‹ Les ancêtres du violon et du violoncelle, les luthiers et les fabricants d'archets (volume 3)Chapitre 50 sur 158 · H LKS ANCETRES DU VIOLON · texte numérisé non relu

H LKS ANCETRES DU VIOLON

trels, citée si souvent dans les anciennes poésies, devait être l'ancien crouth, dont le nom était altéré1.

Coussemaker, qui partage l'opinion émise par Bottée de Toulmont, estime que rote dérive de chrotla, mot germanique dont on a supprimé le signe d'aspiration ck, comme on l'a fait dans beaucoup de noms ayant la même origine, et démontre de la façon suivante que la rote et la chifonie n'étaient pas le même instrument :

« Ce n'est pas en effet, dit-il, de rota ou de rolare que vient le nom de rote, mais de chrotla, instrument de musique des peuples du Nord, vraisemblablement le plus ancien des instruments à archet. S'il restait quelque doute à cet égard, il devrait disparaître devant les citations suivantes puisées dans les poésies du Moyen Age, el choisies de façon à prouver, de la manière la moins équivoque, que la rote n'était ni la vielle de nos jours, appelée alors symphonie ou chifonie, ni la vièle d'alors. On lit dans le Roman de Brut :

De vièle sot et de rote ;

De gighe sot, de symphonie.

« Dans le Roman d'Athis et dans celui de Vace, on trouve :

Et ciphones et vielles Rotes et harpes et muselles.

Rote, harpe, vielle et gigue el cifonie2. »

Voilà donc un fait acquis, le mot rote ne s'employait pas pour désigner la vielle à roue ; et il nous paraît assez logique d'admettre que les poètes continuaient à donner, par imitation, le nom de rote à la plus grande des vièles, qui n'était qu'un crouth à inanche dégagé, et cela parce qu'on la tenait de la même façon que l'instrument primitif pour la jouer. Ainsi, on disait indifféremment dans notre vieux langage :

i. Bottée de Toulmont. Dissertation sur les instruments de musique employés an moyen âge.

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