Parnasse fran
î Mémoires de V*" de Molleville. '. IV, p. 222.
Un siècle plus tard, sous Louis XIII, le violon, qui avait remplacé avantageusement le dessus et le pardessus de viole, étant devenu, par ses brillantes qualités, l'instrument principal de ce groupe, imposa son nom à toute la Bande qui reçut le titre des vingt-quatre Violons du Roy, et cela, bien que les parties intermédiaires et graves y fussent encore exécutées sur des tailles et sur des basses de viole.
Les vingt- quatre violons étaient non seulement chargés de faire de la musique en diverses circonstances, mais aussi de figurer comme acteurs dans les ballets en jouant de leur instrument.
Nous croyons que Vidal fait erreur, lorsqu'il dit que ces artistes étaient vêtus aux frais du trésor royal, car la pièce comptable qui lui sert à appuyer son dire, et que voici, ne concerne exclusivement que des costumes pour un ballet :
168 aunes de taffetas incarnadin pour \i\ grandes robes pour habiller les 24 violons du roi 672 livres.
48 aunes de bougran incarnadin pour les dictes robes. 28 livres.
.%o aunes de passementerie or et argent pour les dictes robes 70 livres.
>'i aunes de gance d'or 3 livres 12 sols.
16 onces de soye incarnadin pour coudre les dictes robes , . . . . 19 livres 8 sols '.
Peut-être les vingt-quatre violons recevaient-ils des vêtements, comme les anciens ménestrels, mais il faudrait un autre document pour établir ce fait. En tous cas, ils faisaient partie de la Maison du roi, en qualité d'officiers domestiques et commensaux, et bénéficiaient, à ce titre, de privilèges très nombreux. Ainsi, ils étaient exonérés :
« Des emprunts généraux faits dans les villes, de quelque nature qu'ils fussent; du paiement des deniers qui se levoient pour fournitures de vivres et munitions de guerre,
1. Extrait des comptes de dépense pour le ballet du Roy, 1625, F. Danjou, Archives curieuses, etc., 2°série, 1 \l cité par Vidal).
frais de conduite; de toutes tailles et aydes : des impositions de douze deniers pour livre; des cpialriesmes, huictiesmes et dixiesmes ; appetissement de vin ; de guets, garde de portes et murailles, de ports, ponts, passage; travers et séparations, destroits, fournitures et contributions; estapes de logis et garnisons de gens de guerre tant de pied que de cheval; de charois, chevaux d'artillerie, de ban. arrièreban, etc., etc.1. »
Les vingt-quatre violons du Roy étaient les plus habiles de leur temps. Le P. Mersenne en fait un éloge pompeux lorsqu'il décrit la sonorité du violon :
« Ses sons (ceux du violon) oui plus d'effet sur l'esprit des auditeurs que ceux du luth ou des autres instrumens à chordes, parce qu'ils sont plus vigoureux et percent davantage à raison de la grande tension de leurs chordes et de leurs sons aigus. Kl ceux qui ont entendu les vingt-quatre violons du Roy advouent qu'ils n'ont jamais rien ouy de plus ravissant ou de plus puissant : de là vient que cet instrument est le plus propre de tous pour faire danser, comme l'on expérimente dans les ballets et partout ailleurs2. »
Louis XIV n'était pas compositeur comme son père, mais il avait appris un peu de musique. En 1651, il avait un maître de guitare et un maître de luth :
« Maistre pour enseigner le Roy à jouer de la guiterre : Bernard Jourdan sieur de la Salle; maistre pour enseigner le Roy à jouer du luth : Fleuranl Lndré . -
C'est sans doute le fils de Florent Hindrel ■■, dont il a
I Déclaration de Henri II du 2 février 1348. Vrrcsl .1, la cour des aydcs du
•;,„ | 1649. Extrait des p, " da'°'J'
alla reyne et des enfants de France, La Martinièrc, Paris IGt9, p. 106.