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« Du 2° patron, S. Génois (ou pour mieux dire Genès), il y en a 2 martyrs de ce mesme nom. Le 1 qui estoit cxcepteur, c'est-à-dire greffier de justice, et ne vouloit enregistrer les sentences iniques données contre les Ghresliens, fut martyrisé à Arles en France. Et l'autre à Rome : pour d'un payen jongleur, latino joculator (diction en Picardie usitée pour basteleur), devenu en un moment chrestien très constant, iusques à souffrir toutes sories de tourmens et mourir en plein théâtre, présent l'Empereur Dioclétian. G'est cestui-cy qui est patron des menestriers. Aussi est-il figuré et peint avec une vielle1. »
Un sceau de cuivre, dont le sujet est emprunté à la légende de saint Julien, fut exécuté pour sceller les actes de l'hospice.
« L'an 1331, il se fit une assemblée au dit hospital de jongleurs et menestriers, lesquels tous d'un commun accord consentirent l'érection d'une confrairie, sous les noms des glorieux saint Julian et Génois, promettans en chacun d'y aider selon ses facultés et moyens. Et en furent lettres passées et scellées au Çhastelet le 23 novembre dudit an2. »
L'œuvre tirait en partie ses ressources des membres de la corporation ; chaque ménétrier était tenu de recueillir, aux fêtes et aux noces, pour l'entretien de l'hospice, ce que l'on appelait Vaumosne de saint Julien : « Il faut probablement reconnaître dans cette redevance, dit judicieusementKastner, l'origine de ce qu'on appelle aujourd'hui le droit des pauvres3 » . L'œuvre percevait en outre la moitié du prix payé pour le droit de maîtrise et le quart des amendes encourues par les membres de la corporation.
On fit richement sculpter la façade de ce monument dans le goût de l'époque.