‹ Les ancêtres du violon et du violoncelle, les luthiers et les fabricants d'archets (volume 3)Chapitre 76 sur 158 · CHALUMEAU ET GIGUE · texte numérisé non relu

CHALUMEAU ET GIGUE

Manuscrit Simon (début du xvic siècle). Bibliothèque de Rouen.

nant des conseils à un jongleur, termine ainsi : « Et bien accorder la gigue pour égayer l'air du psaltérion. »

Sur le frontispice du manuscrit Simon, fait dans les premières années du xvic siècle pour Georges 1er d'Amboise, cardinal ministre de Louis XII, roi de France, qui est aujourd'hui à la bibliothèque de Rouen, on voit deux enfants qui jouent, l'un d'une gigue en forme de losange, et l'autre d'un petit chalumeau. Ici, l'instrument est à peine esquissé, l'archet a la forme primitive d'un arc très prononcé.

Jérôme de Moravie a négligé de faire connaître l'accord de la gigue. Nous pensons que, lorsque celle-ci n'avait que deux cordes, on devait les accorder par quintes, comme sur la rubèbe; et que si elle en possédait trois, l'une des manières décrites par cet auteur pour la vièle lui était applicable. Quant à la gigue italienne à quatre cordes, son accord devait être inspiré de la deuxième manière indiquée pour la vièle, mais sans corde double, et le tout à une quarte ou à une quinte plus haut que pour les autres instruments, puisque la gigue était plus petite et par conséquent d'un diapason plus élevé.

Toutes ces suppositions sur les accords ne s'adressent, bien entendu, qu'aux gigues françaises, anglaises et italiennes, qui étaient des instruments aigus. Mais en Allemagne, où il y avait des gigues de différentes grandeurs, que l'on désignait par le nom collectif de geige, et qui, au xvic siècle, formaient un quatuor complet, montées de trois cordes, elles s'accordaient ainsi :

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