Mersbiviie. Harmonie universelle^ p. llS-nO
2. Plusieurs archcls à crémaillère sont conservés au musée du Conscrvaloiro. (le musique, & Paris, notammenl les no« U8 cl 183. Calai. ^ 188(.
croire que ce portrait fut exécuté vers 1705 ou 1710 au plus lard, et que, déjà à cette époque, la grossière crémaillère avait été remplacée avantageusement par la vis à écrou, qui rend si facile la tension du crin et dont la hausse actuelle est encore munie.
Déjà Corelli avait fait apporter une légère amélioration dans le haut de la baguette, en lui faisant donner la forme d'une tête de brochet, afin que le crin s'y trouvât à peu près à la même dislance que vers la hausse.
Avec Tartini, la tête ne fut pas modifiée, mais la baguette s'allongea un peu et devint droite au lieu d'être courbée comme avant. De plus, ce grand artiste fit faire des cannelures à la partie de la baguette que l'on tient avec la main, pour qu'elle ne tournât pas entre les doigts '.
Ces cannelures, que l'on pratiqua ensuite dans toute la longueur de la baguette parce qu'elles la rendaient plus légère tout en lui laissant de la résistance, devinrent très à la mode. Les luthiers d'alors avaient grand soin d'indiquer sur leurs prospectus qu'ils faisaient et vendaient des archets cannelés. Du reste, on s'intéressa vivement au jeu de l'archet dès le commencement du xviii' siècle. Il paraît même, si nous nous en rapportons à Pluche, qu'on en obtenait des effets assez inattendus. Voici ce que cet auteur dit du violoniste Guignon, dans son Spectacle de la nature :
« Le jeu de cet habile artiste est d'une légèreté admirable ; il prétend que l'agilité de son archet rend un double service, qui est de tirer les auditeurs de l'assoupissement par son jeu et de former, par le travail de l'exécution, des concertants qu'aucune difficulté n'arrête. »
En Allemagne, vers 1770, l'habile violoniste Cramer, le père du célèbre pianiste, fit aussi apporter plusieurs modifications à l'archet. Le modèle que l'on construisit d'après ses
1. DcpiiiF; bien lonplcmps on mcl iino f>nrni(nrc, le plus souvcnl en soie, que l'on nomme poigiide, autour de celle porlic ilc la baguellc.
indications a même porté son nom. La baguette y est droite et un peu grosse ; la tète presque carrée, comme celle des archets frant^^ais de la même époque; très légère, la liausse est êvidée à chacun de ses bouts. Cet archet avait le défaut d'être mat équilibré, la (été en était trop lourde.
Ce fut François Tourle, un modeste, mais très habile ouvrier parisien, qui eut le grand honneur de donner h l'arcliet sa forme définitive et de le rendre parfait.
Pour satisfaire les grands violonistes d'alors, principalement Viotti, il allégit la télc, tout en lui laissant de la force; régla la cambrure de la baguette ; détermina la dislance
entre le crin et la baguelle, par la hauteur de la hausse et de la tôte ; imagina la virole en métal adaptée à la hausse, l<'H|nel]e permet d'écartor également la mèche, qui, jusque-là était restée en une masse presque ronde. Il fixa la longueur de Tarchet de violon à 7ii centimètres, y compris le boulon, celui de Talto à 74, et celui du violoncelle h 73 centimètres. Après de nombreux essais, il adopta exclusivement le bois de fernambouc, qu'il reconnut préférable h tout autre à cause de sa raideur et de sa légèreté ; de plus, il réussit à équilibrer Tarchet et à le rendre aussi facile à jouer, soit au talon, au milieu ou à la pointe.
Cet homme qui ne savait ni lire ni écrire, dont le bon sens et la sûreté du coup d'œil furent les seuls guides, réalisa ces si importantes et si heureuses transformations en Tespace de huit années, de 1775 à 1783.
Tourte, dont Tinfluence fut aussi grande pour l'archet que celle de Stradivari pour le violon, a fait école, principalement en France où, marchant sur ses traces, ses successeurs ont fait d'excellents archets, surtout lorsqu'ils ont employé pour cela des bois de bonne qualité.
Les archets que nous reproduisons sont des xvu', xvni* et xix* siècles. On peut suivre la transformation de la téta et celle de la hausse en commençant par celui de gauche, qui est un archet français de basse de viole. Les trois qui suivent sont des archets français de dessus de viole. Après, viennent quatre archets français de violon (le dernier possède une hausse genre Kramer). Ensuite, un archet français de violoncelle, style Tourte atné. Puis un archet de contrebasse de Guidantus, Bologne, vers 1 750 (Dragonetti se servait d'un archet à peu près semblable). L'avant-dernier est un archet de violon de Tourte aîné, 1780 environ. Enfin, pour terminer, un superbe archet de violon, fait vers 1810, par Tourte jeune.
Adam (Jean). — Mirecouri,. où il travailla de 1790 à 1820 environ. Archets ordinaires, qui ne portent pas souvent son nom.
Adam (Jean-Dominique). — Mirecouri, 30 décembre 1795 f 1864 environ. Fils, élève et successeur du précédent. Il fit quantité d'archets pour le commerce, lesquels ne portent pas son nom. Ceux qu'il vendait directement sont marqués :
Adam.
Parmi ces derniers, il en est de remarquables, surtout quand les baguettes sont à huit pans.
C'est h Vidal que nous empruntons les dates d'exercices des deux fabricants d'archets précédents \ Selon Gustave Chouquet, leur vrai nom était Grandadam^ et le dernier qui aurait exercé, dont il ne donne pas le prénom, serait né à Mirecourt le 26 février 1823 et décédé dans la même ville le 19 janvier 1869". Il s'agit peut-être d'un fils de Jean-Dominique Adam, dont nous n'avons pas connaissance.
Baroux. — Paris, rue des Petits-Carreaux, 57, en 1830. Facture soignée.
Bienfait (Paul-Emile). — Paris. Contemporain. Né à Rouen en 1857.
Violoniste qui, depuis cinq ans environ, fait des archets, lesquels ne manquent pas de qualité et sont marqués :
P. E. Bienfait.
DoDD (Edward). — Londres, xvm* siècle. Luthier et fa-