ACCORD DE LA LYRE ITALIENNE
D'après Mersenne.
Prsetorius publie aussi le dessin d'une « lyra a gambe », à douze cordes, dont deux sont disposées en bourdons. Cet instrument est absolument semblable à celui qui porte le n° 5 sur sa planche XX et qui est indiqué : « Italianische Lyra de braccio » ; seulement ce dernier possède un plus grand nombre de cordes. Ceci nous montre qu'il y avait des lyres de différentes grandeurs.
En Italie, les lyres étaient utilisées dans les églises. Etant à Rome, en 1639, notre célèbre violiste M au gars dit : « Quant à la musique instrumentale, elle estoit composée d'un orgue, d'un grand clavessin, d'une lyre, de deux ou trois violes, de deux ou trois archiluths 2. »
La viole d'amour n'est autre qu'une « viola a braccio » à laquelle on a ajouté des cordes vibrantes en laiton. Ces cordes sont accrochées à des petits boutons d'ivoire ou de métal, fixés dans l'éclisse de chaque côté de l'attache du cordier. Elles reposent sur le chevalet, au-dessous des cordes de boyau, passent dans l'intérieur de la poignée du manche, où un espace leur est ménagé sous la touche, et
2. Response faite à un curieux sur le sentiment de la musique italienne, escrite à Rome, le 1er octobre 1639. Publiée par E. Thoinan dans une brochure intitulée Maugars, Paris, 1865.
vont retrouver leurs ehevilles, qui sont placées à l'extrémité du cheviller. Elles ne peuvent être actionnées, ni par les doigts, ni par l'archet. Elles vibrent par sympathie, à l'unisson de leurs sœurs, les cordes supérieures, chaque fois que l'on émet sur ces dernières un son qui correspond harmoniquement avec les leurs.
C'est le principe de la harpe éolienne appliqué aux instruments à archet, avec cette différence toutefois que, dans la harpe éolienne, les cordes vibrent au contact de l'air, tandis que dans la viole d'amour ce sont les vibrations des autres cordes qui font résonner les cordes métalliques.
Cette adjonction de cordes harmoniques n'augmente pas beaucoup le son de la viole, mais elle le prolonge, l'adoucit et le rend plus pur.
Le nom charmant de viole d'amour, qui lui a été donné, définit avec une grande poésie l'union de ces deux jeux de cordes, semblables à deux cœurs amoureux, dont l'un, tendre et timide, vibre à l'unisson de l'autre par sympathie.
La sarangie ou sarungie du Bengale, étant montée de quatre cordes de boyau et de onze cordes métalliques, Fétis en conclut que l'idée des instruments à archet et à double espèce de cordes appartient à l'Hindoustan, et dit : « La viole d'amour était connue antérieurement à Constantinople, où on la retrouve encore. Il paraît que c'est de cette ville que l'instrument a
pénétré en Hongrie, par la Valachie et la Serbie La viole
d'amour et le baryton sont nés de ce principe de résonance
LIRA A GAMBË