivante :
(( La façade de la chapelle Saint-Julien, dit-il, étoit très ])itLoresque : son portail (planche I), d'une architecture gothique, très délicate, étoit composé d'une grande arcade, accompagnée de quatre niches.
(( La frise de l'arcade est remplie de petits anges délicatement sculptés ; ils sont occupés à jouer de divers instrumens, tels que l'orgue, la liarj)e, un instrument fait en triangle, et dont les cordes, au lieu d'être perpendiculaires, sont horizontales; le violon', le rebec à trois cordes, la vielle, la mandoline, le psaltérion, la musette, le cor, le hautbois, la flûte à bec, la flûte de Pan ou syrinx, les timbales, le luth et le timpanon. »
« Dans la niche à gauche de la porte est la figure de
saint Julien »
« Quelques personnes ont pensé que la statue de l'autre niche étoit celle de Colin-Muset, qu'on dit avoir contribué de ses deniers à la construction du portail ; mais il est plus naturel de penser qu'en face de la statue de saint Julien on a placé celle de saint Genest, patron des menestriers et de leur église »
(( Cette statue de saint-Genest^ est coiffée d'une espèce de toque, et vêtue d'une tunique et d'un am])le manteau; elle tient à- la main un violon : elle a été souvent citée par les antiquaires. »
(( Ce violon est à quatre cordes et absolument semblable à ceux d'aujourd'hui ; la statue a été mutilée, et le bras droit a été cassé avec l'archet ^ »
Primitivement, ce violon devait être une vièle ou une
1. Ce violon était probablement une vièle à archet ou une viole, le portail ayant été édifié au xv^ siècle, au plus tard.
2. Rotrou a fait de Sainl-Genès le héros d'une de ses meilleures trasçédies.
3. Mii.Lix. Anliquilés iialionales, ou recueil de monuments pour servir à l'histoire (/énérale de l'empire franiois, Paris, 1790.
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violr, h moins loulclois (jiic la slaluc, sinon \v. porUiil, ne soit poslf'M'icMirc nn w" siècle.
1^11 I în7, la corpornlion r<''(li<^ra de nonvcanx rè^l(»nienls qui l'ui'cnl confirmés j)ar Icllrcs j)al('nl('s du 2i avril du la mémo ann(^c. (les nouveaux statuts, dans lesfjuels les ménétriers se disent pour la première fois joueurs des instruments tant hauts comme has, reproduisent en grande partie les anciens.
En ce temps-là, les chefs de tous les corps de métiers étant pompeusement décorés du titre d'empereur, de roi ou prince, la corporation des ménétriers ne pouvait moins faire que de s'offrir aussi un roi, et ce premier haut fonctionnaire musical fut probablement Pariset, dit ménestrel le roy dans les statuts de 1321. Nous disons, probablement, parce que la première charte connue où il est fait mention d'un roi des ménestrels date de l'année 1 338; elle commence ainsi : << Je, Robert Caveron roy des ménestrels du royaume de France'. » Plus tard, cette charge fut désignée sous ce titre : « Roy et maistre de tous les menestriers et tous les joueurs d'instrumens tant haut que bas du royaume ». Il était préposé à la police du jeu des instruments et jugeait de l'aptitude des candidats à la maîtrise, qu'il devait reconnaître comme souffisans, dit l'article 5 des statuts de 1407. Il était en même temps le roi des maîtres à danser du royaume, parce que les joueurs de viole, de violon et de rebec, enseignaient généralement la danse ; mais il vint un temps où les danseurs s'érigèrent en Académie, et refusèrent de se soumettre à son autorité. Le roi des ménestrels ne se nommait pas à l'élection, cette dignité était un office de la Maison du roi, conféré par lui, et qui fut de tout temps géré par un musicien de la cour.
1. Il est parlé d'un Jean Charmillon, roi des jongleurs de la ville de Troyes, en 1290 du Gange, Glossaire). Mni;^ iIcmi n'Indique (jue cet office soit identique avec celui qui est sorti de la coi'ixiralion des ménétriers; dans tous les cas, l'autorité attachée à la charge n'était pas la même.
102 LES A?sCÊTRES DU VIOLON
Dans un compte pour la rançon du roi Jean de Tannée 1367, il est dit qu'une somme avait été fournie par la vente d'une couronne d'argent que le roi avait donnée le jour de la Tipliainc^, (p]piplianie) au roi des ménestrels.
Du Gange nous a conservé les noms de quelques membres de la corporation qui furent revêtus de cette dignité, mais la liste est loin d'être complète. Après Robert Caveron, déjà cité, il nous fait encore connaître, d'après un document de 1357 à 1362 : Copin de Brequin, roy des ménestrels du royaume de France. Deux chartes de 1392 citent, en la même qualité, Jehan Portevin, auquel paraît avoir succédé Jehan Boissard, dit Verdelet, dont le nom figure dans un compte des menus plaisirs de la reine Isabeau de Bavière (1416-1417), puis Jehan Facien.
Il faut arriver ensuite à l'année 1575 pour savoir que Claude de Bouchandon ou Bouchardon, hautbois du roi Henri III, succéda à un nommé Roussel. Puis vient Claude Nyon, violon ordinaire de la chambre de Henri IV, et après lui, un autre Claude Nyon, dit Lafont, également violon de la chambre.
Nommé à cette dignité en 1620, François Richomme modifia le titre de roi des ménestrels en celui de roi des violons, et fut le premier à le porter ainsi; il signa : F. Richomme, Roy des violons et ordinaire de Sa Majesté, au baptême du quatrième enfant de son ami Louis Constantin. Celui-ci succéda à Richomme en 1624 et gouverna jusqu'en 1657. Après, ce fut le tour de Guillaume Dumanoir. Le roi lui donna la royauté des violons et la charge de premier violon de son cabinet, offices devenus vacants par la mort de Louis Constantin.
En 1668, son fils ou neveu Michel Guillaume obtint cette dignité ; il signait : G. du Manoir, joiieur de violon de Sa Majesté, l'un des vingt-cinq de sa grand' Bande, et pourveu aussi de T Office de Roy des joueurs d'instrumens et des Maîtres à Dancer de France. Il eut à lutter contre de grandes difficultés et donna
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sa démission le M décciiil)re lOHo. Celle-ci ne fut pas
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« Image de la Confrairie des Maîtres de Dance et joueurs d'instruments tant haut que bas, et haut-bois de hi ville et faux-bourgs de Paris. »
acceptée; mais en lG9i , par une décision de Louis XIV, dont le trésor royal eut à bénéficier, Télection des jurés pour
tous les corps d'arts et métiers fut supprimée et remplacée par des charges prenant le titre d'offices héréditaires et vénaux.
Thomas Duchesne, Vincent Pesant, Jean Aubcrt, tous trois joueurs de violon ordinaires de la chambre du roi, et Jean Gaudefroy, maître à danser, se firent concéder les quatre offices de jurés syndics de la communauté des ménétriers, moyennant la somme de dix-huit mille livres.
G. Dumanoir s'opposa à la réception des nouveaux titulaires, mais le Trésor royal tenant à conserver les dix-huit mille livres touchées, on passa outre.
Il donna sa démission irrévocable en 1693 et n'eut pas de successeur immédiat ; la communauté fut administrée provisoirement par les jurés syndics.
Cela dura ainsi jusqu'en 1 741 . Alors, Jean- Pierre Guignon reçut le titre de Roy des violons et Maître de tous les instrumens, tant hauts que bas, dans toute l'étendue du Royaume, avec attribution de tous les honneurs, autorités, prérogatives, prééminences, franchises, libertés, droits, profits, revenus et émolumens accoutumés et y appartenans. Mais malgré toute sa bonne volonté, son règne ne fut pas heureux, il démissionna et Louis XV abolit la royauté ménestrière en France par un édit du mois de mars 1773.
VIKLE A CINQ CORDES
Viti'Jiil des Grands Cordeliers de la rue de Lourcine (xv^ siècle).
LA VïPJ.K
C'est en 1001 (juc l'on lit rcrairo rimn^re de la confrérie cl Ton ajouta le mot hautbois aux autres qualifications, parce (jue plusieurs ménétriers jouant de cet instrument s'em|)loyaient à faire danser dans les bals et les assemblées, et pour ce motif devaient se faire recevoir à la communauté de Saint-Julien.
Les armes (|ui ornent la partie supérieure de la gravure
sont celles du roi et celles du dauphin.
L'image du roi Louis XIV et sa devise (le soleil et Necphirlbus impar éclairant et surmontant le globe du monde) expliquent la présence de ces armes.
Les armes du roi sont mi-partie de France (d'azur à trois fleurs de lis d'or) et de Navarre (de gueules aux chaînes d'or posées en croix, sautoir et orle). Les colliers qui les entourent sont ceux des ordres du roi (Saint-Michel et Saint-Esprit).
Les armes du dauphin sont écartelées de France (comme ci-dessus) et de Dauphiné (d'or au dauphin d'azur). Mais le graveur a commis une erreur; il n'a pas sablé le champ de ces dernières, de sorte qu'elles sont d'argent au lieu d'être d'or. Le fond adopté par l'artiste est celui du manteau royal, un semis de fleurs de lis d'or sur champ d'azur.
Saint Genest et saint Julien sont représentés au-dessous de la devise du roi Louis XIV. De chaque côté se trouvent des médaillons surmontant des trophées d'instruments. Le