‹ Les ancêtres du violon et du violoncelle, les luthiers et les fabricants d'archets (volume 3)Chapitre 84 sur 158 · Voir à la fin de ce chapitre · texte numérisé non relu

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assez près de l'attache-cordes, lequel rappelle ceux des instruments à cordes pincées, tels que luth et la guitare.

C'est sans doute vers la fin du xve siècle, ou au début du xvre, que le monocorde changea son nom en celui de trompette marine. Celui-ci fut motivé par l'adjonction d'un petit chevalet mobile que l'on mettait sous la corde et qui produisait des trépidations imitant, selon les auteurs du temps, le son timbré de la trompette; mais pourquoi disait-on trompette marine? On l'ignore, et aucune des explications données jusqu'ici n'est admissible. Ce qu'il y a de bien certain, c'est que l'art des constructions navales n'a rien à y voir.

On ignore aussi l'époque exacte où fut introduit le chevalet sautillant. Nous pensons que le hasard y fut bien pour quelque chose et que cet accessoire si caractéristique de la trompette marine n'est que l'ancien magas du monocorde des mathématiciens. On se souvient que ce chevalet diviseur était mobile et qu'il fallait le déplacer à tout instant pour obtenir l'indication d'un nouvel intervalle.

L'application de l'archet au canon harmonicas devait certainement occasionner des trépidations fort désagréables au magas; mais ces trépidations ayant l'avantage d'augmenter le volume du son, c'est sans doute dans le but de renforcer la sonorité du grand monocorde que l'on y mit un chevalet de ce genre.

Ce chevalet, sur lequel passait la corde, était en bois et avait la forme d'un petit soulier. Son pied le plus large était fixé à la table d'harmonie, tandis que l'autre bout, mince et allongé en forme de queue, reposait sur une petite plaque d'ivoire ou de verre incrustée dans la table. Il s'agitait légèrement quand on frottait la corde avec l'archet. On le plaçait

en bas de la table, tout près de la place où la corde était attachée.

La forme de ce chevalet n'est pas très accusée sur le dessin du « Trummscheit » ou trompette marine que donne Luscinius. Cet instrument qui est monté de deux cordes, dont la plus petite sonnait l'octave de la principale, a son cheviller renversé, comme Tétait celui du luth. L'archet qui est à côté paraît être d'une solidité à toute épreuve.

Les Allemands nommaient encore la trompette marine : Trummelscheit, Trompeten-Geige (violon-trompette), Nonnen-trompett (trompette de nonne) , ou bien Nonnengeige (violon de religieuse), et cela parce que cet instrument était pratiqué par les religieuses dans leurs couvents, pour suppléer la trompette, lorsque aucune d'elles ne savait jouer de cette dernière. On assure même que cet usage s'était conservé dans quelques cloîtres d'Allemagne jusque vers la fin du xviii" siècle. Kastner raconte ainsi cette bizarre coutume :

« Les religieuses, dit-il, cultivaient autrefois des instruments dont l'emploi est aujourd'hui principalement réservé aux hommes, et dont les femmes ne jouent que par exception. Elles donnaient du cor, sonnaient de la trompette et jouaient de la flûte. Elles faisaientrésonner les cordes des violes et, plus tard, celles du violon, du violoncelle, de la contrebasse, etc.

Dans quelques couvents de l'Allemagne, elles sont restées fidèles à cette coutume. Tous ceux qui sont allés à Lichtenthal, près Baden, ont pu entendre les religieuses du couvent de

TRUMMSCHEIT

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