‹ Les ancêtres du violon et du violoncelle, les luthiers et les fabricants d'archets;Chapitre 74 sur 181 · avril 1768, p · texte numérisé non relu

avril 1768, p

celle avec Cupis et Louis Duport, et fui nommé professeur

au Conservatoire, lors de la fondation de cette école, en 1796. 11 y lit la classe pendant près de trente-huit ans. Lamarre, Baudiot et Norblin lurent ses élèves.

A Bruxelles, c'est Nicolas-Joseph Plate] Versailles, 1 777 — Bruxelles, ISiJ.'i), qui fil admirer les belles traditions de l'Ecole française et forma, au Conservatoire de celte ville, où il professait, Servais, Balta et Demunck.

La plupart des auteurs disent que c'est dans les premières années du xvuic siècle que l'on introduisit le violoncelle à l'orchestre de l'Opéra. Mais, de même que pour l'alto, on ne le sait pas exactement, et il n'y aurait rien d'impossible à ce que cela soit arrivé plus lot, puisqu'un certain nombre de maîtres pour la basse de violon exerçaient à Paris bien avant cette date. Cependant, comme le violoncelle remplaçait la basse de viole, à moins de créer des places spéciales, on ne pouvait l'admettre que lorsqu'il se produisait des vacances parmi les violistes.

En tout cas, il y fut joué, dans les premiers temps, par J.-O. Struck, dit Batistin, allemand d'origine, né à Florence, et qui mourut à Paris le !i décembre 1755; et aussi par Marchand (sans doute l'un de ceux qui habitaient rue des « Poullies » en 1691), la Ferté que nous avons vu parmi les violons du roi), Labbé (également violon de la Chambre . el Théobaldo de Gatli, connu sous le nom de Théobalde, lequel y resta pendant cinquante ans.

« La place de symphoniste pour la basse de violon, dit Titon du Tillet, qu'il a occupée pendant cinquante ans dans l'orchestre de l'Opéra de Paris, doit le naturaliser musicien français, quand même il n'aurait pas obtenu du roi ses lettres de naturalité '. »

Théobalde mourut à Paris en 1727, dans un âge 1res

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avancé : il était entré à l'Opéra comme basse de violon en ItiTT.

L'histoire du violoncelle est aussi brillante que celle du violon, quoique moins ancienne; et le bel enseignement qui est donné de cet instrument dans les principaux Conservatoires, ne peut que l'enrichir encore.

Aux professeurs déjà nommés de notre grande Ecole nationale, ont succédé : Baudiot, Xochez, Duport le jeune, Norblin, Vaslin, Franchomme, Chevillard, Jacquard, Rabaud et Jules Delsart; aujourd'hui les classes sont faites par MM. Lœb et Gros Saint-Ange '.

Tout au début du xvif siècle, Pnelorius a donné le dessin d'une contrebasse à cinq cordes, semblable de forme à celle qui se joue actuellement. Elle est accompagnée de son archet et d'une clef pour tourner les chevilles; car ce n'est qu'au milieu du xvin" siècle (pie les chevilles à vis, dites à mécaniques, furent inventées par Carl-Ludwig Bachmann, luthier habile et virtuose sur la contrebasse, qui était musicien delà Chambre du roi de Prusse, et fut nommé luthier de la cour à Berlin, en lTii.l.

Ce dessin de Pra;»torius, reproduit page 159, détruit la légende qui attribue l'invention de la contrebasse à Todini, luthier établi à Rome en 1676.

Nous ne citerons que pour mémoire le « violone » à six cordes qui se trouve dans la Rer/nla Rubertina de Ganassi del Fonnego, publiée en 1643, car ce n'est autre qu'une contrebasse, ou plutôt une double-basse de viole, ayant des cases sur la touche pour indiquer la place des doigts.

Il y avait des contrebasses de violon dans les églises dès la

1. Le 3 juillet 1900, après uni' longue el douloureuse maladie, Jules Delsarl

lui enlevé à sa r. il.- et a ses nombreux amis. M. Cros Saint-Ange, son

successeur au Conservatoire, a été nommé le s novembre de la même année.

fin du xvip siècle. Gasparo da Salô et Maggini en construisirent. Il en existe encore une du premier de ces maîtres à l'église de Saint-Marc, à Venise.

C'est celle que Dragonetti jouait de préférence dans ses concerts. Il l'avait reçue en cadeau des moines de Saint-Marc, lorsqu'il quitta leur Chapelle pour voyager, et, selon le désir qu'il en avait manifesté dans son testament, elle est retournée à l'église pour laquelle le grand luthier de Brescia l'avait fabriquée.

Daniel et Théodore Verbruergen, luthiers à Anvers, en firent aussi pour la cathédralede cette ville, en 1636 et en 1641. Il en existe encore une, paraîtil, dan- la même église qui aurait été construite, toujours à Anvers, par Pierre Porlon, en loiT.

Dragonetti en possédait aussi une faite par l'un des Amati.

L'usage de la contrebasse devait être très répandu, car sur un des panneaux d'un très beau buffet alsa-

D'après Prsetorius.

Début du mii sièi

cien, datant de Louis XIV, est représenté, en marqueterie de bois de couleur, un personnage grotesque qui joue d'une contrebasse à quatre cordes assez exactement reproduite'.

Certains auteurs assurent que la contrebasse figura à l'orchestre de l'Opéra à partir de 1700. D'autres, qu'elle n'y entra qu'en 1 700, lors de la première représentation d'A/cyone, opéra de Marais, dans lequel il y avait une tempête qui resta longtemps célèbre. Fétis déclare que c'est en 17n7 qu'elle y parut pour la première fois. Mais tous sont unanimes à déclarer que le premier qui l'y joua est le compositeur Montéclair, l'auteur de Jephié, opéra en cinq actes, représenté en 17:5:2. Michel Montéclair était né en liiliti, à Chaumonl en Bassigny; il mourut en 1737, près de Saint- Denis.

En 1757, il n'y avait encore qu'une seule contrebasse ;i l'orchestre de l'Opéra, et l'on ne s'en servait que le vendredi, jour du beau monde. Gossec en fit ajouter une seconde, et Philidor une troisième en 17G7, pour la première représentation de son opéra Ernelinde, princesse de Norvège, dont les paroles étaient de Poinsinet.

L'Opéra était donc bien en retard, pour la contrebasse, sur la Musique de la Chapelle; car on a vu dans noire liste des violons du roi que, nommé en 1663, • Pierre Chabanceau de la Barre joue du théorbe, ou de la grosse basse de violon - ».

En 179:2, lorsque les musiciens ordinaires du roi de France furent congédiés, il s'y trouvait deux contrebassistes, les nommés Ravida et Gélineck.

Le nombre des cordes de la contrebasse a beaucoup varié. De cinq, au temps de Prœtorius, il est descendu à trois seulement; puis on en a remis une quatrième, et parfois,

1. Ce buffet, sus lequel on voit plusieurs musiciens grotesques jouanl de la flûte, di' la trompe de chasse, du bassou, etc., appartient à Mmi Marie Giroux. il csl 'I'- la lin du xvir siècle et provient de I ancien couvent île Marmoutier, près Saverne.

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