‹ Les ancêtres du violon et du violoncelle, les luthiers et les fabricants d'archets (volume 3)Chapitre 96 sur 158 · VIOLA A GAMBE A CINQ COUDES JOUÉE PIZZICATO · texte numérisé non relu

VIOLA A GAMBE A CINQ COUDES JOUÉE PIZZICATO

Voussure de l'orgue de Gonesse (début du xvie siècle).

le même modèle à des grandeurs différentes. Les costumes des anges qui les jouent montrent que cette peinture a dû être exécutée Jors de l'installation de l'orgue, c'est-à-dire vers'lSOS.

De profondes échancrures en forme de C se voient sur

les côtés des caisses de résonance, qui sont fort larges. Une grande rosace découpée au milieu de la table en dessous des cordes, et quatre autres rosaces plus petites, percées à droite et à gauche, à égale distance de la première, figurent les ouïes. Le manche, qui est plus large près de la caisse qu'à son extrémité, se termine par un cheviller renversé comme celui d'un luth. Les divisions de la touche ne sont pas indiquées; et sur les deux instruments, par suite d'une erreur de l'artiste peintre, les chevalets, au lieu de se trouver près du cordier, sont placés en avant de la touche, entre celle-ci et l'endroit réservé pour le passage de l'archet.

Montée de six cordes, la « viola a braccio » est jouée comme un violon. On y distingue le bouton après lequel est attaché le cordier. La position du bras gauche de l'instrumentiste paraît excellente, les doigts retombent naturellement sur les cordes. L'archet, qui occupe aussi une très bonne position, a sa baguette penchée du côté du cordier, contrairement à ce qui se fait de nos jours; il est tenu entre le pouce et l'index de la main droite, et l'annulaire semble le soutenir. La ligne qui traverse cette viole et la coupe en deux est un joint du plancher sur lequel sont peints directement l'instrument et l'instrumentiste, et qui a un peu dévié.

La « viola a gambe » qui n'a que cinq cordes, reproduit le même type; mais on n'y remarque pas le bouton qui sert à attacher le cordier. Elle est jouée en pizzicato et l'ange musicien a ses doigts de la main droite placés de façon à pincer plusieurs cordes à la fois; il tient l'archet dans sa main gauche, entre le pouce et la poignée du manche, en même temps que ses doigts appuient tout à fait à plat sur les cordes.

Une charmante majolique italienne, du xvie siècle, qui esl au musée Correr, à Venise, nous offre un très beau modèle d'une grande « viola a braccio », jouée par Orphée charmant

LES MOI. liS

des animaux, parmi lesquels on remarque un lion, un cerf, un tigre, ete. L'instrument, fort bien dessiné, a aussi des échancrures assez profondes en l'orme de C. Les deux ouïes, qui sont également des C, se trouvent à la plaee habituelle. On y compte quatre cordes, passant sur un chevalet placé près de l'attache-cordes, car il n'y a pas de

ORPHEE CHARMANT LES iSIMAUX AUX SONS DE LA VIOLE

Majolique italienne (xvie siècle), Musée Correr, Venise.

cordier. Un filet décore les bords arrondis de la table. La touche, qui n'est pas plus longue que le manche, n'a pas de divisions, et le cheviller représente un trèfle. L'index, le médius et l'annulaire de la main gauche appuient à plat sur la corde, mais le petit doigt est arrondi. Quant à l'archet, Orphée le tient penché du côté de la touche, comme nos violonistes modernes.

LES [ANCÊTRES DiU VIOLON

Nous reproduisons une « viola a spalla » italienne, qui est montée de sept cordes, dont deux en bourdons, d'après Gio. Bellini, La Vierge et l'enfant Jésus entourés de divers saints

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