nu a, au sviie siècle, dansé la bocane
LOLIVK
Vous Voulez peuUôtre une danse grave et sérieuse?
M. Grichard nui, sérieuse, s'il en est, mais bien sérieuse.
LOLIVE
Eh bien la courante, la bocane, la sarabande ?
/..■ Grondeur, comédie de Brueis cl Palaprat représentée en 1691. Acte II. scène W II.
'2. les œuvres de Tabarin avec 1rs adventwes '/» capitaine Rodomont, lu farce des bossus, etc., nouvelle édition avec préface cl notes par Georges d'Harmonville, H\2>. Paris. Adolphe Delahays, 1858, p. 93.
nul doute Tabarin avait dû rencontrer des couples semblables à celui que nous reproduisons i«'i d'après une ancienne estampe.
Déjà, en 1592, on voit des joueurs de violon à l'armée du duc de Lorraine :
<• 1592. Mes! en despense, iceluy comptable, la somme
de vingt-deux francs, qu'il a plu à Monseigneur de Vaudémont donner et octroyer aux tambours et violons de l'armée
de Son Altesse estant devant Chasteauvillain '. »
Ajoutons que, dès celte époque, le nom de violons servait à désigner, d'une façon générique, tous les instruments, même militaires. La preuve nous en est fournie par les Mémoires de Du Guesclin, vraisemblablement rédigés à la fin du xvic siècle :
o Cependant, Charles de Blois, qui n'avoit point de temps à perdre, parce que la place qu'il vouloil secourir étoit aux abois, partit en diligence avec son armée de Louvaux l'Abbaye. La reviie qu'il en lit, monloil à plus de trois mille hommes d'armes; cette petite armée fit une marche si longue, qu'elle vit dans peu le château d'Auray. Quand les assiégés aperçurent du Donjon les enseignes de Charles, et ce corps de troupes qui faisoient un mouvement vers eux, ils arborèrent aussi leurs étendards sur le haut de la tour, et pour témoigner la joie qui les transportoit, ils firent jouer leurs violons sur le môme endroit, avec tant de bruit el de fracas, que les assiégeans l'entendirent, et lournans les yeux de ce côté-là, virent les drapeaux et les enseignes de la garnison qui flottoient en l'air au gré des vents2. »
Selon le P. Ménétrier, le violon convenait très bien pour dresser les chevaux elles préparer à danser des quadrilles dans les carrousels :
« On ne laisse pas, dit-il, de les dresser les chevaux el de les accoutumer à l'harmonie dea violons; mais il en faut un grand nombre, que l'air soit de trompette, et que les basses marquent fortement les cadences .