‹ Les anciennes faënceries rennaisesChapitre 32 sur 78 · BARON · texte numérisé non relu

BARON

Nous ignorons le lieu do naissance de Jean Baron et nous ne savons pas davantage à quelle époque il entra à la manufacture de faïence du Pave Saint-Laurent, où nous le trouvons en 1763, année où il eut do sa femme, Jeanne Gueret, un fils, Alexis- Anne ', qui fut tenu sur les fonts du baptême par Alexis Bourgouin, alors employé comme peintre et commis à la fabrique de Duboys de la Vrillière. Nous retrouvons aussi Baron avec la qualification d' « ouvrier fayancier, » demeurant rue Reverdiais, imposé à la capitation pour les années 1779 et 1780. Enfin, sa signature se lit deux fois répétée avec la date 1772 sur une soupière qui appartenait autrefois à M. du Breil Le Breton, et que nous avons acquise de son fils pour le compte du Musée archéologique le T' juillet 1895^. En voici la description :

Soupière en faïence blanche (pi. IX), ovale, avec reliefs de style rocaille. Décor monochrome composé d'œillets, de clématites, de fleurs diverses et de feuillages. Tout le décor est en violet de manganèse chatironné de noir. Pour anses deux oreilles incurvées, sous chacune desquelles se détache en relief une tête formant mascaron. Le couvercle, à bords chcintournés, présente une répétition des fleurs et des feuillages qui ornent le corps de la soupière ; il

1. Registre des Baptêmes et Mariages de la paroisse Saint-Jean, 20 avril 3. Registre d'entrée da Masée archéologiqae de Rennes, n"* 533i.

a comme bouton un renard couché, derrière lequel se lit la signature et la date :

pcnXi^ ôtfionûi fennec lyyj^

La soupière est soutenue par trois pieds contournés inégalement placés. Dessous se répète, ainsi disposée, la signature du peintre :

Cette soupière, qui mesure 0^40 de longueur dans son grand axe et 0°* 25 de hauteur, couvercle compris, est accompagnée d'un plateau ovale à bord chantournés, long de 0™42, large de 0"31, également décoré de bouquets et de fleurettes en violet de manganèse.

Un second couvercle, semblable à celui dont nous venons de parler, mais non signé, faisait partie de la même acquisition. Il reproduit le même décor, mais la cuisson en a été manquée : la couleur en est pâle et bouillonnée, le dessin en est à peine indiqué et en certains endroits la peinture a coulé. C'est évidemment une pièce de rebut, mais quand on la compare au premier couvercle, on acquiert bien vite la certitude qu'elle est aussi Tœuvre de Baron.

Il existe en outre dans la collection de céramique rennaise du Musée un certain nombre de pièces

décorées on camaïeu violet de manganèse, qui offrent avec la soupière signée de telles similitudes qu'il n'est pas possible de douter de leur origine. Nous citerons notamment : une soupière ronde * dont le couvercle porte comme bouton un lion couché; une paire de légumiers ovales ^ dont le couvercle est surmonté d'un artichaut; deux petites jardinières d'applique 3 (pi. XI, fig. 3); enfin un porte-huilier accompagné de ses deux burettes*. Ce dernier objet présente une telle analogie avec la soupière signée — même dessin, même disposition du décor, même coup de pinceau, mêmes touches dans le camaïeu, et, de plus, môme bouillonné pendant la cuisson — que l'on ne peut s'empêcher de constater que la soupière et le porte-huilier ont été décorés en même temps par le même ouvrier, qu'ils ont été cuits dans la même fournée, et qu'ils ont fait partie du même service de table.

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