VIELE A CINQ CORDES
Vitrail des Grands Cordcliers de la rue de Lourcine (xve siècle).
C'est en 1091 que l'on fit refaire l'image de la confrérie et Ton ajouta le mot hautbois aux autres qualifications, parce que plusieurs ménétriers jouant de cet instrument s'employaient à faire danser dans les bals et les assemblées, et pour ce motif devaient se faire recevoir à la communauté de Saint-Julien.
Los armes qui ornent la partie supérieure de la gravure
sont celles du roi et celles du dauphin.
L'image du roi
Louis XIV et sa devise
Vly^^. (le soleil et Nec phtribus
impar éclairant et surmontant le globe du monde) expliquent la ^5? présence de ces armes.
Les armes du roi sont mi-partie de France (d'azur à trois fleurs de lis d'or) et de Navarre (de gueules aux chaînes d'or posées en croix, sautoir et orle). Les colliers qui les entourent sont ceux des ordres du roi (Saint-Michel et Saint-Esprit).
Les armes du dauphin sont écartelées de France (comme ci-dessus) et de Dauphiné (d'or au dauphin d'azur). Mais le graveur a commis une erreur; il n'a pas sablé le champ de ces dernières, de sorte qu'elles sont d'argent au lieu d'être d'or. Le fond adopté par l'artiste est celui du manteau royal, un semis de fleurs de lis d'or sur champ d'azur.
Saint Genest et saint Julien sont représentés au-dessous de la devise du roi Louis XIV. De chaque côté se trouvent des médaillons surmontant des trophées d'instruments. Le
VIÈLE DE FANTAISIE
a t'kois CORDES
Manuscrit de la Bibliothèque nationale
(xivp siècle).
médaillon de gauche nous montre saint Julien ramant (la nuit sans doute, car sa femme tient une lanterne) pendant que Notre-Seigneur, debout au milieu de la barque, lui annonce le pardon de son crime. L'autre médaillon a sans doute rapport à la vie de saint Genest, mais il est difficile de se l'expliquer d'après la légende de ce saint donnée plus haut. Sur les deux trophées on voit un luth, une guitare, une
timbale, des flûtes à bec, une flûte de Pan, une trompette, un masque tragique, des hautbois, un tambour de basque, un violon, une harpe, un cromorne, une viole, un serpent, une trompette marine, etc.
Sur une draperie, placée au-dessous des deux patrons, se trouvent une antienne et un Oremus, après lesquels on lit :
« L'Eglise et la Chapelle de Saint-Julien des menestriers, et de Saint-Genest fondée à Paris, rue Saint- Martin, doit son establissement et sa dotation aux Maîtres de dance et joueurs d'instruments tant haut que bas de chez le Roy, et de cette Ville, qui en 1331 la firent bastir, et construire, et dès le mesme temps érigèrent avec la permission des supérieurs une confrairie, pour rendre cet ouvrage de piété durable à toujours. Cette louable entreprise parut de si bonne exemple au publique que toutes les puissances ecclésiastiques, et séculiers y donnèrent leur aprobation, et mesme contribuèrent à son advencement. Et en 1 332 Madame l'Abbesse de Montmartre leur donna l'amortisse-
VIÈLE A QUATRE CORDES
Manuscrit des Adages (xvc siècle).
LA VIÈLE
ment do la terre, ce qui fut confirmé en 1 333 par le Roy Philippes de Valois de glorieuse mémoire. La dc Chapelle fut érigée en titre de bénéfice perpétuel, par lauthorité du pape Clément VI, qui en fit expédier la Bulle d'érection au mois de mars 1 343 au droit de nommination et présentation accordée aus d° confrères, ce qui fut aprouvé par Mr l'evesque de Paris, qui dans la mesme année donna des provisions de cette Chapelle sur la présentation des Patrons. Depuis la dc Chapelle a toujours esté maintenue par les soins et les deniers des d° Ms et patrons dycelle jusques à présent.
« La feste ce Solemnise le 2 Aoust. »
Et plus bas, dans un médaillon :
« Cette planche a esté retouchés en l'année 1691, par les soins des Srs Thomas Duchesne, Jean Gaudefroy, Vi cent Pesant, et Jean Aubert Jurés Sindic en titre d'Office, de la Communauté, Et gouverneur perpétuels de la Chapelle. »
Tout en bas de chaque côté de ce médaillon, quatre anges jouent du violon, du basson, du hautbois et du violoncelle.
On voit par la nomenclature des instruments représentés sur cette planche, qu'il n'y figure que ceux qui étaient usités à l'époque où elle fut retouchée. Il est bien étonnant de ne pas y trouver la vielle à roue qui commençait alors à redevenir très en honneur, grâce à Janot et à Laroze. Quant à l'absence du rebec, elle s'explique tout naturellement, pui.s-