‹ Les ancêtres du violon et du violoncelle, les luthiers et les fabricants d'archets; (volume 2)Chapitre 69 sur 151 · Archives nat., K. K, 73 et 7G · texte numérisé non relu

Archives nat., K. K, 73 et 7G

2. Jal. Dictionnaire critique de biographie et dliistoirê^ Paris, 1867.

j.A III lîKiM-: i;t li; ukim-c

()ii r.iis.nl ;mssi iis.i^c du i'cImm' en An<i:l('l('rr('. iMilloii v.iiilc le son j(>\(Mi\ «le ccl iiisl iMiiiicnl : " yVfC /ort/nd vrbcLs soKiiil ', cl l(''ni()ii;Fi(' (le l;i ravciir (jiroii lui ;i(Xor(lait pour iU'coiupii^Micr les danses. I>ranlôinc a peu d'csLimc pour ceux qui vciiniVnl d'r^cossc. Kn 1.-)2(), le relxîc faisait partie de la bande royale :

« Tlie state band of Henry Vlil (l.iiO; consisled of XV trumpets, III lûtes, III rebeks, II laborels a haq), II viols, IV drusiaindes, a life, and X sackbuts' ».

Les Echecs (inioiireux^ manuscrit du w'' siècle dédié à Louis de France, duc d'Orléans, renferme plusieurs vignettes, parmi lesquelles se trouve le Iriomphe de Neptune, représentant une sirène qui souffle dans une grande trompette droite et tient en même temps un rebcc, monté de trois cordes, bien qu'on y compte cinq chevilles.

Mais la double table formée par la touche y est très bien indiquée (voir p. 143).

Un des anges musiciens de la voussure de l'orgue de Gonesse (Seine-et-Oise) , lequel porte la date de 1508, joue d'un rebec avec cheviller en forme de luth et dont on ne voit que le dos qui est à côtes.

On voit aussi un ange jouer du rebec à trois cordes, dans un des croisillons d'un vitrail de l'église de Brou (Ain), du xvf siècle. Ici le cordier et les ouïes sont à leurs places

Vitrail de l'ég-lisc de Brou(Ain) (xvr- siècle).

I. W. NoiiTii's. M(')nniiTti, Loiidoii. IS'iti. p. !•*. iKilc de l'iMlilciir

l/iG

LKS ANCÊTUlilS DU VIOLON

habituelles; mais le peintre verrier a mis, par étourderie sans (Joute, le chevalet entre l'archet et la touche; de sorte

que l'action des doigts sur les cordes y serait tout à fait nulle.

L'emploi vulgaire du rebec Ta (ait considérer comme un violon rustique, un mauvais violon. Roquefort le définit en ces termes : « Rubèbe, Rebellk, Rebec, sorte de violon bâtard, de violon champêtre, qui rendoit un son aigre \ » C'est sans doute d'après cette tradition que les auteurs modernes en ont fait l'instrument de prédilection des musiciens du Moyen Age qu'ils font figurer dans leurs écrits. Cependant, ce n'est pas au rebec que Rabelais applique Tépithète de rustique, mais à la cornemuse : « Plus me plaist, (lit-il, le son de la rusticque cornemuse que les fredonnements de luts, rebecs et violons anticques. »

Régnier fait allusion à la mauvaise qualité du son du rebec dans ses satires :

(; i; I G E ou

R F B i: C: A L I, K M A N D (XVI'' siècle").

Bref vos paroles non pareilles Résonant doux à no^ oreilles Comme les cordes d'un rebec.

On appelait les joueurs de rebec, rebecqueux et rebecqueuse :

(( En 1568, une femme nommée « Philippe la Rebecqueuse » fut fustigée par les rues de Nancy et marquée sur les épaules" ».

En Allemagne, au xvf siècle^ le rebec se confondait

\. Roquefort. Etat de la poésie, etc., p. 108. '2. .ÏACQLOT. La inu'iiqite en Lorraine.

(Micon* avec les imli'cs inslniinciils h ni'clicl, auxquc^ls on (loiiiiail indilïrrcMnniciiL le iKjiii de. ^^<'iî^^<', <jui équivnhiil à noire vieux mol \ ièlc

Nous reproduisons, d\i|)i'ès Pi'.eloi'ius ', le dessin d Un /,/('}/( (rf'if/c o/fffr lUlnde (viole sans cases sur la louche), ((ui n'est aulre (ju'un rcbcc. Le chevalet porte sur la table dans la(juelle sont percées les deux ouïes. Gomme sur le rebec du tableau de (iérard David, la touche se prolonge au-dessus de la table et adhère aux côtés de la caisse.

Agricola prend le soin d'explicjuer l'absence des divisions de la touche sur ces instruments : « Ecoute encore, dit-il, ce que je vais te dire : Comme elles (ces giguesj sont laites sans cases [ohne Dunde)^ on trouve plus de difficulté pour y appliquer les doigts et les conduire juste sur les cordes; mais il n'y a rien sur la terre d'assez ditlicile pour qu'on n'en vienne pas à bout avec de l'assiduité" . » 11 nous apprend encore que cette sorte de geige était très usitée en Pologne, qu'il y en avait de plusieurs tailles et ({u'on les accordait par ({uintes, de la façon suivante :

Discanl. Ténor et Alto.

3Zi:

\rr~r^

La transformation des vièles en violes avait déjà porté un rude coup au pauvre rebec, mais lorsque le violon parut, ce fut bien pis; chassé, traqué par les musiciens de haute marque, il tomba en discrédit et devint l'apanage exclusif

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