SIRENES MUSICIENNES
D'après une peinture murale dans la tour de l'ancien évèché de Beau vais
(xi ve siècle).
Nous ne pouvons quitter les vièles à archet sans dire un mot de la trompette marine, qui n'était pas, comme son nom pourrait le faire supposer, une conque sonore dans laquelle il n'y avait qu'à souffler; mais un monocorde à archet, qu'il ne faut pas confondre avec le monocorde scolaire, car il s'agit bien ici d'un instrument de musique, et non d'un appareil de physique propre à étudier les rapports mathématiques des sons.
On a déjà vu que la lyra était aussi un monocorde à archet. Celui qui donna naissance à la trompette marine avait une forme différente; il fut très usité durant le Moyen Age, et souvent cité dans les anciennes poésies.
Symphonies, psalt('*rions, Monocordes, cymbes, chorons.
{Roman de Brul.)
N 'orgue, harpe ne chylbnie, Rote, vielle et armonie, Sautier, cymbale et tympanon Monocorde, lire et coron, Ice son li XII instruments Que il sonna si doucement.
[Estoire de Troie la Granl.)
Guillaume de Machault nous dit, dans la Prise d'Alexandrie :
Buisines, eles, monocorde
Où il n'a qu'une seule corde.
Et dans Li temps pastour :
Eles, fretiaux et monocorde, Qui à tous instrumens s'accorde.
On lit aussi dans Fadel joglar, de Giraud de Calençon :
Manicorda Una corda.
Du Cange cite également la désignation de « monoscorde, où il n'a c'une seule corde ' >;.
En Allemagne, où cet instrument était aussi très répandu, il portait le nom de tympani-schiza. Voici la description qu'en donne Prœtorius :
« Les Allemands, les Français et les habitants des Pays- Bas emploient un instrument qu'ils appellent tympani-schiza, et qui se compose de trois petites planches très minces, jointes grossièrement sous la forme d'une pyramide triangulaire très allongée. Sur la planchette supérieure, autre-